Cartographie ancienne de Montpellier

Chaque mois, une nouvelle carte de la ville vous est présentée. Découvrez toutes les facettes de la ville à travers son histoire.

Un article présent dans la rubrique :

Plan de la ville et citadelle de Montpellier, 1724

Ce  plan à l’échelle du 1/3600, avec voies et édifices principaux repérés par des numéros renvoyant à la légende, a été réalisé à l’encre et aquarelle en 1724. Il est signé d’Antoine Niquet, directeur des fortifications de Provence et du Languedoc, et directeur des travaux publics du Languedoc. Il encadre trois projets d’aménagement urbain impliquant directement cet ingénieur militaire.

 

 A la fin du XVIIe s, Louis XIV accepta la proposition des Etats du Languedoc de lui ériger une statue équestre, et il voulut qu’elle soit placée à Montpellier, où se tenait le plus souvent l’assemblée de leurs représentants. La ville étant densément bâtie, on décida de l’installer hors les murs, sur la colline du Peyrou qui fut alors nivelée pour former un terre-plein soutenu à l’ouest par un mur arrondi. Augustin-Charles Daviler (1653-1701), bientôt nommé architecte de la province, remplaça la porte médiévale du Peyrou par un arc de triomphe à la gloire de Louis XIV, complété d’un pont de pierre franchissant le fossé de défense. Côté ville, l’arc de triomphe était encadré par deux portiques aveugles, le tout formant un ensemble symétrique, réalisé de 1691 à 1693, dans l’axe duquel le cavalier de bronze fut dressé en 1718, avec astreinte limitant la hauteur des constructions alentour. Pour l’aménagement de la future place royale, Niquet voulait que soit préservé son aspect de belvédère isolé, et il en fit un dessin écartant les projets contraires. Les pères de la Merci durent y abandonner leur couvent (bien visible sur ce plan de 1724 et sur la cartographie DELTA début XVIIIe s) pour un nouvel établissement en contrebas dont il ne reste aujourd’hui que l’église Sainte Eulalie, rue de la Merci.

D’autre part, en 1695, les Etats du Languedoc avaient décidé de la construction de casernes, afin de soulager la population de l’hébergement forcé des troupes de passage. Cela concernait plusieurs villes étapes, pour lesquelles Daviler conçut un plan standard (un quartier autour d’une cour pour la cavalerie, idem pour l’infanterie, etc.) en partie repris sur ce document de Niquet, alors que les travaux n’étaient pas encore terminés. Des services d’assurance sociale en 1930, puis de la Sécurité Sociale en 1947, y ont pris la relève des soldats. En 1972, les bâtiments séculaires ont été détruits et remplacés par les immeubles de bureaux actuels du cours Gambetta, ancien cours des casernes ; leurs 3 portes monumentales ont été remontées place Notre-Dame, à la Maison pour tous Léo Lagrange, et près de l’église Saint Roch (cf. vue DELTA 3D sud-est n° 50e14b55.u).

Troisième projet en cours à l’époque du document présenté : l’esplanade. Par définition, une esplanade est un terrain plat, uni et découvert en avant d’une fortification. Celle de Montpellier est comprise entre la citadelle (construite à partir de 1624, lycée Joffre actuel), et le flanc oriental de l’Ecusson qu’elle tenait en respect, après démantèlement d’une section de rempart et raccordement par deux longs murs au reste de l’enceinte urbaine. Vers 1700, c’était encore un terrain vague encombré de gravats, observable sur le plan, très probablement dû à Niquet, aux niveaux quartier, îlot et parcelle de la cartographie DELTA début XVIIIe s. Son aménagement en promenade, avec bancs et arbres alignés, fut entrepris de 1723 à 1725 (sur ce plan de 1724, une allée oblique est aussi envisagée).

Antoine Niquet, né entre 1641 et 1648, mort en 1726, a été sous les ordres du commissaire général des fortifications de Louis XIV, le marquis de Vauban (1633-1707). En se rendant à proximité de l’Espagne pour y établir un système défensif, Vauban traversa plusieurs fois le Languedoc, qui avait cessé d’être une province frontalière, en conséquence du traité des Pyrénées rattachant, en 1659, Roussillon, Conflent, Capcir, et une partie de la Cerdagne à la France. Après inspection des lieux, il confia à Niquet la direction du chantier d’une cinquantaine d’ouvrages de franchissement des cours d’eau coupés par le canal du Midi (œuvre de Pierre-Paul Riquet inaugurée en 1681) qu’ils avaient vite rendu impraticable par leurs crues. Au cours de sa longue carrière, Niquet a ainsi mené et fait les plans de bien des projets de génie civil ou militaire, entre autres : agrandissement du port de Toulon, fortifications de Sète, études de désensablement, plans pour le canal des étangs (partie du futur canal du Rhône à Sète).

 

Origine du document :   Cartothèque du Musée des Plans-Reliefs, hôtel national des Invalides à Paris

(d’où provient aussi le plan réalisé vers 1700 observable dans DELTA)

Carte des côtes du Languedoc, vers 1744

Cette carte manuscrite à l’encre et aquarelle a été réalisée vers 1744 à l’échelle d’environ 1/145.000 par Vidal, ingénieur géographe et capitaine garde-côte. Elle couvre les 5 capitaineries affectées à la défense des côtes du Languedoc, du cap Leucate au grau d’Orgon, en Camargue.

Carte des côtes du Languedoc, vers 1744

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 En juillet 1710, une forte escadre anglo-hollandaise débarqua à Sète avant d’être rapidement stoppée à La Peyrade, puis refoulée à la mer. A la suite de cette brève attaque, il fut d’abord décidé de fortifier le port de Sète, récemment fondé, puis en 1740, Louis XV ordonna la mise en place d’un dispositif de surveillance et de défense de l’ensemble du littoral languedocien. Projet confié à Jacques-Philippe Mareschal (1689-1778), nommé en 1739 directeur des fortifications et des ouvrages publics de la province. Celui-ci fit bâtir des « signaux », petites tours carrées en maçonnerie, en vue les unes des autres, qui communiquaient de jour à l’aide de fumée ou de pavillons, et de nuit avec des feux. Des constructions plus importantes, les redoutes, étaient armées de canons. Enfin, des batteries côtières gardaient embouchures de rivières et graus. Tout ceci étant reporté sur la carte signée de Mareschal observable en grande partie dans l’application DELTA, au niveau « pays » de la cartographie du début du XVIIIe s.

 

La carte de Vidal présentée ici est orientée au nord-nord-ouest, comme celle de Mareschal qu’elle précise quant à l’organisation territoriale de la défense des côtes. Celle-ci relevait de 5 capitaineries dans le périmètre desquelles les villages devaient maintenir un contingent en rapport avec le nombre de foyers (« feux »). Ces chiffres figurent sur ce document, avec d’autres signes indiquant les lieux de rassemblement en cas d’alerte. Quelques mesures bathymétriques sont données en brasses (une brasse équivalait alors à environ 1,6 m). On remarquera aussi le canal des étangs en cours de construction ; il coupe le passage empierré, à l’origine du toponyme de La Peyrade, qui reliait celle-ci au port récent de Sète (les quais du bac d’appoint apparaissent en décrochement du canal sur la carte de La Blottière, aux niveaux « canton » et « commune »).

 

De nos jours, plusieurs « signaux » et autres ouvrages solidement bâtis en pierre restent encore debout. La redoute de Palavas, d’abord surmontée d’un réservoir puis dissimulée en 1943 sous le château d’eau, a été démontée bloc par bloc à la fin du XXe s. pour réapparaître non loin de là, au milieu d’un étang. A Sète, la citadelle Richelieu, qui sert aujourd’hui de sémaphore à la Marine Nationale, a été construite par Mareschal d’après les projets d’Antoine Niquet (1641-1726), repris par François de La Blottière (1673-1739); ces trois ingénieurs militaires successifs ont été à l’origine d’une importante production cartographique, dont on aura un aperçu dans DELTA. Le terme de sémaphore, employé pour une base de surveillance et de contrôle maritime, rappelle les communications visuelles au moyen de pavillons.

 

 

Origine du document : cartothèque de l’IGN

Carte géologique de l’arrondissement de Montpellier, 1876

Cette carte géologique au 1/80.000 a été publiée par Paul de Rouville en 1876, avec celles des trois autres arrondissements du département de l’Hérault ; l’arrondissement de Montpellier était alors augmenté des cantons d’Aniane, de Ganges, et de St Martin-de-Londres qui ont été rattachés en 2009 à l’arrondissement de Lodève.

 

Elle a été lithographiée par L. Wuhrer et tirée en couleurs par l’imprimerie Lemercier, à Paris. Les informations géologiques y sont imprimées sur fond de carte d’état-major au 1/80.000, dont la première version des feuilles de Montpellier et du Vigan a été éditée respectivement en 1866 et 1872. Avec un degré de précision géométrique et descriptive du terrain inégalé jusqu’alors, celle-ci a servi immédiatement de support fiable aux sciences de la Terre.

 

Il a fallu environ cinquante années pour réaliser l’ensemble des levés initiaux de la carte d’état-major en France. Avec l’application Delta, on peut en observer localement les minutes de mise au net au 1/40.000, aux niveaux « canton » et « commune » de la « cartographie milieu XIXe s. ». La gravure actualisée sur cuivre qui en résulte apparaît en « cartographie fin XIXe s. ». Après 1889, cette carte est conditionnée en quarts de feuilles, au 1/80.000 ou agrandis photographiquement au 1/50.000 (cf. « cartographie 1900-1925 ») qui seront mis à jour sur Montpellier et ses environs jusqu’en 1937 (cf. « cartographie 1925-1950 »). Enfin, cent ans après les minutes des années 1850, une ultime version imprimée en couleurs, avec ajout de courbes de niveau et à-plats verts pour la végétation, a servi à compléter la nouvelle carte de base au 1/50.000 ; on peut en voir un extrait, entre autres, dans la vue n°15h9.u de la « cartographie 1925-1950 ».

 

Au centre de cette vue n°15h9.u est indiquée l’une des rares carrières françaises de pierre lithographique. Celle-ci se présente sous forme de dalles de calcaire pur à grain très fin et régulier, suffisamment poreux pour prendre l’encre. Le procédé de reproduction à plat sur pierre (lithographie) a été breveté en 1802 pour concurrencer la gravure sur plaque de cuivre, onéreuse et s’usant vite ; l’encre ou le crayon gras y remplace le burin, en permettant de restituer nuances et dégradés. Cette technique sera ensuite adaptée sur plaques de zinc, beaucoup moins lourdes que les pierres. Le tirage en couleurs (chromolithographie) a été mis au point progressivement au début du XIXe s, et la carte de France par J-H. Weiss et J-E. Woerl est l’une des premières à être reproduite en deux couleurs (cf. « cartographie milieu XIXe s. » au niveau « pays ») ; la carte géologique présentée ici en compte bien plus, ce qui nécessite l’usage de nombreuses plaques lithographiques.

 

La première chaire française de géologie a été créée en 1809 par Napoléon 1er, avec la nouvelle Faculté des Sciences, à Montpellier, chef-lieu d’un département dont le sol renferme la gamme complète et aisément observable des roches depuis le début de l’ère primaire. Marcel de Serres en a été le premier titulaire, pendant une cinquantaine d’années. Paul de Rouville (1823-1907) lui a succédé en 1864. Ce professeur a développé une approche moderne de la géologie basée notamment sur la stratigraphie. Il a publié en 1876 un ouvrage d’« Introduction à la description géologique du département de l’Hérault », avec coupes et esquisse de carte géologique généralisant au 1/560.000 ses quatre cartes d’arrondissements au 1/80.000. Sur celles-ci sont indiqués dans un cartouche les travaux antérieurs aux siens, parmi lesquels se trouve le guide réalisé en 1827 par J-M. Amelin  (cf. « Essai de reconnaissance militaire au nord de Montpellier » dans la présente rubrique). P. de Rouville fera la synthèse de ses recherches en publiant en 1896 « L’Hérault géologique » comportant deux atlas riches d’une remarquable documentation graphique.

 

 

Origine du document : Département Cartes et Plans de la Bibliothèque Nationale de France (B.N.F.)

Plan du centre de Montpellier, 1946

Ce document fait partie du plan-guide de Montpellier, édité par la société Michelin en 1946, qui se compose d’un plan plié de la ville au 1/7500 et d’un livret de 10 pages comprenant répertoire de rues, rubriques touristiques et pratiques, ainsi que cet agrandissement au 1/5000 du centre ville. L’emprise de ce dernier correspond au cadre en tirets tracé sur le plan au 1/7500, qui figure sans habillage au niveau « îlot » de la cartographie 1925-1950, dans l’application Delta.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Netteté du graphisme, clarté des informations et maniabilité du format sont caractéristiques des documents que la société Michelin a produits dès le début du XXe s. pour accompagner l’essor du tourisme automobile.

Ici, un itinéraire de visite des hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe s. est mis en évidence par des contours verts. Hôtels, restaurants, cafés et salons de thé sont signalés par les initiales blanches H, R, C et T sur fond noir. Des lettres localisent divers établissements : banques (a Banque Nat. pour le Com. et l’Industrie, b Cie Algérienne, c Comptoir Nat. d’Escompte, d Crédit Foncier, e Crédit Lyonnais, f Dupuy-Coste, g S Bordelaise de Crédit, h S Générale, j S Marseillaise de Crédit), cinémas (k ABC, m Capitole, n Odéon, p Pathé, q Rex, r Royal, s Trianon) et grands magasins (t Alex, u Boka, v Gal. Lafayette, w Grand Bon Marché, x Grande Maison, y Paris-Montpellier, z Sigrand). La correspondance entre informations graphiques et renseignements du livret (horaires, n° de téléphone) se fait au moyen d’un carroyage.

 

Sur cet agrandissement au 1/5000, et plus largement sur le plan au 1/7500 observable sur Delta, le réseau des tramways qui sillonnent la ville depuis 1898 est représenté par des traits rouges. Il va bientôt être désaffecté, du fait de sa vétusté, et remplacé par des autobus. On peut en apercevoir quelques voitures, par exemple place de la Comédie, sur la vue aérienne de 1945 au niveau « parcelle » de Delta (et suivre les rails sur la cartographie de 1900-1925 ou celle de 1925-1950 au niveau « quartier »).

 

Ces plans Michelin au 1/7500 et au 1/5000, dont peu de villes ont fait l’objet à cette époque, montrent aussi la faible extension du tissu urbain dense (en jaune foncé), que contournent des chemins de fer, les nombreuses casernes, les récentes cliniques Saint-Charles et église Ste Thérèse, de style moderne, la première cité universitaire (celle des Arceaux, ouverte en 1933), le parc des sports au sud du polygone du génie, les arènes (abandonnées en 1939) à l’angle du boulevard Vieussens et du chemin de Maurin, etc.

 

Si le développement des chemins de fer est évident sur la cartographie du XIXe s, l’avènement de l’ère automobile se traduit, au niveau « pays » de Delta, par le recours à un assemblage d’extraits de cartes Michelin au 1/200.000 éditées en 1912 (de meilleur rendu que celles de la première édition, en 1911). Les procédés efficaces d’indication des distances entre épingles graphiques, des sens et importance de pente par des chevrons, du caractère pittoresque d’une route à l’aide d’un liseré vert, y sont déjà mis en œuvre. Téléphone et télégraphe sont signalés par un pictogramme pour les localités qui en disposent.

 

 

Origine du document : Département Cartes et Plans de la Bibliothèque Nationale de France (B.N.F.), avec autorisation de la Manufacture Française des Pneumatiques Michelin

Projet de lotissement du polygone, 1901.

Ce plan imprimé, avec le nord à gauche, a été réalisé au 1/2000 par Antony Kruger, auteur aussi des quatre autres plans qui sont annexés à un exposé de l’administration municipale, en 1901, au sujet de plusieurs projets de casernements, avec acquisition ou échange de terrains et de bâtiments entre l’Etat et la Ville de Montpellier.

Les terrains entourant la citadelle occupée par l’école régimentaire du 2ème génie (lycée Joffre actuel) constituaient son polygone, c'est-à-dire un champ de manœuvre, de tir et d’essai d’explosifs. Celui-ci est indiqué à partir du milieu du XIXe s. sur la cartographie mise en ligne dans l’application Delta ; on peut ensuite en constater l’extension, avec un nouveau polygone comportant un parc à ballons (aérostats), tandis que les tranchées d’entraînement sont bien visibles sur les photos aériennes de 1945 (cf. vue n°50e19g4.w et voisines).

Dans les années 1890, la place de la Comédie connaît une importante restructuration, avec construction de cafés modernes et de grands magasins. Sur l’esplanade, au sud de laquelle se trouve la gare de Palavas, le champ de Mars va être remplacé par un jardin public, mais les servitudes militaires limitent l’extension de l’espace urbain à l’est, sous la citadelle. Cependant, la municipalité y envisage un quartier axé sur l’avenue d’une nouvelle gare principale (celle de Palavas étant aussi déplacée). Les aménagements prévus sont coloriés en rose, et les bâtiments à supprimer sont en pointillés, sur ce projet n°2 de lotissement du polygone. Ni celui-ci, ni la version réduite du projet n°1, ne verront le jour, et ce n’est que plus de 70 ans plus tard qu’une dalle de béton au dessus de la voie ferrée permettra l’accès, de niveau, à un centre commercial nommé « le Polygone ».

Par contre, d’autres projets présentés dans le dossier municipal de 1901 vont aboutir rapidement. Notamment la caserne d’artillerie, appelée quartier Lepic, dont A. Kruger dresse le plan détaillé en 1908, et qui deviendra l’Ecole d’Application de l’Infanterie (E.A.I.). On peut voir ce site avant et après travaux en superposant les plans au 1/5000 établis par A. Kruger en 1896 et en 1911, qui sont classés  en « cartographie fin XIXe s. » et « cartographie 1900-1925 » au niveau « îlot » de l’application Delta (vue n°50d36h.v).

Avec ces deux plans de ville, se trouve aussi dans Delta, au niveau « quartier », une carte allant de Montferrier à la mer, et imprimée en couleurs au 1/20000 en 1896, qu’Antony Kruger (1845-1916) a réalisés en tant qu’architecte municipal de Montpellier (de 1889 à 1912).

 

Origine du document : archives municipales de Montpellier

Essai de reconnaissance militaire au nord de Montpellier, 1836

Ce document de 1836, réalisé au 1/15000 à l’encre et aquarelle par Jean-Marie Amelin (1785-1858), est caractéristique de la cartographie que ce dernier a enseignée, de 1816 à 1851, aux élèves de l’école régimentaire du Génie, basée dans la citadelle de Montpellier (où se trouve le lycée Joffre actuel). C’est un exemple de carte de reconnaissance que les topographes du Génie devaient pouvoir exécuter rapidement en territoire inconnu.

Cette carte comporte les informations utiles aux opérations militaires : relief, forêts, nature et accessibilité du terrain (à pied, à cheval ou en véhicule attelé), voies, constructions et équipements divers. Elle intègre, en la simplifiant, la technique nouvelle de représentation du relief par hachures : au lieu de faire apparaître les courbes de niveau (qui relient les points de même altitude), cela consiste à tracer entre elles des hachures suivant la pente, d’autant plus resserrées que celle-ci est importante, ce qui a pour effet d’assombrir les versants proportionnellement à leur déclivité. C’est ce procédé, d’exécution contraignante, qui fait en grande partie la richesse graphique des cartes manuscrites ou gravées de l’Etat-major, que l’on peut examiner dans l’application DELTA.

Les lieux représentés sur cette carte sont faciles à identifier, malgré l’urbanisation actuelle. Le croisement entre la route de « Saint Hypolite » et la voie romaine correspond à la place actuelle de la Voie Domitienne. Cette voie apparaît alors en pleine campagne, et, de nos jours, un tronçon d’avenue qui y est superposé en porte le nom. A l’aide des cartes et vues aériennes anciennes enregistrées dans DELTA, et avec un peu d’attention, on peut retrouver le tracé de cette voie romaine (qui allait des Pyrénées aux Alpes) entre le pont de Lavérune et les abords de l’ancienne minoterie de Navit(e)au, près du Lez, et bien au-delà, de part et d’autre de Montpellier.

En haut à gauche de cette même carte, on peut voir une partie de l’aqueduc Saint Clément, avec mise en évidence des ouvrages de franchissement des ruisseaux. Sont figurés aussi les villages de Castelnau, Clapiers, Jacou et Montferrier, qui comptaient alors respectivement environ 700, 200, 80, et 480 habitants chacun (34000 pour Montpellier), d’après le « Guide du voyageur dans le département de l’Hérault » qu’Amelin a publié en 1827. En dehors de ses fonctions militaires de professeur de dessin, Amelin est surtout connu pour les quelque 2200 vues de ce département qu’il a dessinées ou peintes. A Montpellier, ses illustrations retracent une exploration complète de la ville à la première moitié du XIXe s.

D’autre part, Amelin a réalisé 4 plans de la ville de Montpellier en 1834, 1839, 1846 et 1853, gravés au 1/4000, qui, malgré certaines imprécisions, permettent de suivre l’évolution urbaine au début de la révolution industrielle. Le dernier de ses plans, peut s’observer dans DELTA aux niveaux « îlot » et « parcelle » de la « cartographie milieu du XIXe s ».

 

Origine du document : Département Cartes et Plans de la Bibliothèque Nationale de France (B.N.F.).

Plans des trois écluses sur le canal de Grave, 1861

Ces trois plans, dessinés au 1/2500 par Léopold Carlier en 1861, font partie d’un dossier relatif au canal de Grave, qui correspondait à la partie navigable du Lez, entre son embouchure et le port de Montpellier. Ils expliquent la rupture de charge et la gestion des chalands, en montrant les installations et les chemins de halage, aujourd’hui remplacés par des pistes cyclables.

Les sas en forme de poisson rappellent ceux des écluses du canal du Midi, qui leur ont effectivement servi de modèle, le projet du canal de Grave suivant de quelques années celui du canal royal à travers le Languedoc, lancé dans les années 1660. En 1675, Louis XIV accorde le privilège de l’exploitation du Lez au marquis de Solas qui doit, en contrepartie, l’équiper d’écluses, le calibrer et construire un port à Montpellier, afin de faciliter les échanges commerciaux de la ville. Le gendre de ce dernier, le marquis de Grave, donnera son nom au canal qui sera achevé en 1694.

Le port, établi près du pont Juvénal, a été en activité jusqu’au début du XXe s. Il se repère par le château de Grave(s) sur les cartes de Cassini de fin XVIIIe et début XIXe s, tandis que la maison de Grave(s), à la confluence entre Lez et Mosson, servait au péage. L’affichage du canal dans toute sa longueur s’obtient directement à l’aide de la fonction « Localiser » par « numéro de vue » de l’application DELTA en tapant 50h3.w .

On peut voir le port et ses abords sur la cartographie début XIXe s (vue n°50e23g.v), et constater la ruine progressive du château de Grave sur les vues aériennes des années 1940 et 1960 (vue n°50e26b6.v). Les noms actuels de rues des Barques, des Gabares (barges pour le transport fluvial des marchandises), et des Caupols (petites barques à fond plat adapté aux étangs) conservent la mémoire de l’activité passée du lieu.

Les trois écluses sont encore indiquées sur le plan directeur au 1/10.000 dressé en 1925 par le Service Géographique de l’Armée, alors que le trafic sur le canal s’est éteint par suite de la concurrence du chemin de fer de Palavas, inauguré en 1872. A partir de la vue n°50e24.u de la « cartographie 1900-1925 », où apparaît l’ancien pont Juvénal, trois clics sur la flèche latérale de direction plein sud font cadrer la première écluse ; opération à répéter pour la deuxième écluse, et à nouveau pour la troisième. Imprimées, ces quatre images se juxtaposent d’amont en aval.

La 1ère écluse (dite du Pont Trinquat) est située à Montpellier, en limite de commune; déjà désaffectée, elle s’aperçoit sur la vue aérienne de 1945  (vue n°50e51f 8.v). La 2ème écluse (dite de Saint-Sauveur ou de Plombade) est encore bien visible sur le cliché de 1964 (vue n°50e78g6.v). Ces deux écluses ont disparu lors de l’aménagement des berges du Lez à la fin du XXe s. Réhabilitée, la 3ème écluse (dite des Marchands) permet la desserte du port de plaisance de Lattes. Elle est signalée et accessible à pied depuis la voie rapide D986 qui relie Montpellier à la mer.

Quant à Léopold Carlier (1839-1922), qui signe en tant que jeune géomètre les plans présentés ici, il deviendra un architecte célèbre à qui l’on doit, entre autres, l’immeuble surnommé « le Scaphandrier » sur la place de la Comédie, et le Pavillon du musée Fabre. Avec son fils Louis (1872-1956), et son petit-fils René (1899-1985), tous architectes, les Carlier sont à l’origine de bien des réalisations en Languedoc-Roussillon.

 

Origine du document :   Centre de documentation pédagogique et scientifique de géographie

Université Paul Valéry, Montpellier 3

Projet urbain pour Montpellier, début XIXe s

Ce plan au 1/2000 a été réalisé à l’encre et aquarelle, sur quadrillage au crayon de 48x48 carreaux. Document d’étude, il n’a jamais été imprimé, et on n’en connaît  aucune copie. Il n’est pas signé, mais est attribué aux architectes Fovis et Boué, auteurs de plusieurs projets à Montpellier au début du XIXe s (cf. « Plan du centre de Montpellier, 1825 » sous la même rubrique).

A partir du XVIIIe s, la représentation en projection horizontale, montrant une ville à la verticale en tout point à la fois, a rendu possible les mesures graphiques à l’échelle fixe du plan, et a facilité l’insertion de projets situant les transformations à apporter relativement au tissu urbain existant. Ainsi, vers 1770, a été réalisé par Nogaret, sur commande du marquis de Castries, un plan de Montpellier où les aménagements envisagés, figurés en jaune, se superposent à la ville d’alors (document observable au niveau « parcelle » de la « cartographie fin XVIIIe s » de l’application DELTA).

Sur le document présenté ici, les constructions existantes apparaissent en gris, celles prévues en rouge. Ce plan d’aménagement vise à entourer l’Ecusson d’une couronne d’îlots, entre rues rectilignes, que borde un boulevard périphérique polygonal. La géométrisation des nouveaux quartiers doit s’accompagner d’alignement et d’élargissement de rues dans l’Ecusson, ainsi que du percement d’une voie prolongeant l’axe de la Promenade du Peyrou jusqu’à l’esplanade. Cette traversée ouest-est du centre ville ne sera jamais totalement réalisée (percement de l’actuelle rue Foch entre 1878 et 1884), même si son tronçon terminal figure encore en projet sur le plan de Montpellier par Kruger en 1911, observable dans DELTA au niveau « îlot » de la « cartographie 1900-1925 ».

Ce projet global d’aménagement a été rendu en grande partie caduc par l’avènement des chemins de fer, auquel il est antérieur, et dont le développement fulgurant va conditionner l’organisation de la ville au XIXe s (ouverture de la ligne Montpellier-Sète en 1839, creusement en 1844 de la tranchée entre citadelle et esplanade pour la ligne Nîmes-Montpellier, puis plusieurs gares de voyageurs et de marchandises correspondant à diverses destinations).

 

Origine du document : archives municipales de Montpellier

Plan d’aménagement du centre de Montpellier, 1855

Ce  plan est co-signé de l’architecte municipal Jean Cassan, qui l’a dressé, et du maire Jules Pagézy, qui l’a visé en 1855. Il est orienté au nord-est, et il porte en marge les profils en long des rues étudiées. Il a été lithographié par Boehm à Montpellier pour être imprimé en plusieurs exemplaires.

Il s’y inscrit l’essentiel des opérations d’aménagement qui vont être réalisées sous la mandature de J. Pagézy, de 1852 à 1869. Le projet de marché couvert (les futures halles Castellane) doit servir d’articulation à deux artères principales le reliant, d’une part directement au boulevard du Jeu de Paume (par la rue actuelle Saint Guilhem), et d’autre part, via la place de la Comédie, à la gare principale construite en 1844 (par les rues actuelles de la Loge et de Maguelone). Il s’agit à la fois d’élargir et de redresser les voies existantes, de les prolonger par percement rectiligne à travers certains îlots, et de construire des façades alignées. Planification urbaine qui va structurer efficacement et durablement le centre ville.

 

Les halles Castellane dessinées par J. Cassan représentent, avec le hangar qui couvrait les quais de l’Embarcadère, les premiers exemples d’architecture métallique à Montpellier. Réhabilitées en 2001, leur structure a été préservée, tout comme la façade à colonnes en pierre de l’Embarcadère (ou Débarcadère), devenu gare Saint Roch. On doit au même architecte l’édification, dans le style néo-gothique, de l’église Sainte Anne, en remplacement d’une autre plus petite, avec sa flèche élancée destinée à servir de repère dominant l’Ecusson. J. Cassan est aussi l’auteur du projet de l’église Saint Roch, en remplacement d’une autre, non totalement abouti pour raisons financières.

 

Le plan d’ensemble au 1/2000 présenté ici renvoie à une quarantaine de plans de détail au 1/500, couvrant tout l’Ecusson et ses abords, qui sont regroupés dans un atlas visé par le préfet en 1854. Il s’agit de levés de corps de rues (sans représentation du contenu des îlots) complétés du dessin des bâtiments importants. On peut les observer de façon continue dans l’application DELTA au niveau « arpent » de la « cartographie milieu XIXe s. »; le projet de prolongement de la rue de Maguelone y est déjà tracé. Ces plans se superposent par transparence aux vues actuelles quasiment sans décalage, ceux-ci ayant été élaborés à partir d’un canevas de points fixes très précis qui est annexé à l’atlas.

 

Origine du document : archives municipales de Montpellier

Plan du centre de Montpellier, 1825

Ce  plan au 1/2000 du centre de Montpellier, concentrant alors l’essentiel de la population communale, est l’œuvre à l’encre et aquarelle des architectes Fovis, Boué et semble-t-il Silvas, tous trois signataires, en octobre 1825, du procès-verbal l’accompagnant, le marquis Dax D’Axat étant maire.

Le lacis de rues hérité du Moyen-âge faisant entrave à la circulation, des travaux d’alignement et d’élargissement de voies sont alors envisagés, et ce plan sert de tableau d’assemblage aux 27 plans de détail, dont il porte les numéros rouges en surcharge. Ceux-ci sont regroupés, avec 2 plans supplémentaires, dans un atlas comportant la description littérale de ces projets, ainsi que des tableaux indiquant, feuille par feuille et voie par voie, les noms des propriétaires et le type de leurs propriétés, repérées par numéros sur ces plans. Les opérations déjà réalisées ou validées sont représentées en rose, celles encore à l’état de projet en jaune.

La documentation foncière de cet atlas correspond à celle du cadastre napoléonien, étendu à la commune et d’échelle plus petite. Ces 29 plans au 1/500 sont enregistrés en tant que « cartographie début XIXe s. » au niveau « Arpent » de l’application DELTA, tandis que le plan cadastral napoléonien figure au niveau « Parcelle », et son tableau d’assemblage au niveau « Quartier ». A ces mêmes niveaux, on peut aussi identifier les propriétaires et leurs statuts, en cliquant dans une carte dynamique classée sous la rubrique « typologie de l’habitat 1825 » parmi les « Types de vues ». Le tout gagnant à être observé par transparence sur les fonds actuels.

Sur le plan général au 1/2000, et les 29 plans de détail, apparaît l’intérieur de plusieurs édifices représentés en coupe horizontale, tandis qu’un soin particulier a été apporté à la représentation des espaces verts (d’où l’appellation usuelle d’ « atlas des jardins »). L’hydrographie est détaillée ainsi que la desserte en eau depuis le château d’eau du Peyrou vers les diverses fontaines de la ville, que l’on peut suivre sur les plans de détail. Des norias (puits équipés d’une chaîne de pots entraînée par une roue verticale) sont représentées par un rectangle dans un cercle. Les emplacements d’anciennes portes et tours de l’enceinte médiévale, telle celle de la Babote, apparaissent en retrait du contour de l’Ecusson, les constructions récentes ayant débordé les remparts et empiété sur les fossés comblés.

 

Origine du document : archives municipales de Montpellier

Montpellier et ses abords, 1775.

Minute de vérification de la carte de Cassini pour Montpellier et ses abords, 1775.

Ce document réalisé en 1775 par un vérificateur de la carte de France, dite de Cassini, est un agrandissement partiel du manuscrit graphique (« minute ») élaboré à partir des mesures et enquêtes menées sur le terrain. Il porte en surcharge certains noms ou signes à ajouter, et  des corrections d'orthographe à prendre en compte par les graveurs, avant impression.

 

Cliquez sur la carte pour l'agrandir

Carte de Montpellier 1775 - Cassini

La carte de France commandée en 1746 par Louis XV à Cassini de Thury, troisième d'une lignée de quatre directeurs qui se sont succédé de père en fils à la tête de l'Observatoire de Paris, a fini par porter le nom de ces derniers. C'est la première carte au monde donnant le détail de l'ensemble d'un pays basé sur un canevas géométrique précis (points de triangulation). Elle est découpée en feuilles couvrant chacune environ 78 km x 49 km au 1/86400. Les travaux débutèrent en 1750, et Cassini IV les vit aboutir en 1789. La gravure de la feuille de Montpellier a été terminée en 1778.

Retrouvez la gravure de cette carte dans l’application DELTA
voir aussi dans l'application:
 - Montpellier au fil du temps et les cartes de Cassini
 - Les photos aériennes
 - la ville en 3d
 - la thermographie
 - les toits solarisables
et bien d'autres choses encore...
Consulter l'application Delta

Pour mener à bien une telle entreprise, il fallut le concours financier de certains pouvoirs provinciaux, notamment des Etats du Languedoc. Ceux-ci, qui s'étaient lancés dès 1722 dans la cartographie de chacun de leurs diocèses, sous la conduite de la société royale des sciences de Montpellier, en commandèrent à Cassini, en 1768, une nouvelle version à exécuter en parallèle aux levés pour la carte de France.

Il s'agit de cartes différentes de celle étendue à toute la France, et qui intègrent conventions et compléments graphiques demandés par les autorités locales. Toutes ces cartes de diocèses, ont été livrées aux Etats du Languedoc en 1781. Ces derniers ayant été dissous lors de la Révolution, leurs cartes sont restées figées dans leur aspect de 1781, tandis que la carte du royaume a été nationalisée. Napoléon réservera la carte nationale aux militaires, qui en actualiseront essentiellement les voies de communication jusque vers 1830.

La carte du diocèse de Montpellier et celles de six autres diocèses périphériques peuvent être observées en tant que « cartographie fin XVIIIe s. » aux niveaux « commune » et « canton » de l'application DELTA. Bien que disjointes, leur affichage s'y enchaîne automatiquement. Elles peuvent être superposées à la dernière version de la carte de Cassini qui est classée en « cartographie début XIXe s. ». On peut ainsi comparer ces 2 types de fonds, voir le développement des routes et canaux en une quarantaine d'années (p.ex. route de Sète, au sud du pont de Villeneuve), et chercher leur présence ou empreinte dans le paysage actuel, par transparence avec les vues aériennes récentes.

 

Origine du document : archives de l'IGN

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