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Lutter contre les moustiques-tigres

Il existe plus de 3600 espèces de moustiques dans le monde, dont une soixantaine présentes en France métropolitaine. Parmi celles-ci, seules quelques-unes peuvent affecter l’homme par la nuisance qu’elles occasionnent ou le risque sanitaire qu’elles représentent. Aussi, la lutte contre les moustiques se doit d’être ciblée sur ces espèces, ce qui implique une bonne connaissance de leur biologie et le choix d’outils adaptés.

L’Entente interdépartementale pour la démoustication (EID) Méditerranée

Depuis plus de 60 ans, l’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID Méditerranée) est l’opérateur public du département de l’Hérault pour la lutte contre les moustiques nuisants. Ses actions, ciblant principalement les espèces issues des zones humides littorales mais également les espèces de moustiques urbains, sont encadrées par un arrêté préfectoral révisé chaque année.

La Ville de Montpellier fait partie intégrante de la zone d’intervention de l’EID Méditerranée et contribue ainsi à son financement. Ainsi, les habitants souhaitant bénéficier d’un diagnostic ou de conseils pour les aider à limiter la gêne occasionnée par ces insectes peuvent contacter l’EID Méditerranée par téléphone (n° Indigo 0 825 399 110, 0.15 € TTC / minute) ou par internet.
Site internet de l'EID.

Le moustique-tigre, ennemi qui pique n°1

Le moustique-tigre (Aedes albopictus) est une espèce invasive originaire d’Asie du sud-est, qui s’est propagée dans la plupart des régions du monde à la faveur des échanges internationaux. Elle est présente depuis 2011 à Montpellier, où elle représente désormais la principale nuisance en zone urbaine. 

De petite taille (5-7mm), il a un corps noir tacheté de blanc et des anneaux noirs et blancs sur ses pattes facilement reconnaissables. Fortement nuisible, ce moustique peut également transmettre plusieurs virus à l’origine de maladies comme la dengue, le chikungunya ou encore Zika.

L’ARS Occitanie, en charge de la surveillance de ces maladies, a choisi comme opérateur la société Altopictus pour la réalisation des interventions de lutte anti-vectorielle autour des cas identifiés par le dispositif de surveillance épidémiologique.

La lutte contre le moustique-tigre est l’affaire de tous

Les larves se développent dans des collections d’eau de petite taille de natures très diverses (du bouchon plastique retourné au récupérateur d’eaux pluviales) mais principalement créées par l’homme. Ces gîtes larvaires se trouvant majoritairement dans le domaine privé, chacun a son rôle à jouer pour préserver son environnement d’une prolifération, d’autant que la distance de vol de cette espèce est relativement réduite (quelques centaines de mètres maximum). 

Pour prendre le problème à la source, il faut donc supprimer ou couvrir tous les lieux de ponte potentiels chez soi :

  • Enlevez ou retournez les récipients susceptibles de se remplir d’eau de pluie en extérieur.
  • Entretenez régulièrement vos gouttières.
  • Videz les soucoupes des pots de fleurs.
  • Utilisez une moustiquaire ou un drap pour couvrir vos réserves d’eau (puits, récupérateur d’eau).
  • Ne laissez pas traîner de déchets végétaux dans votre jardin.

Mise en place d'une méthode innovante de lutte contre les moustiques-tigres

Le quartier de Malbosc a été choisi pour mettre en place une méthode innovante de lutte contre le développement de ce moustique-tigre. Ce choix s’explique par les caractéristiques particulières du quartier, comme la présence d’espaces verts et son isolement relatif.

Phase préparatoire d’août à octobre 2025 : des premiers lâchers de mâles stériles seront réalisés à partir d’août 2025 pour viser les femelles moustiques qui vont pondre leurs œufs pour l’hiver. Peu d’impact sur la densité de moustiques-tigres est attendu sur cette période 2025, mais cette phase permet d’optimiser l’impact de futures interventions.

  • La solution consiste à introduire des moustiques mâles stérilisés dans l’environnement.
  • Ces mâles, qui ne piquent pas et ne transmettent pas de maladies, sont élevés par la société Terratis implantée à Montpellier et stérilisés par rayons X.
  • Ils sont relâchés en grand nombre 1 à 2 fois par semaine.
  • La zone concernée à Malbosc est quadrillée avec 26 points de lâchers. Une fois libérés, ces mâles stériles cherchent naturellement à s’accoupler avec les femelles sauvages.
  • Comme les femelles ne s’accouplent qu’une fois dans leur vie, les œufs résultant de ces unions seront stériles, interrompant ainsi le cycle de reproduction. Cela permet une baisse de la population locale de moustique dès la première année d’intervention.

Elle est spécifique (seul le moustique-tigre est ciblé), respectueuse de l’environnement, sans produits chimiques, et vise à réduire durablement la présence du moustique-tigre.

Les derniers lâchers de moustiques tigres mâles stériles pour l’année 2025 ont eu lieu au début du mois de novembre à Malbosc. Depuis le mois d’août, Terratis a produit et relâché avec l'aide d'Altopictus 2 400 000 de mâles dans le quartier, répartis sur 26 sites au cours de 20 sessions successives.

Pendant toute la durée de l’expérimentation, différents types de pièges ont été mis en place et régulièrement relevés afin de suivre l’évolution des densités de population de moustiques et du taux de stérilité des œufs. Les premiers résultats sont encourageants, avec un taux de stérilité qui augmente progressivement dans la zone de lâcher et dans la zone tampon, en comparaison avec la zone périphérique. Une analyse approfondie de ces résultats est en cours et fera l’objet d’une restitution au printemps 2026. Le suivi des pièges pondoirs va continuer d'ici là, et une nouvelle saison de lâchers accompagnée d’actions de mobilisation devrait reprendre au mois d’avril 2026.

La Ville et la Métropole de Montpellier, ainsi que leurs partenaires (IRD, EID Méditerranée, INRAe, Terratis, Altopictus), tiennent à remercier le comité de quartier Malbosc Bouge et l’ensemble des habitants pour leur soutien et leur participation active au projet.

Tous acteurs du projet !

Cette approche prometteuse s’inscrit dans une stratégie de lutte intégrée, et vient compléter les actions que chacun peut mettre en œuvre contre les lieux de reproduction de l’espèce en vidant régulièrement les récipients, en couvrant les réserves d’eau et en entretenant son jardin ou balcon.

Plus d’infos

Pour toute demande de précision sur cette action, vous pouvez contacter la Direction santé publique et environnementale de la Ville de Montpellier au : 04 67 34 73 41 ou dspe@montpellier.fr 

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