Montpellier la ville "aux 100 fontaines"

Dès le Moyen-Age, les Montpelliérains s'approvisionnent en eau aux fontaines et puits de la ville. Et la pénurie de l'eau préoccupe les autorités contraintes d'entretenir les sources afin d'accroître leur rendement pour une population toujours grandissante et d'éviter les maladies. C'est grâce à la construction de l’Aqueduc, qu'Henri Pitot entreprend de 1753 à 1764, que Montpellier, capitale de la province, s'embellit et se modernise par un nouveau réseau hydrolique intra-muros et à partir de 1770, l'édification de fontaines monumentales.

La Fontaine Putanelle ou Font Putanelle (1447-2019)

Voir l'image en grand s.d. AMM, Montpellier : Portraits, scènes historiques, œuvres d’art, monuments, 5BIB453 Fontaine Putanelle, Vue de Montpellier

Font-Putanelle ou Putealle (actuellement située dans le lit du Verdanson, derrière l’Hôpital Saint-Charles) est la plus ancienne fontaine de Montpellier. Elle est construite en 1447 dans le Verdanson à l’initiative de Jacques Cœur, argentier nouvellement installé à Montpellier. Il est dit qu’elle fut installée en retrait de la ville dans le Verdanson ou « Merdanson », pour faciliter le travail des tanneurs, très présents dans le quartier, et soutenus par Jacques Cœur jusqu’à la fin de ses activités. Et quelle était désignée dans quelques anciens actes sous le nom de Font Argentarii (fontaine de l’Argentier), en son souvenir et qu'en 1444, on la buvait comme remède, le matin durant les grandes chaleurs. La fontaine finit par devenir le lieu de rendez-vous apprécié de la jeunesse montpelliéraine du XIXe siècle, où quelques guinguettes attiraient les danseurs. (Montpellier et ses fontaines, XVIIIe-XIXe siècles, Mireille Lacave, 1984, AMM)

Suite aux guerres de religion, les consuls reçoivent de nombreuses plaintes pour réparer les fontaines endommagées, dont la Font-Putanelle. En 1686, un Rapport énumère toutes les réparations à faire à la fontaine (BB 23, juin 1686), exécutées en 1687. La construction de l’édifice actuel date de 1820. En 1884, d’autres réparations et déblaiement sous l’administration du maire Alexandre Laissac, sont entrepris afin de retrouver la construction initiale de Jacques Cœur.

Voir l'image en grand Plan, fontaine Putanelle, 1697. AMM, DD80_02

La santé publique et la peur des épidémies préoccupent les autorités jusqu’au début du XVIIIsiècle, ainsi que l’entretien des fontaines publiques en périphérie de la ville, pour lesquelles l’administration municipale, lancent dès 1696, de nombreux contrats d’entretien avec des entrepreneurs, (renouvelés tous les six ans). (DD80, Sous dossier DD76, contrat d’entretien des fontaines, 3 novembre 1696). Malgré le nombre important de fontaines et les puits de particuliers, il manque d’eau et il n’y a pas de politique d’entretien pour l’ensemble du réseau qui reste laborieux, s’effectuant au coup par coup. Inlassablement on répare  et il est fréquemment noté dans les délibérations « que celui qui est chargé de l’entretien des fontaines ne les entretient pas ». De plus, les eaux versantes se perdent fréquemment se mélangeant aux égouts, endommageant leur qualité et la santé des habitants.

Voir l'image en grand Fontaine_Putanelle, 1697. AMM, DD80_02

Cette pénurie d’eau conduit les consuls à faire établir une fontaine supplémentaire à la Porte des Carmes. (DC 28/2/1686 et 11/1/1692) stipulent que « depuis plusieurs années les fontaines tarissent à la saison de l’été et particulièrement celle du Pyla-Saint-Gély qui fust coulante. » série BB.
En 1686 et 1729, les consuls sont décidés à acquérir un puits entre la Fontaine Putanelle et celle des Carmes, qui les alimentent toutes les deux. Malgré la mauvaise qualité de l’eau du puits signalée par les médecins et rapportée dans la délibération consulaire du 28 mai 1650 : « il est certain du rapport des médecins que l’eau du puits que la plupart desdits habitants sont obligés de boire faute d’autre, leur cause quantité de maladies… ».

Voir l'image en grand Fontaine_Putanelle, 1697. AMM, DD80_02 b

Les seules personnes pouvant se permettre de boire l’eau des fontaines sont « des personnes de condition sociales plus élevées détentrices de serviteurs qui vont chercher l’eau à la fontaine. Outre les maladies, la pénurie d’eau engendre saleté et mauvaises odeurs à travers la ville sillonnée par les animaux, que la municipalité peine à faire disparaître, malgré les règlementations en vigueur, qui jusqu’au XIXe siècle, interdisent l’épandage des fumiers et de laver le linge aux fontaines. Les bureaux d’hygiène (le mot apparaît à la fin du XVIIIe siècle) sont longtemps impuissants. Pour s’approvisionner en eau, les montpelliérains doivent se rendre aux portes de la ville, là où se trouvent quelques sources naturelles, acheminées par de modestes aqueducs, comme la Fontaine de la Sonnerie.

Fontaine du Pila Saint-Gély (1465-1854)

Voir l'image en grand MMM, JM. Amelin, mine de plomb, VOL_03_124 Fontaine du Pila Saint-Gely, 31 juin 1829

Extrait Montpellier et ses fontaines, XVII-XVIIIe siècles, Mireille Lacave, 1988

En aval sur les bords du Verdanson, se trouve la Fontaine du Pyla-Saint-Gely. Sa construction est presque contemporaine à celle de la Font-Putanelle. Le 12 août 1465, les consuls sont sollicités par Jean Rate et Jean Besson pour que ceux-ci puissent récupérer les restes d’une fontaine démolie près du Pont Juvénal afin d’en construire une nouvelle au pied d’une source, découverte derrière l’Hôpital du Saint-Esprit sur la rive gauche du Verdanson (au Pyla Saint-Gély). (BB Allegrand, 1465). Les consuls acceptent sous condition que leurs armes y soient sculptées sur la nouvelle fontaine. 

Voir l'image en grand AMM, 1Fi10-10, détail Plan Fontaine du Pila Saint-Gély, s.d

Suite aux guerres de religion, les consuls reçoivent de nombreuses plaintes pour réparer les fontaines Font-Putanelle et du Pila Saint-Gely, endommagées, qu’ils exécutent en 1687. Dix ans plus tard, Jacques Daviler signe un nouveau devis et fait démolir l’ancienne fontaine du Pila Saint-Gely, supprime l’abreuvoir et y installe deux bouches d’eau. L’entretien des fontaines est une préoccupation constante de l’administration municipale qui passe tous les six ans des contrats d’entretien avec des entrepreneurs. (DD76, 3 novembre 1696). Déjà en 1532 des réparations et le pavage des abreuvoirs de la Fontaine du Pyla Saint-Gély avaient été effectués. (Petit Thalamus, 1840 p. 508). Et en 1592, la fontaine, fut transportée sur la rive droite du Verdanson, pour plus de commodité afin d’éviter les infiltrations des égouts, endommageant la qualité des eaux. La santé publique, la peur des épidémies préoccupent les autorités jusqu’au début du XVIIIe siècle. Les délibérations consulaires du 28 mai 1650, rapportent les conclusions des médecins « l’eau du puits que la plupart des desdits habitants sont obligés de boire faute d’autre, leur cause quantité de maladies… les seules personnes pouvant se permettre de boire l’eau des fontaines sont « des personnes de conditions sociales plus élevées, détenteurs de serviteurs qui vont chercher l’eau à la fontaine. ».

Fin XVIIe, L'intendant Nicolas Lamoignon de Basville, reconnaissant que la ville se trouve dépourvue de sources et fontaines capables de fournir l’eau nécessaire aux habitants, « a donné connaissance aux consuls qu’il avait employé le sieur Clapiès de la faculté royale des sciences de cette ville lequel avait fait un nivelage sur la possibilité qu’il avait de faire conduire la fontaine dite de Saint-Clément à la promenade du Peyrou pour estre ensuite employée et distribuée pour la commodité publique et celle des particuliers. » (Délibération consulaire du 28 avril 1712, BB). Le 29 mai 1686, le Conseil de Ville (BB 1686), énumère d’autres réparations à faire à la fontaine et en 1696, dans le cadre du contrat d’entretien des fontaines publiques en périphérie de la Ville, Charles Daviler dresse un devis et effectue les réparations, (BB1686) (Devis réparations fontaines, série DD, AC DD80).

Voir l'image en grand dressé par le maire et H. Pitot. AMM, série DD Plan de la fontaine Pila Saint-Gilles, 2 décembre 1750

À cette époque, il n’y a pas de politique d’entretien pour l’ensemble du réseau et il est fréquemment noté dans les délibérations que « celui qui est chargé de l’entretien des fontaines, ne les entretient pas. » Des réparations qui n’empêchent pas l’eau de manquer, surtout en été. Les délibérations consulaires des 28 février 1686 et du 11 janvier 1692, mentionnent que « depuis plusieurs années les fontaines tarissent à la saison de l’été et particulièrement celle du Pyla Saint-Gély qui fust coulante ». (Série BB200).

Ainsi en 1686, et en 1729, les consuls sont décidés à acquérir un puits alimenté par la Font-Putanelle et celle des Carmes, malgré la mauvaise qualité de son eau et ce qu’en disent les médecins. En 1739, Clapiès, le Directeur des travaux publics de la province, vérifie l’état des fontaines de la Ville, dont celle du Pyla Saint-Gély. (Mémoirs et plans, série DD Anciennes fontaines (1386-1790), AC DD80, Loc : 1/7/6/5), suivi en 1750 du Rapport sur l’état des fontaines, pour plus de rendement de Henri Pitot (DD Anciennes fontaines (1386-1790), AC DD80, Loc : 1/7/6/5), et du Rapport du docteur Lenthéric, Pour une nouvelle distribution des eaux de la source Saint-Clément, publié en 1837, sur la qualité de l’eau et l’hygiène. 

Voir l'image en grand AMM, série DD, AC DD80_Anciennes fontaines_1386-1790_Loc 1_7_6_5, detail Plan fontaine Pila Saint-Gilles et reservoirs, 1750

En 1753, Henri Pitot entreprend la construction de l’Aqueduc, soutenu par l’Intendant Basville qui fait admettre au conseil de la ville l’urgence de tels travaux, car la ville n’a « d’autre fontaine que celle du Pyla Saint-Gely, qui par son éloignement était inutile à la plus grande partie des habitants et qui se trouve mesme bourbeuze et en danger de se mêler avec l’eau de la petite rivière voisine où se jettent les immondices de la ville… ». Basville affirme qu’ « il n’a vu que le Bien de la communauté et la décoration de la ville qui estant considérable pu elle-même méritait que l’on fit cette dépense pour son embellissement et pour l’utilité de ses habitants… »

En 1854, disparait la fontaine du Pila Saint-Gély, lors de la construction du Pont du nouvel abattoir. En 2000, des fouilles archéologiques sont effectuées à l’occasion des travaux de la première ligne du tramway et les vestiges de la porte du Pyla Saint-Gely y sont retrouvés. Suivront en 2001, l’aménagement d’un jardin archéologique aux pieds du Corum et la reconstitution de la porte Saint-Gély. 

LENTEHERIC, Pierre (Alignan-du-vent, 9 février 1793-Montpellier, 19 novembre 1849),  mathématicien
Pierre Lenthéric, (1793-1849)Il enseigne au lycée de Montpellier en 1823. Professeur de mathématiques au Collège royal de Montpellier dès 1811 et de mathématiques transcendantes à la faculté des sciences de Montpellier de 1828 à 1849. Il devient conseiller municipal de Montpellier en 1841 et maire temporaire de Montpellier du 12 décembre 1848 au 20 janvier 1849. Membre de l’Académie des Sciences et des Lettres de Montpellier (1847-1849), il est l’auteur de deux thèses, l'une sur la cosmographie des habitants de la lune, l'autre sur l'optique des poissons et d'un mémoire sur les mouvements relatifs insérés dans les Annales de mathématiques. (Extrait de la Biographie héraultaise)

DAVILER, Charles, d’, (Paris, 1653-Montpellier, 23 juin 1701), architecte du roi de la province de Languedoc
Célèbre architecte de la province de Languedoc. En 1668 fait son apprentissage chez le célèbre architecte Le Vau. Le 19 septembre 1674, le jeune Daviler voyage en Italie pour étudier à l’Académie de Rome l’architecture. En 1691 : arrivée de Daviler à Montpellier, premier devis à Montpellier pour la construction de l’Arc de triomphe. Il épouse le 24 mars 1696 Alix, Louise Fraissinet (paroisse Sainte-Anne folio 179 du 29 mai 1696). Fils de Charles Daviler, procureur au Chatelet de Paris et de Charlotte Frac. Entre 1696-1697, il effectue le plan pour l’Hôtel de Sastre par Daviler (actuelle DRAC LR). Puis de 1698-1699, la construction de l’église Saint-Denis. (Extrait de la Biographie héraultaise)

 

Les grands travaux publics d'Henri Pitot : la construction de l'Aqueduc

Voir l'image en grand Plan élévation de l'aqueduc des Arceaux et réservoirs, AMM, 2Fi140

L'Intendant Nicolas Lamoignon de Basville (1648-1724), conscient des besoins en eau de la ville, il parvient à convaincre les consuls de l'urgence et de la nécessité de moderniser les réseaux hydroliques.

Musée Fabre, vers 1700, Jean Ranc, MMM N.Lamoignon de Basville,

 "Le Bien de la communauté et la décoration de la ville qui estant considérable pu elle-même méritait que l’on fit cette dépense pour son embellissement et pour l’utilité de ses habitants… » et pour cela, "faire conduire la fontaine dite de Saint-Clément à la promenade du Peyrou pour estre ensuite employée et distribuée pour la commodité publique et celle des particuliers. » (Délibération consulaire du 28 avril 1712, BB).  

Voir l'image en grand Musée du Vieux Montpellier, D2011.0.97 Henri Pitot, ingénieur

En 1686, la ville prospère peut envisager une politique de grands travaux publics et fait dresser un devis pour son embellissement et l'acheminement de l’eau des sources Saint-Clément et du Boudilon jusqu’au Peyrou (série BB, délibération consulaire du 28 février 1686). A la même date, le conseil de ville vient d’accepter le choix du roi pour Montpellier, de dresser une figure du roi équestre dans une nouvelle place royale à l’image de Versailles. La première terrasse du Peyrou est alors aplanie vers 1690 et la porte du même nom est reconstruite par Charles Daviler à partir de 1692.  C'est Henri Pitot qui entreprend la construction de l’Aqueduc en 1753 et l’achève en 1764. La Ville, ne possédant que quelques puits et des restes de fontaines endommagées par la guerre des religions, souhaitait s'embellir, s'assainir et se protéger contre les incendies (celui de la rue de l'Aiguillerie des 21 et 22 avril 1770, lui  fait d'autant plus prendre conscience du manque d'eau et de l'insuffisance notoire de son système de lutte contre le feu ).

Voir l'image en grand Plan de l'arrivée de l'eau Jardin du Peyrou. AMM, 1Fi10-21

Grâce à ces grands travaux d'urbanisme innovents, Montpellier, capitale du Languedoc, peut se moderniser se dotant d'un nouveau réseau hydrolique intra-muros et de plusieurs fontaines monumentales. Les consuls décident la construction de fontaines monumentales et de « faire lever un plan et devis pour conduire les eaux de la fontaine Saint-Clément sur la Place de l’Intendance ou partout ailleurs… ». (Série BB- Délibération consulaire du 30 juin 1770) avec les expertises pour évaluer les dommages occasionnés par le nouveau tracé du réseau des conduites d’eau de l’aqueduc aux Places de la Canourgue, de l’Intendance, et à celle de l’Hôtel de Ville. (Série BB – Délibération consulaire du 11 mai 1773).

CŒUR Jacques (Bourges 1395-Chio, 25 novembre 1456), argentier
Jacques CoeurFils d’un grand marchand de Bourges, il fut compromis tout jeune avec un faux-monnayeur mais réussit à se tirer de ce mauvais pas. Il se remit dans les affaires et rendit de nombreux services à la cour de Charles VII à Bourges. Dès 1432, il s’était lancé dans le commerce avec les pays du Levant. Etablissant la base de ses entreprises à Montpellier, il se rendit en Syrie, à Damas, noua des relations régulières avec les ports espagnols, avec Gênes et Florence, et installa des agents à Avignon, Lyon, Limoges, Rouen, Paris et Bruges. Il menait de front toutes sortes d’entreprises : banque, change, mines, épices, draps, métaux précieux, esclaves. Nommé maître des monnaies (1436) puis argentier du roi (1439), il entra au conseil du roi et fut anobli. Il était en outre commissaire auprès des Etats du Languedoc (1441) et visiteur général des Gabelles pour le Languedoc (1447). C’est lui qui présida à l’assainissement de la monnaie et Charles VII lui confia d’importantes missions diplomatiques. Protégé par Agnès Sorel, la fortune de Jacques Cœur était immense et son ambition ne connut plus de limites. Créancier du roi, il avait de nombreux débiteurs à la cour. Une cabale se forma contre lui. Arrêté en 1451, il passa trois ans en prison, fut condamné à une énorme amende et à la confiscation de ses biens. Il s’enfuit à Rome, se mit au service du Pape et mourut lors d’une expédition contre les Turcs. Sa mémoire fut réhabilitée par Louis XI. (Extrait Dictionnaire biographie héraultaise) 

CLAPIES Jean, de (Montpellier, 28 août 1670-Aramon, 19 février 1740), Ingénieur
Militaire de formation, il participa à plusieurs grandes batailles auprès du Maréchal de Luxembourg en 1693. Puis se fixa à Montpellier, où il reprit des études de mathématiques et de sciences. Cumulant les fonctions de Professeur Royal à la Chaire de Mathématiques et d’Hydrographie et de Directeur des travaux publics en Languedoc. Il participe à partir de 1728 à la levée des cartes des diocèses du Languedoc. On doit à ses travaux de nivellement, faits en 1712, la réalisation de l’aqueduc qui conduit à Montpellier l’eau de la source Saint-Clément. Membre de l’Académie de Béziers et de la Société royale des sciences de Montpellier depuis sa fondation en 1706 jusqu’en 1739. (Extrait Dictionnaire Biographie héraultaise).

LAMOIGNON BASVILLE, de Nicolas (Paris, 26 avril 1648-Paris, 17 mai 1724), Intendant du Languedoc
Il débuta comme avocat, avec succès. Nommé gouverneur, capitaine et concierge du Château de Limours, conseiller au parlement de Paris, le 6 septembre 1670, maître des requêtes, le 30 novembre 1673, intendant de Poitiers, en janvier 1682, conseiller d’état semestre, le 20 janvier 1685, intendant du Languedoc d’août 1685, jusqu’en mai 1718. (Extrait Dictionnaire Biographie héraultaise).

Les trois fontaines monumentales (1770-2019)

Pour l'édification sur les trois principales places de fontaines monumentales, (places de la Canourgue, de l’Intendance, et du Consulat (actuelle place Chabaneau et rue de la Loge), une commission est créée, comprenant Jean Antoine Giral, architecte de la province, et Jacques Donnat, directeur des ouvrages de la Ville, tous deux chargés de dresser les plans et devis de la conduite des eaux et d’en surveiller leur construction en marbre de Carrare. Les trois fontaines commandées en 1770, sont achevées en 1776, nécessitant quelques transformations du tissu urbain ancien. Montpellier est alors un vaste chantier. La lenteur et les retards des travaux provoquent l’impraticabilité des rues exiguës et déjà mal pavées (encombrées d’amas de terre et de boue se répandant dans les caves aux premières pluies), occasionnent le mécontentement des montpelliérains. Pour les réconforter, les consuls décident le 28 mai 1774, d’apposer une plaque de marbre pour que la postérité enregistre le nom de chaque conseiller à l’initiative de cette grande œuvre.

Fontaine des Trois Grâces

Voir l'image en grand Projet de la Fontaine des Trois-Grâces, 1797La Fontaine des Trois Grâces, commandée par la Ville le 30 juin 1770, est avec la fontaine des Licornes, l'une des deux fontaines, sculptées par Etienne Dantoine (Carpentras, 1737 - Marseille, 1809), en marbre de Carrare et achevées en 1776. Elle représente les trois grâces grecques Aglaé, Euphrosine et Thalie (incarnant la séduction, beauté et fécondité), dansant toutes trois entrelacées. A leurs pieds, de la verdure et trois autres groupes, comprenant chacun une tête de lions d’où s’échappe l’eau, et des angelots jouant avec une tortue. L'exécution des travaux fut compliquée. Aux difficultés financières s’ajoutèrent des malfaçons et malhonnêtetés du sculpteur sur la qualité du marbre et le non respect des délais du travail effectués, entraînant son procès avec la Ville. 

Voir l'image en grand Fontaine des Trois Grâces, vers 1900. AMM, carte postale 6Fi1762

En 1776, les Trois Grâces sont achevées, les consuls réceptionnent le travail du sculpteur et en approuvent la conformité, malgré cela, l'installation de la fontaine, initialement prévue place de la Canourgue est différée. 

Voir l'image en grand AMM, carte postale vers 1900. AMM, 15Fi4 Fontaine des trois grâces

La statue est alors entreposée à Hôtel de Ville (en bordure de l'actuelle place Jean Jaurès). En an V, la porte de Lattes, proche du théâtre est démolie pour mettre en valeur celui-ci et dégager une place à la charnière de la ville et du faubourg. La fontaine des Trois Grâces est installée sur cette nouvelle place dite de la Comédie, face au Théâtre. En 1894, la place de la Comédie est réaménagée après la démolition de l'Hôtel du Gouvernemen(ancienne résidence du Gouverneur), et la construction de nouveaux immeubles. On la transporte alors sur un terre-plein, à une plus grande distance du Théâtre. La vasque en marbre est agrandie, les rocailles couvertes de lierre remplacées par des blocs de roches, et la hauteur des marches augmentées, surélevant le groupe des Trois Grâces au-dessus du sol. En 1984-1986, la fontaine des Trois Grâces est transportée au centre de la nouvelle place où apparaît "l'Oeuf", rond-point de circulation en forme d'oeuf. Pour être ensuite déplacées de quelques dizaines de mètres vers le théâtre, avec les nouvelles transformations de la place de la Comédie rendue piétonne, et l'enterrement de la Nationale 113.  Le 21 juin 1989, elles sont enlevées de la Comédie pour être moulées à l'identique en résine, matériau plus résistant aux intempéries et aux graffitis. L'original de la statue sera restaurée pour être en décembre 1991, installée dans le foyer de l'Opéra-Comédie où elle séjourne encore de nos jours. 

Fontaine de la Licorne ou Chevaux-Marins (1770-2019)

Voir l'image en grand Médiathèque centrale Emile Zola - Montpellier Méditerranée Métropole, estampe, 805-RES-07 Halle neuve et la Fontaine des licornes par Boilly, Julien-Léopold (1796-1874), 1840

Voir l'image en grand Estampe, M. Billy. AMM, 5BIB 453 Fontaine des Licornes, 1897La fontaine est commandée par la Ville, en 1773 à Etienne Antoine, d'après les dessins de larchitecte Jacques Donnat, également chargé de son ornementation en l’honneur du marquis de Castries, futur Maréchal de Castries qui a remporté la Bataille de Clostercamp en 1760. Réalisée en marbre de Carrrare, la statue représente des licornes au combat.

« A une époque, où Jean-Antoine Giral et Jacques Donnat commencent à introduire à Montpellier le goût néoclassique dans l’architecture, D’Antoine célèbre la fontaine de l’Hôtel de ville à la gloire de cette bataille et du héros. Le bas-relief commémorant l’illustre combat du chevalier d’Assas contre les Prussiens et les licornes (armoiries de la famille de Castries, une de plus anciennes familles aristocratiques du Languedoc), qui surmontaient la fontaine depuis 1776 ont été transférés sur la place de la Canourgue en 1865, mais dépouillés de leur cadre architectural dessiné par Giral et Donnat. » Extrait de Montpellier, monumental, tome, page256

En 1777, malgré de nombreuses contestations, le travail d'Etienne Dantoine est estimé en « état de réception », l’eau coule alors au cœur de la ville, face à l'église Notre-Dame-des-Tables, à côté de l’Hôtel de Ville, de l’Herberie et de la Poissonnerie. C’est un immense progrès pour les Montpelliérains. La Fontaine aux Licornes ou aux Chevaux-marins y restera jusqu’en 1865.  Lors de l’élargissement de la rue qui longe la Halle aux Colonnes, on transporte cette Fontaine à l’extrémité du square de la place de la Canourgue, site qu’elle occupe encore aujourd'hui. Extrait Montpellier et ses fontaines (XVIII-XIXe siècle), M. Lacave page 13, 

La Fontaine de l’Intendance ou Fontaine de Cybèle (1770-2019)

Voir l'image en grand Fontaine de l'Intendance, Boilly, 5BIB453

Contrairement aux deux précédentes fontaines monumentales, celle-ci, est l’œuvre du sculpteur gardois, Joseph Journet, (Vigan, 1730- ), à qui on soumet son exécution en 1773, qu'il achève en 1775, pour être édifiée le 9 novembre 1776. Destinée à orner la place de l'Intendance, (ancien siège de l’Intendance de la Province de Languedoc et actuelle place Charboneau), près de la Préfecture, elle est exécutée en marbre de Carrare, d’après un dessin de Jean Antoine Giral. Elle représente la ville de Montpellier, personnifiée par une femme assise sur un piedestal circulaire, cannelé et orné de guirlandes. Celle-ci, désaltèrant ses enfants, tient une cruche inclinée dans sa main droite et les armoiries de la Ville dans sa main gauche. Quatre lions supportent le socle et crachent l’eau dans un bassin polygonal. ».

Voir l'image en grand Fontaine de l'Intendance, place Chabaneau. AMM, 6Fi1342_01

A cette époque, l’heure n’est plus à la gestion modeste municipale des eaux, car le réseau de conduites d’eau s’étend peu à peu. Cependant, le gaspillage est banni, sous la pression des habitants en mai 1775 (Délibération consulaire du 8 août 1775, BB205). Giral et Donnat proposent alors de verser les eaux versantes de la fontaine de l’Intendance à la Place Brandille (actuelle Place Pétrarque). Au fil des délibérations du Conseil de Ville, l’avantage de « jouir de l’eau pour son usage journalier », se paie et ils sont nombreux à vouloir obtenir des « lignes d’eau » lorsque l’on prolonge la canalisation de l’Hôtel de Ville (fontaine des Licornes) jusqu’à la Comédie, c’est-à-dire de la Porte de Lattes à l’Esplanade (BB, Délibération consulaire du 8 août 1775).

JOURNET, Joseph, (Vigan, 1730- ), sculpteur

Dès 1755, il va travailler à Paris, puis à Copenhague où il collabore avec le sculpteur JF. Saly au monument de Frédéric V, et où il obtient le titre de l’Académie royale de Copenhague. « A son retour en France en 1769, le sculpteur se fixe à Montpellier, appelé par le chantier des fontaines. Il travaille ensuite à la cathédrale Saint-Pierre dont le nouveau chœur étai alors en construction, avant de se voir attribué en 1779 la chaire de professeur de dessin à la Société des Beaux-Arts. Journet passe contrat avec la Ville, le 11 mai 1773. La fontaine achevée en 1775, est mise en place le 9 novembre 1776. Elle évoque le thème de la Ville de Montpellier distribuant l’eau à ses habitants, d’après un dessin de Jean Antoine Giral. La ville est personnifiée par une femme assise sur un pied destal circulaire cannelé et orné de guirlandes. Entourée de génie, elle s’appuie d’une main sur un cartouche (autrefois aux armes de France, aujourd’hui à celles de la Ville) et verse de l’autre l’eau d’une amphore. Quatre lions supportent le socle et crachent l’eau dans un bassin polygonal. » (Extrait de Montpellier, monumental, tome 1, page 255)


Périn, Jean-Michel© Inventaire général, ADAGP

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/mersri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IA34000347

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_5=LBASE&VALUE_5=IA34000347

Les fontaines d'hier et d'aujourd'hui en carte postales

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