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Exposition de Suzanne Ballivet « Songes & Littérature » à l’espace Dominique Bagouet du 7 juillet au 11 septembre 2022

Actualité publiée le 07/07/2022

Venez découvrir la nouvelle exposition gratuite "Songes et Littérature" de Suzanne Ballivet, photographe et illustratrice montpelliéraine d'adoption, à l'espace Dominique Bagouet sur l'Esplanade Charles de Gaulle. Exposition accessible à tous du 7 juillet au 11 septembre 2022.
Exposition de Suzanne Ballivet « Songes & Littérature » à l’espace Dominique Bagouet du 7 juillet au 11 septembre 2022Voir l'image en grand

Le mot de Michaël Delafosse

En permettant aux Montpelliérains de découvrir les œuvres de Suzanne Ballivet, l’Espace Dominique Bagouet répond à un double engagement de notre collectivité en matière artistique. Nous souhaitons d’une part valoriser les artistes du passé qui ont bâti notre identité culturelle, y compris lorsque la postérité les a injustement négligés, en offrant un nouveau regard sur leur travail. Nous participons également au vaste mouvement international qui réévalue, enfin, le rôle des femmes dans l’histoire de l’art. Qu’il s’agisse hier de l’inauguration du passage Colette Richarme, du square Christine Boumeester, aujourd’hui de l’hommage à Suzanne Ballivet, et demain de l’exposition Germaine Richier au musée Fabre, la Ville de Montpellier se tient aux côtés des créatrices du présent et du passé dont le génie a façonné notre imaginaire.

La Ville de Montpellier et sa métropole s’engagent actuellement dans une démarche de candidature au titre de « Capitale européenne de la culture 2028 ». Cette initiative est portée sur un bassin de vie élargi avec Sète, et les communautés d’agglomération de Lunel, Agde, du Pic Saint-Loup, et de la Vallée de l’Hérault, avec l’appui du département de l’Hérault et de la Région Occitanie.


Par cette démarche, Montpellier Méditerranée Métropole et la Ville de Montpellier souhaitent plus que jamais promouvoir la culture et le patrimoine, mettre en valeur notre richesse et les nombreuses initiatives qui existent, penser de nouveaux projets à destination notamment de la jeunesse, s’affirmer comme une terre d’accueil pour les artistes et contribuer au développement de long terme de notre territoire.

Montpellier, avec Sète, remettra un premier dossier de candidature le 1er décembre 2022. Quatre villes parmi les prétendantes seront alors présélectionnées pour défendre leur projet de candidature tout au long de l’année 2023, à l’issue de laquelle la ville lauréate pour l’année 2028 sera alors désignée.

L’accompagnement de l’émergence des nouveaux talents sur notre territoire, la mise en avant de ses artistes et créateurs et leur rencontre avec le public sont des enjeux de tout premier ordre dans cette candidature, qu’il s’agit de porter tous ensemble jusqu’à la fin de l’année 2023. Tous alliés autour de cette candidature, il nous revient d’afficher une ambition culturelle commune, celle de fédérer autour des arts et de la culture, en associant le plus grand nombre à son élaboration et à sa réalisation.

Biographie de Suzanne Ballivet (1904-1985) par Camille Delpech

Les premières années

Voir l'image en grand Sans titre Années 50 huile sur toile, 65 x 50 cm © Suzanne Ballivet – Collection privée

Suzanne Ballivet naît le 12 août 1904, dans le 7ème arrondissement de Paris, de l’union
de Jules, photographe montpelliérain, et Laurentine, une jeune sténodactylo havraise. Mais Jules a le mal du pays et les premières années de Suzanne sont montpelliéraines. Elle vit rue Aristide Olivier : l’appartement familial est à l’étage, le magasin de photographie au rez-de chaussée. Jules y développe des travaux d’amateurs et réalise de nombreuses plaques photographiques de la ville et de ses hôtels particuliers. Cependant, en 1914, il est appelé à combattre et Suzanne part vivre au Havre avec sa mère.

Ses grands-parents paternels louent alors une villa à Juvignac sur les bords de la Mosson pour accueillir les familles de leurs deux fils partis au front. Suzanne y séjourne fréquemment. Elle noue une grande complicité avec son grand-père, Casimir Ballivet, décorateur et spécialiste des moulages en staff. « Monté » à Paris au début des années 1900, il a participé notamment à la réalisation des fresques de la salle « des pas perdus », gare de Lyon. Casimir encourage vivement sa petite fille à peindre et dessiner la campagne montpelliéraine.

Cette initiation à l’art marque durablement Suzanne. Des années plus tard, quand on lui demande quel pays l’inspire, elle répond sans hésiter : « Le mien parbleu ! Je n’aime pas la Normandie et ses prairies grasses, son herbe drue. Je préfère les garrigues rôties par le soleil. » (Propos extraits d’une interview parue dans Ici Paris, 1950)

Une jeune artiste dans l’entre-deux guerres

Voir l'image en grand Le Choix du chapeau paru dans la revue Fourire, numéro spécial « Froufrou 1900 », juin 1951 gouache, 33,5 x 41 cm © Suzanne Ballivet – Collection privée

Dans les années 20, Suzanne intègre l’école des Beaux-arts de Montpellier. Puis elle se marie en 1925 avec Camille Descossy avec qui elle part tenter sa chance à Paris.

Cependant, les débuts sont difficiles, les jeunes mariés s’installent à Malakov et peinent à vivre de leur art. Suzanne dessine alors des boîtes de bonbons pour « La Marquise de Sévigné » et des flacons de brûle-parfum. En 1927, à la naissance de leur fils Michel, Suzanne trouve un travail risqué mais lucratif : elle est engagée pour espionner des collections de haute couture. Suzanne assiste aux défilés, mémorise chaque détail et esquisse ses croquis dès sa sortie de la salle. Ses dessins de mode sont ensuite envoyés en Amérique.

Au début des années 30, le couple renonce à faire carrière à Paris et retourne vivre dans le sud. Suzanne devient alors assistante de plusieurs chirurgiens de la faculté de Montpellier. Avec une précision toute clinique, elle reproduit des organes malades et réalise des planches anatomiques représentant le fond de l’oeil. Dans la même période, elle travaille pour Catel, professeur à la Sorbonne qui a fondé une troupe de théâtre et elle réalise décors et costumes notamment ceux de La Belle au bois de Jules Supervielle et du Mariage forcé de Molière. En 1939, la guerre disperse le petit groupe et met un terme à cette aventure artistique.

Voir l'image en grand Sans titre, double page pour la revue Fourire, numéro spécial, « Foufrou 1900 », juin 1951 technique mixte, 47 x 61 cm © Suzanne Ballivet – Collection privée

Le vrai départ :

Pendant l’occupation, Suzanne et Camille Descossy se séparent. Elle part vivre avec Albert Dubout à Paris, ancien camarade des Beaux-Arts de Montpellier. En 1941, Suzanne fait sa première exposition pour Humour 41, et trouve enfin la reconnaissance du milieu artistique parisien. Mais c’est en 1943 qu’elle prend le vrai départ. Un éditeur lui propose d’illustrer Les Chansons de Bilitis de Pierre Louÿs (les éditions du Carrefour).

Ensuite, les contrats s’enchaînent. Elle illustre les œuvres de nombreux auteurs : à nouveau
Pierre Louÿs, mais aussi Longus, Raymond Radiguet, Anatole France, La Fontaine, Charles Dickens, Leopold Von Sacher-Masoch, Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Honoré de Balzac, Stendhal, Gérard de Nerval, etc. Suzanne réalise aussi des peintures à l’huile mais elle juge que ce travail n’est pas digne d’être exposé, refusant même une proposition du galeriste Drouant-David !

Elle se définit plutôt comme une illustratrice, conciliant ses deux passions : le dessin et la littérature. Son travail lui offre l’opportunité de rencontrer des écrivains notamment Colette (pour ses illustrations de Claudine à l’école et de l’Ingénue libertine) et Sacha Guitry (Constance, Elle et toi). En collaborant à des revues (Le rire, Fourire, Ici Paris...), elle fait aussi la connaissance de nombreux dessinateurs tels que Bellus, Ben et Peynet.

Mais Suzanne et Albert n’apprécient pas spécialement les mondanités de la vie parisienne. Ils déménagent fréquemment, chargeant la voiture de malles en fer regorgeant de livres et de dessins, et emportant avec eux leurs nombreux chats. Ils se retirent dans des lieux calmes, de préférence sans voisins : Vétheuil, Mantes-la-Jolie, Mézy-sur-Seine jusqu’à l’installation à Saint-Aunès, près de Montpellier. C’est là que Suzanne et Albert se marient en 1968, officialisant paradoxalement leur union dans une France soixante-huitarde qui revendique l’amour libre. Les dernières illustrations de Suzanne (de 1963 à 1973) sont consacrées aux œuvres de Marcel Pagnol qui s’est lié d’amitié avec le couple.

A la fin de sa vie, atteinte de polyarthrite, Suzanne Ballivet est contrainte de cesser de dessiner mais elle continue à lire jusqu’à son dernier jour.

Elle s’éteint le 15 juin 1985 à Saint-Aunès.

L’espace Dominique Bagouet, un lieu d’art et de patrimoine

Équipement municipal situé au cœur de la cité, sur l’Esplanade Charles-de-Gaulle, l’Espace Dominique Bagouet est un lieu d’exposition d’arts plastiques dont l’entrée est entièrement gratuite pour tous les publics.

Tout d’abord dédié à la présentation des figures du patrimoine artistique régional des 19ème et 20ème siècles, qui n’avaient plus été montrées à Montpellier durant ces dernières décennies, l’Espace Dominique Bagouet a ensuite ouvert sa programmation à des artistes contemporains reconnus.

Chaque année l’espace Dominique Bagouet propose entre trois et quatre grandes expositions et reçoit la visite de plus de 40 000 visiteurs.

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