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Explanada Charles de Gaulle

Temps de lecture : 4 minutes

Bordée de 4 rangées de platanes depuis le milieu du XIXe siècle, l’Esplanade Charles de Gaulle, promenade ombragée de 2 hectares, égayée de guinguettes, constitue une étape rafraîchissante et reposante au centre historique.

Un peu d'histoire

En 1723,  l’ingénieur militaire Senès, à la demande du duc de Roquelaure, gouverneur de la province, nivelle  la partie du terrain comprise entre la ville médiévale et la demi-lune de la citadelle. Sont alors plantées 3 rangées d’ormes. L’arrivée de l’eau de l’aqueduc Saint-Clément en 1774 permet la réalisation de bassins. En 1847 et 1848, 3 rangées de platanes sont plantés. Acquise par la ville en 1887, l’esplanade est aménagée avec le jardin du  Champ de Mars et compte désormais 4 rangées de platanes.

En 1926, Auguste Bosc, compositeur prolifique et chef d'orchestre pendant la Belle époque, pour remercier sa ville natale qui lui avait payé une bourse lui permettant d'étudier la musique au conservatoire de Musique de Paris, demande la construction d’un kiosque à musique. Il est alors conçu par l’architecte de la ville, Marcel Bernard, et est inauguré en 1927 avec un concert dirigé par Bosc lui-même. Il est le premier ouvrage réalisé en béton armé à Montpellier et il a été labellisé « Patrimoine du XXe siècle » en 2016. En 2008, a été réalisée, près du kiosque Bosc, une aire de jeux originale sur le thème de la musique.

Les bassins hexagonaux, quant à eux, ont été reconstruits en 1988 à l’image des fontaines d’origine datant du XVIIIe siècle. Au nord-ouest de l’esplanade, suite à la commande de la ville de Montpellier à l’occasion de l’inauguration de la première ligne de tramway en 2000, Allan McCollum crée cinq allégories, répliques à l'échelle 1 colorées en vert, jaune, beige, marron et bleu, de statues en pierre calcaire provenant du parc du château Bonnier de la Mosson.

Enfin, au nord-ouest, se dresse depuis 1988 le Corum, réalisé par Claude Vasconi. Opéra renommé pour ses qualités acoustiques et son Orchestre National, le Corum unit deux mondes en un même lieu : les manifestations professionnelles de 50 à 2000 personnes et la musique de facture classique ou contemporaine.

Outre les œuvres de McCollum, il est possible de découvrir sur l’esplanade d’autres sculptures et monuments :

  • La Prairie, 1911, statue d’Horace Daillion (1854-1937)
  • Le vent, 1991, de Jean-Pierre Baldini (né en 1949)
  • Buste de Charles de Gaulle, d’Hugues Malbreil, inauguré en 2008 (né en 1955)
  • Monument à Jean Jaurès (1964) de Pierre Nocca (1916-2016), monument dédié aux martyrs de la Résistance( 1947)
  • Monument aux soldats de l’ombre : Elevé en hommage aux « soldats de l’ombre » , ce monument est situé derrière le Pavillon populaire à proximité du Monument aux morts de toutes les guerres. Allégorie de la guerre opprimant les hommes et les peuples, il contient une urne renfermant « des cendres humaines et de terre mêlées recueillies dans les fosses communes du camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau le 23 juin 1993 ».
  • Monument aux morts de toutes les guerres de Montpellier. Le 18 novembre 1918, le Conseil municipal de Montpellier décida d’élever un Monument à ses soldats morts pour la France. L’édifice est inauguré le 6 mai 1923, en plein cœur du jardin de l’Esplanade. Conçu en forme d’hémicycle, traité à l’antique, de style corinthien, par l’architecte Février, il porte tout le long de la corniche, le nom des principales batailles de la Grande Guerre. Les dates du second conflit mondial, le souvenir des morts pour la France lors de la guerre d’Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc 1952 – 1962, ainsi qu’un hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives, y ont été ajoutés au fil du siècle. A l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, les 19 plaques nominatives des soldats morts pendant la Grande Guerre, conservées jusque-là dans la crypte, ont été accrochées sur le Monument aux morts : le dévoilement des plaques a eu lieu le 11 novembre 2014.
  • Monument à la mémoire des victimes du génocide arménien de 1915. Inauguré le 16 février 1986, le monument est situé dans le jardin du Champ de mars, sur l’Esplanade. Les auteurs en sont les architectes Édouard Sarxian et Claude Strouk. 13 000 caractères de l’alphabet arménien y sont inscrits sur des dalles de béton en forme de pyramide. Ces caractères forment 1915 noms de victimes. Les 12 dalles de béton représentent les 12 provinces d’Arménie. La sphère symbolise la renaissance du sentiment arménien dans la diaspora.