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L’ancien maire afghan de Ghazni et sa famille accueillis par la ville de Montpellier au terme d'une mobilisation hors-norme

Actualité publiée le 15/10/2021

Ce jeudi 14 octobre 2021, Michaël Delafosse, maire de Montpellier, et le Conseil municipal de la Ville ont accueillis en mairie Hakimullah Ghasniwal et sa famille, réfugiés afghans menacés de mort dans leur pays par les talibans. Hakimullah Ghaniwal, ancien maire de la ville de Ghazni avait été fait citoyen d'honneur de la ville de Montpellier en 2003 par Georges Frêche, et avait lancé un appel à l'aide le 21 août dernier auprès du maire de Montpellier.
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Grâce à de nombreux appuis diplomatiques et associatifs, et au terme de cinquante jours d'intenses démarches, le volontarisme de la Ville de Montpellier a permis de sauver cette famille et de lui offrir un avenir en France, à Montpellier. Elus, personnalités, autorités locales, représentants de la communauté afghane, étaient présents pour témoigner leur solidarité à cette famille afghane.

Jeudi matin à 2h45, sur le tarmac de l'aéroport de Montpellier, Michaël Delafosse avait accueilli l'ancien maire de Ghazni (Afghanistan) Hakimullah Ghazniwal et sa famille, en provenance de Skopje en Macédoine, achèvement d'un périple de 11 jours et de plus de 8 000 kilomètres. Grâce à l'appui de l'équipe dirigeante du club de handball montpelliérain, l'avion du MHB, en compétition à Skopje hier, hasard du calendrier, a permis à cette famille de réfugiés d'accomplir cette dernière étape vers la sécurité et la liberté.


La famille Ghazniwal va maintenant pouvoir débuter une nouvelle vie dans un logement, voué à la destruction, prêté temporairement par la ville de Montpellier, le temps qu'ils puissent se reconstruire. L'élan de solidarité de la population et des institutions, université au premier plan, va permettre de scolariser les enfants et de leur offrir un avenir digne.

" L'humanité, c'est ce qui dépasse les frontières. Depuis 2003, nous avons avec Montpellier une relation profonde. La Ville de Montpellier, a pris la main de notre famille, de nos enfants, pour leur ouvrir un espoir. Que la France garde toujours la tête haute et ses valeurs, et je lance un appel pour que ce pays ami ne laisse pas seul le peuple afghan. Je suis heureux et soulagé pour ma famille d'être ici, mais je pense très fort aux milliers d'Afghans qui restent aujourd'hui bloqués entre deux frontières dans une situation extrêmement difficile"
Hakimullah Ghazniwal, ancien maire de Ghazni, citoyen d'honneur de la ville de Montpellier depuis 2003.

"Bienvenue à vous, Hakimullah, et à votre famille, ici à Montpellier. Je vous souhaite de pouvoir trouver ici la paix et le repos après les terribles épreuves et le déracinement que vous avez vécus. Etre citoyen d'honneur de la Ville de Montpellier, c'est une garantie à vie d'avoir un lien avec notre ville et de pouvoir demander sa protection. Quand j'ai reçu ce mail bouleversant, le 21 août dernier, j'ai immédiatement à mon directeur de cabinet et mes équipes de tout mettre en oeuvre pour vous secourir. Grâce à la tenacité de nos équipes, grâce à la formidable mobilisation de notre diplomatie, vous êtes ici, sains et saufs. En faisant cela, nous avons tout simplement fait notre devoir. Le devoir d'élu de la République pour faire vivre les valeurs universelles de notre Nation. La France porte en elle la Fraternité. Montpellier porte ce soir, à sa manière, un message d'espoir face à la haine et à l'obscurantisme. Votre arrivée ici est un petit miracle et montre que la résignation ne doit jamais faire partie de notre vocabulaire. Je remercie notre diplomatie, l'ambassadeur de France pour l'Afghanistan, l'ONG Opensociety, le MHB, et tant d'autres pour leur travail incroyable "
Michaël Delafosse, Maire de Montpellier

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Le récit de 50 jours de tractations diplomatiques et d'un périple de 8 000 kilomètres

23 août : Suite à l'appel à l'aide envoyé par mail par Hakimullah Ghazniwal, ancien maire de Ghazni, le Maire de Montpellier demande immédiatement à son directeur de cabinet de contacter le Quai d’Orsay. Les premiers contacts sont pris immédiatement au sortir d'une réunion de travail consacrée à l'accueil des réfugiés afghans et réunissant la diaspora afghane de Montpellier. Notamment via les contacts collectés pendant l’organisation du Nouveau Sommet Afrique France. Parallèlement, le premier contact avec Hakimullah Ghazniwal est pris. Le premier message de Masihullah Ghazniwal, qui gère le téléphone de son père, est le suivant : « La situation en Afghanistan se détériore chaque jour et nos vies sont en danger parce que mon père Hakimullah Ghazniwal a travaillé au gouvernement afghan pendant de nombreuses années et a servi son peuple. ».

24 août : Le travail de constitution d'un dossier pour le Ministère des Affaires étrangères s'enclenche pour permettre leur départ. Il s'agit de qualifier la réalité du danger que court la famille Ghazniwal et de souligner ses liens avec la France. Les dix jours du 23 au 31 août sont très difficiles car tous les dossiers parvenant au Quai d’Orsay sont urgents et la situation autour de l’aéroport très confuse.

25 août : Le dossier est discuté avec David Martinon, ambassadeur de France pour l'Afghanistan, avant son retour en France avec les derniers ponts aériens. Plusieurs autorités confirment que la famille Ghazniwal figure sur la liste des personnes à évacuer mais la fermeture de l’aéroport de Kaboul empêche leur rapatriement.

31 août : Malgré les attentats à l’aéroport et le retrait des troupes américaines, un contact permanent est maintenu par la Ville de Montpellier avec la famille Ghazniwal. L’hypothèse alors travaillée est celle d’une fuite de l’Afghanistan pour rejoindre la France par un pays tiers.

13 septembre : Un contact est établi avec la Directrice du programme mondial « Welcoming and Inclusive Cities » de Open Society Foundations (OSF) qui mène des opérations en Afghanistan. La situation de la famille Ghazniwal est présentée sans que l’on puisse trouver une solution immédiatement, mais avec une hypothèse, un dernier vol pouvant être organisé dans les prochains jours.

24 septembre : Dans la nuit, à exactement 2h53, l'ONG propose une solution de vol pour partir dans les prochains jours. L’ONG prévoyait d’organiser un vol initialement pour des étudiants mais qui va finalement accueillir 149 personnes d’horizons et de destination diverses : anciens membres du gouvernement, juges, acteurs d'ONG, militants de la cause LGBTQI+ ou des droits des femmes. Il reste 10 places dans cet avion, et la famille Ghazniwal peut embarquer à la condition d'obtenir des visas ou un équivalent. A partir de cette date, un contact permanent est établi avec la cellule de crise de notre diplomatie pour obtenir des laissez-passer pour les 10 membres de la famille Ghazniwal.

27 septembre : Le Maire de Montpellier signe les documents d'accueil de la famille, envoyés à l’ONG, garantie indispensable pour inscrire les 10 membres de la famille sur le plan de vol. Le bus pour Mazar-e-Charif, ville de départ du vol, est reporté à plusieurs reprises.

1er octobre : En fin de journée, après des dizaines de mails et d’appels à toutes les personnes décisionnaires sur le dossier, après avoir dû compléter le dossier avec des dizaines de nouveaux documents (photos officielles, contrats de mariage, …), des laissez-passer sont obtenus. Entre temps, les dix afghans ont quitté Kaboul pour Mazar-e-Charif.

25 septembre : Le plan de vol semble acté avec un départ proche en bus pour Mazar-e-Charif avant d’embarquer pour un vol vers la Serbie. Toutefois, les nombreux contacts avec les autorités serbes finissent par échouer et l’ONG fait le choix de retravailler avec un pays qui a déjà beaucoup accueilli d’Afghans en transit, la Macédoine. Le vol fera finalement Mazar >Tbilissi >Skopje. Le bus est régulièrement annoncé mais partira finalement le 3 octobre à 9h du matin direction Mazar-e-Charif au nord de l’Afghanistan. Il arrive moins de douze heures plus tard dans une pension connue par l’ONG à Mazar. L’accueil est rudimentaire et la situation va devenir critique lorsque 10 talibans entrent dans l’hôtel et discutent longuement avec le tenancier. Les 149 personnes présentes sont inquiètes de ne jamais réussir à partir.

7 octobre : A 10h, l’information d’un vol imminent est confirmée. Les bus arrivent 15 minutes après et l’embarquement pour l’aéroport se fait immédiatement. A 14h, ils embarquent dans un vol de la compagnie Kam Air. Après un passage par Tbilissi, ils seront à l’hôtel à Skopje à 3h du matin, le vendredi 8 octobre. A Skopje, les familles seront prises en charge par la Croix Rouge en attendant de pouvoir obtenir des visas et un billet pour leur pays de destination. Aisha Ghazniwal, qui est interne en médecine, participe activement à l’opération et aide la Croix Rouge avec les 149 personnes qui n’ont pas le droit de quitter l’hôtel. L’hypothèse d’un vol dès le lendemain pour la France n’est pas retenue, le laissez-passer obtenu pour quitter l’Afghanistan n’est pas valable sur le seul européen. Il faudra donc prendre le temps d’obtenir un visa.

12 octobre : A 10h, la famille Ghazniwal est reçue par l'ambassade de France en Macédoine pour déposer leur dossier de visa. L’engagement des différents ministères à traiter la demande en priorité permet de partir du principe qu’ils obtiendront leur visa dès le 12 ou au pire le 13 octobre.

13 octobre : C'est la date du match entre Skopje et le club de handball de Montpellier sur le sol macédonien. L’idée de les faire rentrer avec le vol du MHB germe naturellement. Elle sera rendue possible par une parfaite coopération avec le club. Club que la famille Ghazniwal avait soutenu le 12 mai 2003 lors d’un match contre Créteil où le MHB l’avait emporté 28-22.

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