Nouvelle acquisition aux Archives municipales

Les Archives municipales enrichissent leurs fonds avec l'acquisition d'un cahier de notes parlementaires de Jean-Baptiste Bénézech, député socialiste de Montpellier sous la IIIe République.

Les Archives viennent d’acquérir un cahier de notes manuscrit ayant appartenu à Jean-Baptiste Bénézech (Montpellier, 1852 – Paris, 1909), député de l’Hérault de 1898 à 1909. Ouvrier typographe, syndicaliste, il est le fondateur en 1870 de l'Union litho-typographique de la Fédération du Livre, dont il fut président à plusieurs reprises. Egalement président de la Bourse du Travail de Montpellier, conseiller municipal de 1892 à 1900, il est élu député de la 1ère circonscription de Montpellier en 1898, puis de la 2e circonscription en 1902 sous l'étiquette socialiste. Réélu en 1906, il meurt au cours de son troisième mandat en 1909. Ce fut une personnalité marquante de la politique locale.

Ce carnet de 107 pages constitue une sorte de journal de l’année de sa première mandature, de juin 1898 à juillet 1899. Au fil des comptes rendus des séances de la Chambre des députés, il argumente ses choix, allant jusqu’à justifier ses votes, notamment sur l'affaire Dreyfus

AMM, 22 S 4Voir l'image en grand Extrait du cahier manuscrit de Bénézech

Il termine par un bilan de l’année écoulée. Ce manuscrit comprend, en outre, 22 feuillets de notes préparatoires de discours, laissant transparaître un brillant orateur, ainsi que deux portraits lithographiés pour la propagande électorale. Ce document constitue un rare témoignage de la vie politique durant la IIIe République, à une période charnière où la démocratie parlementaire est déstabilisée par l’affaire Dreyfus, celui d’un homme sincère et passionné, humaniste et social.

 

Il sera prochainement numérisé et consultable sur la base de donnée en ligne des Archives, sous la cote 22S4.

Dans le texte

 

AMM, 22 S 4Voir l'image en grand Extrait d'un discours de Jean-Baptiste BénézechPréface du cahier :

J’ai selon ma conscience émis des votes à base républicaine et socialiste. Tel était mon programme au moment où je me suis présenté devant mes électeurs ; telle a été ma ligne de conduite à la Chambre des Députés.

En votant en faveur des lois républicaines, je crois avoir fait œuvre de socialiste, car seule la forme républicaine permettra au socialisme de se développer vers son épanouissement en préparant des réformes immédiates qui lui permettront de faire l’éducation des masses et les préparer à l’habitude de s’administrer elles-mêmes en attendant le moment propice de la transformation de notre vieille organisation défectueuse en société mieux organisée, et plus en rapport avec l’humanité nouvelle, qui se développe tous les jours.

J’ai fait des tournées de propagande dans beaucoup de villes de France où la parole socialiste n’avait pas encore été apportée.

Sur l’affaire Dreyfus :

L’affaire Dreyfus ne nous passionne à tel point que parce qu’elle est devenue le théâtre de la bataille colossale – et peut-être décisive – que se livrent les hommes d’hier et ceux de demain, les adversaires et les amis de la liberté. Il a été possible, durant un temps, de douter. Il était si difficile de s’orienter au sein des ténèbres. La lumière ne parvenait qu’en d’aussi fugitives lueurs. Les aperçus qu’elle montrait étaient pour le plus grand nombre si inattendus et si invraisemblables… Aujourd’hui, le doute relève de la mauvaise foi ou de l’aveuglement.

La disparition du petit artisanat montpelliérain :

Il y avait à Montpellier, il y a environ cinquante ans, seize fabricants de poterie au tour ; il n’en existe plus un aujourd’hui. Le petit patron disparaît tous les jours et ce n’est certes pas le travailleur qui le fait disparaître mais bien le grand patron qui sous forme anonyme donne la vie à une collectivité capitaliste.

L'anticapitaliste :

Il ne suffit pas aux bourgeois capitalistes d’avoir retiré de la Révolution tous les bénéfices matériels, d’avoir cyniquement édifié la féodalité financière sur les ruines de la féodalité nobiliaire, d’avoir exploité l’héroïque dévouement du prolétariat, il leur faut par surcroît s’emparer du patrimoine intellectuel des révolutionnaires d’antan ; ils s’efforcent de dénaturer leurs pensées, de fausser leurs doctrines, et de s’en servir en toute occasion pour la défense des privilèges de la classe possédante.

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