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Voir l'image en grand Plan de Montpellier, XVIIIe s. AMM, 2Fi364, détail

L'esplanade, vaste terrain libre entre la Citadelle et les remparts de la Ville, est aménagée en promenade au début du XVIIIe siècle. Après le siège de 1622, Louis XIII rétablissant l'autorité royale sur Montpellier, entreprend de construire la Citadelle de 1624 à 1627. Son emplacement sur la colline de Montpellieret, face à la Ville permet de la surveiller. Le conseil délibère le 8 janvier 1628, la construction de deux corps de garde à l'extrémité des murs de jonction reliant l'Esplanade à la Citadelle, permettant de clore l'espace. Dès 1629, cet aménagement en promenade est envisagé par Richelieu, avec la démolition des murailles.  Le mur de la commune clôture démoli et les anciens fossés qui l'entourent comblés, laissent place à un vaste terrain en friche, que certains riverains n'hésitent pas à privatiser. 

(1656-1738) Duc de RoquelaureMais c’est en 1723, que le duc de Roquelaure, commandant en chef du Languedoc, s’indignant du dépotoir laissé sur les lieux (décombres du  siège, et amas de salpêtre provenant de la raffinerie de l’Esplanade), décide d’y réaliser une promenade, selon les plans de l'ingénieur Dominique Senès, (1723-1729). Les 7 et 9 juillet 1723, le conseil des 24 délibère son aménagement par l’aplanissement des sols et la plantation d’ormes. Et sans attendre la décision du roi, Dominique Senès, propose le 15 août 1723 un devis des travaux, réalisés dès le 9 septembre suivant, transformant ce terrain en promenade arborée, idéale en lisière de ville, car sa « vue est charmante, puisque d’un côté elle s’étend sur la mer et que de l’autre elle donne sur une montagne. » Les jardins et maisons n’étant pas alignés, Senès impose leur alignement avec un mur de façade uniforme de 3,30 mètres de hauteur et une balustrade en couronnement, « les uns pour le terrain qu’ils gagneront, les autres pour le plaisir qu’ils trouveront d’être en terrasse sur l’aplanissement, et tous pour l’avantage qu’ils auront d’avoir à leur porte une promenade magnifique. ». Pour le conseil d'Etat, ces travaux doivent être effectués, aux frais des riverains, décision provoquant protestations et procès.  Finalement, « Sa majesté désirant que les ouvrages commencés à l’Esplanade, soient promptement achevés, suivant le plan et devis du sieur Sénès, ... fit don aux dits propriétaires des maisons longeant l’Esplanade, des terrains inféodés de la commune clôture et des anciens fossés supprimés (arrêt du 18 janvier 1724). L’ouverture de ce grand chantier de terrassement dure de nombreuses années et nécessite une forte main d’œuvre et d’importants financements.

Voir l'image en grand Citadelle, J, Mareschal, 1787. MMM, btv1b55004074r, détail

«  Pour parvenir au fonds nécessaire pour l’aplanissement, plants d’arbres et autres ouvrages convenables à l’embellissement de l’Esplanade de ladite ville. », la ville de Montpellier à court de finances, décide d’affecter aux travaux, le produit d’une taxe sur la viande, « prélevant un denier pour chaque livre de viande tuée, débitée et consommée dans la ville, à compter du 21 octobre 1723 », pendant douze ans. 

Voir l'image en grand

Le cahier des charges précise que les travaux avaient déjà coûté 56 000 francs en 1725,  et qu’il fut nécessaire d’empiéter sur une partie de la demi-lune en avant de la Citadelle, dont l’angle s’étendait alors jusque vers le milieu de la grande allée. En décembre 1723, le terrain est aplani et enrichi, puis planté d’ormeaux formant cinq allées où y sont installés des bancs de pierre. L’Esplanade a alors 500 mètres de longueur, avec une allée centrale de 28 mètres de largeur, et des allées latérales de 14 mètres, soit 84 mètres de largeur en tout. En hommage à son créateur, on décide de l’appeler « la Roquelaure ».

1723-1726 : L’accès par l’escalier du Pila Saint-Gely

Voir l'image en grand Du 15 mai 1841. AMM, série O d Plan mur soutènement de l'Esplanade, signé E. Teste, architecte

Au nord de la promenade du côté de la porte du Pila Saint-Gély, on envisage en contrebas, la construction d’un mur de soutènement et celle d’un escalier. Le 27 mars 1724, on pose la première pierre. Le 7 décembre 1724, un complément de financement s’impose pour le parachèvement de la promenade (travaux d’aplanissement et de maçonnerie), et Pierre Nogaret, maître plâtrier soumet son devis le 5 janvier 1726 pour  « enlever les buttes de terre, baisser de trois quart la partie supérieure de la rue des Jésuites afin que la rampe ait une pente égale. Construire un mur de soutènement pour soutenir les terres de la rampe et un escalier de 35 marches et deux contreforts, afin de faciliter la communication de l’extrémité nord de l’Esplanade avec le chemin en pente menant à la Porte du Pila Saint-Gely.  Y ajouter deux pilastres en pierre de taille de Vendargues, jusqu’à la hauteur de la corniche. Paver avec des cailloux de premier choix et gazonner les contre-allées après avoir pioché le terrain en profondeur sur deux pieds sur toute la largeur et remplacé la mauvaise terre par de la bonne. » 

Voir l'image en grand AMM, II553a, détail 1er bassin central construit en 1775, comblé en 1779



1775-1781 : Construction de bassins et protection des plantations
En 1775, un grand bassin octogonal est construit au centre de la grande allée, comblé par du gazon pour des raisons de sécurité et d’insalubrité en 1779, puis remplacé par deux bassins avec jets d’eau d’une grande portée, la même année. Pour une meilleure pousse des arbres, on adopte en 1779, une plantation en quinconce, avec le 24 février 1781 la construction d'une banquette côté du chemin, afin de les protéger contre les chocs des charrettes.

1827-1847 : Trois allées au lieu de cinq
La promenade est régulièrement endommagée par les pluies torrentielles, et les Montpelliérains s’en plaignent. Pour la garder en état et prévenir ces dégâts, on réhausse la banquette en 1827 et de grands travaux de réaménagement sont lancés en 1846 (travaux d’engravement, dallage et ciment des allées). On adopte une nouvelle division, en réunissant les deux allées latérales en une seule. L’ensemble constitue alors trois allées au lieu de cinq. La grande allée du milieu large de 30 mètres et les deux autres de 26 mètres en y laissant 1 mètre aux extrémités en dehors. Et en février 1847, le remplacement du parapet bordant le nord de l’Esplanade par une balustrade en pierre de taille, est effectué.

Voir l'image en grand Plan d'alignement de l'Esplanade, dit Atlas des jardins, 5 octobre 1825. AMM, 1Fi10-13

Promenade de l’Esplanade à l'Esplanade Charles-de-Gaulle
L'appelation de Roquelaure  est vite remplacée par celle de « Promenade de l’Esplanade ». Ainsi l’Indicateur  des rues de 1838, mentionne la Promenade de l’Esplanade, et la rue qui la longe, rue de l’Esplanade ou Chemin de Nîmes, celui-ci prenant le nom de  boulevard de l’Esplanade , dans l’indicateur des rues de 1853. Enfin, le 18 juin 1969, la promenade est rebaptisée Esplanade Charles-de-Gaulle, lors d'une cérémonie  commémorant l’appel du 18 juin 1940.



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