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Exposition "Ukraine, la résilience en images"

Temps de lecture : 5 minutes

La Ville de Montpellier est fière d’accueillir l’exposition événement « Ukraine, la résilience en images ». Produite par Hémisphères Editions, cette exposition de 28 tirages est le fruit du travail de 4 photographes engagés : Niels Ackermann, Yana Sidásh, Emre Çaylak, Serhii Korovayny, témoins du quotidien de tout un peuple et de sa force de résilience.

Vernissage vendredi 13 février à 16h.

Exposition ouverte du 13 février au 12 mars 2026 dans la salle Danielle Miterrand (hall de l'Hôtel de Ville).

Horaires d'ouverture :

  • Du lundi au vendredi de 8h30 à 17h30
  • Jeudi de 10h à 19h

Entrée libre.

Dans cette guerre destructrice qui aura emporté tant de vies, j’aurai aussi découvert la force que nous portons en nous. Cette Volia (terme ukrainien qui se traduirait “volonté” et “liberté”) qui nous pousse à nous battre pour notre indépendance.
Anastasia Fomitchova
Docteure en science politique, infirmière volontaire sur le front ukrainien, autrice de Volia (Prix André Malraux 2025 / Littérature engagée)
Depuis quatre ans et l‘offensive à grande échelle sur l’Ukraine par la Russie, le fracas des bombes s’est à nouveau imposé en Europe. Il y a une ligne de front. Il y a un peuple qui subit et résiste. Il y a des manoeuvres géopolitiques. Il y a le flot des informations.Et puis il y a des images.
Pour la jeune photographe ukrainienne Yana Sidásh, qui commençait à découvrir le monde en se formant à la street photography, l’invasion russe du 24 février 2022 marque le début de son engagement : « Ma pratique photographique n’est plus seulement un moyen d’expression mais aussi une possibilité d’être utile à mon pays, à mon peuple qui souffre. Je n’arrive toujours pas à croire qu’au 21e siècle la logique de guerre s’impose encore. Il ne devrait pas en être ainsi, jamais et nulle part ». Sa photo de baladins d’une fête de vertep (crèche vivante) posant dans les décombres d’une ville meurtrie de la région de Kharkiv illustre parfaitement un certain esprit de résistance.
Son compatriote Serhii Korovayny, tout comme le photographe turc Emre Çaylak, sont eux aussi impliqués, fournissant dans l’urgence la presse internationale. Si leurs photos montrent évidemment des soldats, les tranchées et les charniers, ils ne manquent pas non plus de documenter la vie quotidienne des civils en temps de guerre et s’inscrivent ainsi dans la tradition du photo-reportage tel que le concevait l’illustre Robert Capa. Un gamin tout à ses dessins et à ses rêves de paix est photographié au fond d’une cave par Serhii Korovayny. Emre Çaylak s’applique quant à lui à composer une image décrivant l’importance de la communication internet alors que la ville est plongée dans l’obscurité suite à une alerte.
Face à la tragédie, il est nécessaire de prendre aussi un peu de recul et la quête de nuance est un point cardinal du travail de Niels Ackermann. Parcourant l’Ukraine depuis 2009, le photographe suisse y a consacré trois ouvrages qui racontent avec subtilité un pays en transition, car « le monde est trop complexe pour être résumé par des oppositions binaires entre le bien et le mal, entre le juste et le faux, et il est souvent préférable de poser de nouvelles questions que d’apporter soi-même des réponses ». Sa photo d’un jeune homme de la génération post-Tchernobyl saisi en suspension dans un exercice de force évoquerait-elle à la fois le supplice et l’endurance d’une nation ?
Il y a la guerre. Il y a des photographes qui s’efforcent de dépeindre la vie. Il y a même parfois des images en forme de présages…
Stéphane Herbert
Hémisphères Éditions
Retrouvailles en gare de Kyiv
- Photo de: Niels Ackermann
Vertep traditionnel dans les décombres d’Izium
- Photo de: Yana Sidásh
Evoluer entre ombres et soleil
- Photo de: Emre Çaylak
La ville de Lviv a subi une attaque de missiles balistiques à 5h du matin
- Photo de: Serhii Korovayny

Les photographes

Niels Ackermann (Suisse), 38 ans, basé à Genève. Diplômé en science politique. Collabore avec les principaux titres de presse internationale. Consacre depuis 2009 une grande partie de ses travaux à l’Ukraine. 

Auteur de L’Ange Blanc, portrait de la jeunesse post-Tchernobyl (Noir sur Blanc, 2016), et de Looking For Lenin, une analyse de la complexe gestion du passé soviétique (Fuel Publishing, 2017). Expositions en Suisse, Ukraine, Russie, France, Angleterre, Allemagne, Turquie, Chine... Prix Rémi Ochlik - Ville de Perpignan, plusieurs fois lauréat du Swiss Press Photo Award. Cofondateur du collectif Lundi13.

Yana Sidásh (Ukraine), 31 ans, basée à Lviv. Diplômée de l’International Center of Photography (Visual Storytelling Masterclass). Travaux publiés par des médias tels que Fisheye, Nowhere Diary, The Ukrainians, Bird in Flight, Ukrainer. Oeuvres exposées en Ukraine, aux États-Unis, en France, au Danemark et à Singapour. Participe à plusieurs reprises au festival Odessa Photo Days. Finaliste du Fujifilm Moment Street Photo Awards 2021.

Obtient une accréditation militaire pour documenter le quotidien de la population prise dans les tourments de la guerre.

Emre Çaylak (Turquie), 43 ans, basé à Istanbul. Formé par la Piri Reis Maritime University et par l’International Center of Photography. Reportages sur les questions sociales et environnementales. Photos publiées par Der Spiegel, The Guardian, The Sunday Times & The Times, The Sunday Post, Neue Zürcher Zeitung, Le Monde, Amnesty International... Expositions en Turquie et en Allemagne. 

Récompensé par The Tokyo International photography awards et par The Hostwriter Prize. Présent à Marioupol lors de l’invasion russe, décide de rester en Ukraine pour couvrir le conflit. Membre de l’agence Diversify Photo.

Serhii Korovayny (Ukraine), 31 ans, basé à Kiev. Boursier Fulbright, maîtrise en communication visuelle à la Syracuse University. Portraitiste, photojournaliste et vidéaste. Travaille sur des sujets de santé, la crise des réfugiés, les crimes de guerre russes en Ukraine. Collabore avec l’ONU et l’OSCE. Reportages publiés dans les médias ukrainiens et internationaux, notamment The Wall Street Journal, The Washington Post, The Financial Times, The Economist, Time, Spiegel, Politico et National Geographic. Expositions en Ukraine, aux USA et en Europe. 

Prix James Foley Award for Conflict Reporting. Membre de l’agence photo ukrainienne The Gate.