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Claude Brousson, (1647-1698)

Du lieu d'exécution à la promenade
L’échafaud est en effet, dressé sur l’Esplanade à mi-chemin entre la Citadelle, dans un espace sous juridiction militaire. « Une stèle commémorative pour les 35 pasteurs et prédicants exécutés sur l’Esplanade, au pied de la Citadelle, entre 1690 et 1754, a été dressée dans l’actuel jardin du Champ de Mars, à l’endroit où selon la tradition se trouvait l’échafaud. ». Parmi eux, le pasteur et frère de Marie DurandPierre Durand, fut pendu le 22 avril 1732. Deux ans auparavant, en 1730, l'intendant Nicolas de Bernage, faute d'avoir pu l'arrêter, avait fait emprisonner son père et sa soeur Étienne Durand et Marie Durand. Cette dernière,  figure de la résistance protestante est emprisonnée à la tour de Constance, à Aigues-Mortes. Claude Brousson (1647-1698), avocat, lui aussi pasteur est « condamné à être rompu vif pour rébellion, écrits et libellés séditieux et assemblées illicites », le 4 novembre 1698. Sa tête avait été mise à prix 5000 livres par l’intendant Basville. La foules est considérable pour y voir le spectacle sur l’Esplanade. 

Lieu de vie et de divertissements
Rendue à la vie civile, l'Esplanade devient un lieu de commerce, rencontres et de divertissements. Elle est avec le Jardin du Peyrou, un lieu de vie où l’on vient se rafraîchir et se divertir, grâce aux nombreuses attractions qui s’y donnent, (exhibitions, foires, concours, expositions, carnavals, feux d'artifices, lacher de ballons…). Elle est aussi utilisée de façon officielle dans le cadre de festivités commémoratives et nationales.

Voir l'image en grand AMM, série I Podium pour la venue de Sadi Carnot au Ve Centenaire de l'université, 1890

VIe centenaire de l'Université de médecine , 21 au 26 mai 1890
En l'honneur du Président de la République Sadi Carnot, qui s'est rendu à Montpellier pour l'occasion et qui préside le VIecentenaire, tous les édifices communaux et l’Esplanade sont illuminés. Un banquet et un grand feu d'artifice sont donnés sur le Champ de Mars, suivis d’un bal populaire. «  Un grand portique est surmonté du char de la liberté trainé par deux lions. Au-dessus les inscriptions : « France » et « Vive la République française ! ».

Voir l'image en grand AMM, série I Devis du feu d'artifice du VIe centenaire, 1890

Plus bas : Université de Montpellier entre les deux dates 1290-1890 et au sommet final, 2500 fusées lancent vers le ciel une magnifique gerbe d’étincelles multicolores. » Pendant toute la durée des festivités une exposition des Beaux-Arts de la Société artistique de l’Hérault est installée à l’Esplanade. Puis, part du Peyrou la magnifique parade du Cortège historique du XVIe siècle, en l’honneur Rabelais et Rondelet, le dimanche après-midi 25 maiComposé de 520 personnes et de 230 chevaux, il comprend 4 unités : le char de Rabelais et de Rondelet, le char des Vignerons, le char de la Ville ancienne et le char Symbolique des six siècles, suivit du char de la Charité exécuté par le 2e Génie. Les personnages à cheval sont costumés en habit de soldats français du XVIe siècle. Enfin, une soirée de gala au théâtre est offerte par la Ville avec l'énonciation de l’Ode à l’Université de Montpellier écrite par le poète Henri de Bornier pour l’occasion et la représentation de l’opéra Patrie de Victorien Sardou, mis en musique par le Montpelliérain Emile Paladilhe.

Les Foires et expositions

Voir l'image en grand AMM, vers 1900, affiche, SC_01 Exposition PLM de Montpellier

Aux lundis de Quasimodo (après Pâques) et à la Toussaint (2 novembre), ont lieu les traditionnelles foires qui durent un mois sur l’Esplanade et le Champ de Mars. Y sont organisés des concours régionaux agricoles, hippiques, et diverses expositions canines, où les Montpelliérains et Héraultais présentent leurs joyaux ou explorent les nouvelles prouesses technologiques. S’y ajoutent les grandes expositions internationales ou nationales, dont celle de 1896.

L’Exposition nationale de 1896
« La Ville ouvre le 19 avril 1896 pour six mois l’exposition générale des produits de l’industrie, de l’Agriculture, de l’Enseignement, des Beaux-Arts ainsi que des Vins et Spiritueux, de l’Electricité et des Sciences sociales. » Elle se tient sur l’Esplanade et le Champ de Mars. Différents pavillons y présentent les dernières prouesses scientifiques et technologiques et  existantes, notamment en optique, tel le kiosque Cyclorama. Le public y découvre une chambre obscure, les vues des alentours projettées sur des murs tapissés de blanc au moyen d'une lentille éclairée par le haut et d’un disque mobile, « on peut y voir, la gare de Palavas avec sa station de fiacres, ses cochers somnolents, ses chevaux dont le vent agite la crinière, un léger déplacement nous montre le square avec son feuillage frémissant. Un coup de plus, et c’est la place de la Comédie avec son mouvement continuel.

Voir l'image en grand Incendie Exposition de 1896. AMM, Petit Parisien, 30 août 1896

Le disque s’abaisse et nous montre la façade du théâtre. » Près du Café Riche, le Kinétoscope de la société Edison, est pour la première fois à Montpellier, et offre une représentation de 15 cent images seconde, laissant le spectateur éberlué, face aux nouvelles images animées… A cette occasion, les frères Lumière, sont aussi à Montpellier du 24 avril au 27 juin 1896, pour y présenter la photographie animée, et leurs premiers films L’arrivée d’un train en gare de la Ciotat, de 1895, et des Vues de Montpellier… 

Cette exposition bi-annuelle permet à toutes les professions de s’informer et de moderniser leur secteur. Mais le 18 août 1896, un incendie ravage le bâtiment principal, causant de grosses pertes matérielles et trois blessés. Le feu prend à quatre heures du matin consumant le Pavillon central et le Pavillon de l’enseignement qui contenait de remarquables collections, puis endommage l’aile droite du Cercle des étudiants et le Panorama de Reichshoffen, qui brûle dans son intégralité. Ilustrant la guerre de 1870, le mémorial de Reichshoffen se présentait sous la forme d'une rotonde panoramique, et comportait à la base de son toit conique, une zone vitrée circulaire éclairant, par en haut, une immense toile peinte déployée à l'intérieur sur 360 degrés, dessin en continu. « L’incendie est un désastre, il en est un surtout pour l’Université, dont les précieuses et rares collections étaient en grande partie momentanément réunies dans le pavillon de l’enseignement (dont la collection de livres rares de M. Roque-Ferrier). ».

Dès le lendemain, 19 août 1896, le conseil municipal est réuni en urgence. Le maire Alexandre Laissac, dans une lettre à la population, explique les causes exactes de la catastrophe et les mesures à prendre. Invitant les personnes sinistrées à se rendre au Grand café le 20 août 1896 à 17h. Parmi eux, les petits marchands, industriels et particuliers ayant généreusement prêté leur collection. On lit alors dans l’Eclair de Paris : « L’incendie qui vient de détruire la partie la plus importante de l’exposition de Montpellier, ne sera pas pour encourager les collectionneurs si souvent sollicités à prêter pour une exhibition publique les objets précieux qu’ils ont souvent eu tant de peine à acquérir. » Ou encore dans  Le Petit moniteur: « Il ne semble pas qu’à Montpellier, les précautions les plus élémentaires aient été prises.» Une rumeur court sur la destruction des trésors d’archives de la Ville exposés, vite démentie par l’archiviste lui-même dans sa lettre parue le 22 août 1896, dans l’Eclair. 

Voir l'image en grand 21 février 1899. AMM, série F Plan d'élévation du Village nègre

Le Village nègre, de la société d’exhibition ethnologique, 1899
A cette époque coloniale, ont lieu des expositions ethnologiques, à visée pédagogiques, pour le grand public, comme celles de 1899 et 1911, programmées sur l’Esplanade, reconstituant sur une surface de 2000 m2, un village de Sénégalais ou un village d’Esquimaux en 1911.

Les attractions, spectacles, jeux
La ville, est très sollicitée pour l’occupation de la promenade très fréquentée. Particuliers et professionnels souhaitent y présenter des attractions ou y communiquer (placards d’affiches, lâché de petits ballons réclame...). Athlètes, acrobates, artistes de spectacle et forains, candidatent en grand nombre. 

Conformément à  la procédure administrative, chaque candidature est soumise à l’enquête du commissaire qui après examen des bonnes mœurs du candidat, donne son aval. Parmi les nombreuses attractions, il y a le cosmographe installé de 1860  à 1900, dans la deuxième allée, au nord de l’Esplanade, grâce auquel on peut observer les étoiles…, les installations de tir, exhibitions sportives ou artistiques, et d’autres plus insolites, comme  celles de "La plus grosse tête du monde", les spectacles du Docteur magicien, G. Festa, le Théâtre Lauret avec sa Passion du Christ et la danse serpentine, les cirques Rancy ou de Bouglione avec ses pingouins (1933), le  funambule Djelmako (1932), la présentation de chiens et d’oiseaux savants, de pigeons voyageurs, d'une tortue géante, d'une génisse à six pattes… Tandis que d'autres en profitent pour faire la promotion de leurs commerces ou spectacles. Toute une économie se greffe aux activités du lieu, (kiosque à journaux et fleurs, laiterie, location de chaises, balançoires pour les enfants (voitures volantes, manèges de vagues de l’océan sur 14 mètres de diamètre lors du Carnaval, le 6 février 1897…), ventes de rafraîchissements … ). Les tarifs de location des chaises de la promenade sont également fixés à 0.5 centimes pour les jours ouvrés et 10 centimes pour les dimanches et jours de fêtes publiques ou religieuses.

Lieu de rassemblement politique : La crise viticole et la manifestation du 9 juin 1907 

Voir l'image en grand Manifestation viticole de 1907. AMM, carte postale, 6Fi57

Le 9 juin 1907, Montpellier, ville d’environ 75 000 habitants, est le théâtre d’un rassemblement sans précédent. Plus de 500 000 manifestants venus des départements de l’Hérault, de l’Aude, du Gard et de la Lozère défilent dans la ville. Les manifestants réclament des mesures contre la fraude, et annoncent la grève de l’impôt avec la démission des municipalités qui les soutiennent. L’ampleur de cette manifestation est le reflet de la crise viticole qui touche le Languedoc. « Les viticulteurs, menés par Marcelin Albert, se mobilisent en mars 1907 et lancent un vaste mouvement qui rencontre l’adhésion populaire, notamment à Montpellier qui, depuis le milieu du XIXe siècle vit au rythme des vendanges. 

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