Agora des savoirs 2019-2020

Rendez-vous des passionnés de la science et de la connaissance, l'Agora des Savoirs propose, à la salle Rabelais, des conférences. 11ème saison de l'Agora des Savoirs, manifestation dédiée à la culture scientifique et à la diffusion des savoirs.

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MISE À JOUR LE 16/10/2020

Les conférences de l'Agora des Savoirs initialement prévues en mars et avril sont reportées en novembre et décembre 2020 :

  • Le 4 novembre : Pr. Alexandre Viala (Y aurait-il une tension entre autorité et vérité dans nos démocraties ?)
  • Le 18 novembre : Dr Youenn Loheac (la faim est-elle mauvaise conseillère ?)
  • Le 25 novembre : Dr Catherine Tessier (mon robot décide-t'il et de quoi ?)

Suite au confinement nocturne, les conférences du 4, 18 et 25 novembre 2020 commenceront à 18h30.

  • Le 2 décembre : Dr Isabelle Chaudieu (Dans la décision, quelle place pour le corps ?)
  • Le 9 décembre Pr. Soazick Kerneis (Que les toges le cèdent aux armes !)

Nouvelle conférence :

  • Le 16 décembre : Pr Stéphane Beaud (Que signifie décider pour une famille algérienne immigrée en France ?)

INFORMATIONS COVID-19

Conférences proposées dans le respect des règles sanitaires et selon les dispositions en vigueur :

  • Port du masque obligatoire pour toute personne, assise ou debout, statique ou dynamique.
  • Gel hydroalcoolique à disposition
  • Jauge réduite à 152 personnes pour le respect de la distanciation sociale

CYCLE 3 : NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2020 : DÉCIDER, QUELLE PRISE DE TÊTE !

Le 3e cycle de cette 11e saison vous propose des conférences autour du processus décisionnel et des mécanismes qui le construisent, qu’ils soient physiques, biologiques, psychologiques ou sociaux.

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NOVEMBRE 2020

Mercredi 4 novembre à 20h

Pr. Alexandre VIALA, Professeur des universités, Droit public, Montpellier :

« Y aurait-il une tension entre autorité et vérité dans nos démocraties ? »

Si Platon en rêvait en estimant souhaitable de ne confier le pouvoir qu’aux philosophes, l’épistocratie (« pouvoir des savants ») fait aujourd’hui son chemin, partout dans le monde, à la faveur de l’épuisement des grands récits idéologiques et de l’adaptation des politiques publiques au néolibéralisme, sous couvert des données comptables de la science économique. Cette instrumentalisation du savoir par les élites est le moteur d’une stratégie par laquelle le gouvernant, avant de prendre une décision, affecte une grande attention aux données de la science et parvient, ce faisant, à se soustraire à l’épreuve de la discussion politique au risque de susciter des formes de ressentiment dont on peut repérer les signes dans la montée des populismes. Ce mode de gouvernance est symptomatique de la post-politique qui n’est pas la fin de la politique mais plus sournoisement sa dissimulation.

 Pr. Alexandre VialaAlexandre Viala est professeur de Droit public à l’Université de Montpellier. Ses travaux portent sur la philosophie du droit, l’histoire de la pensée juridique et le droit constitutionnel. Il est notamment l’auteur d’un manuel de philosophie du droit aux éditions Ellipses et d’un essai sur la pensée juridique d’Arthur Schopenhauer aux éditions Mare et Martin. Il dirige le CERCOP (Centre d’Etudes et de Recherches Comparatives Constitutionnelles et Politiques).

Mercredi 18 novembre à 20h

Dr. Youenn LOHÉAC, Économiste, Professeur à Brest Business School :

« La faim est-elle mauvaise conseillère ? »

Si manger est une activité quotidienne que nous pratiquons parfois sans y penser, c’est également une des décisions les plus complexes à laquelle nous faisons face. Outre nos goûts, nos choix alimentaires dépendent du prix des aliments, des informations que nous recevons (préventives ou publicitaires), de ce que font les gens qui nous entourent. Et parfois, ces choix sont même influencés par notre état physiologique. Que savons-nous de nos décisions alimentaires ?

Titulaire d'un doctorat de Paris-Panthéon-Sorbonne il a effectué son post-doc à l'INRA de Dijon. Spécialiste d’économie expérimentale et comportementale, il s'intéresse aux processus de décision en terme de santé et d’alimentation. Expert auprès du Ministère de la Santé dans le cadre du Plan National Nutrition Santé (PNNS), il a également participé à l’expertise collective de l’INSERM sur l’impact des bandeaux nutritionnels (2017). Lauréat 2016 de la Fondation pour les Sciences Sociales, il a participé à l’ouvrage « Que manger ? Normes et Pratiques alimentaires » (Editions La Découverte, 2017) et a publié de nombreux travaux.

Mercredi 25 novembre à 20h

Dr. Catherine TESSIER, Maître de recherche et référente éthique à l’ONERA (Office national d’études et de recherches aérospatiales), Toulouse :

« Mon robot décide-t-il et de quoi ? »

Qu’est-ce qu’un robot, en particulier un robot dit « autonome », un robot qui calcule des décisions ? Entre éthique et science, trois angles d’approche : 1. Quelles décisions envisage-t-on de déléguer au robot et pour quelles raisons ? Peut-on toujours formuler sous forme mathématique ce qui fonde une décision ? Doit-on programmer des décisions qui transgressent les règles ? 2. Comment utilise-t-on un robot qui « décide » ? Tel ou tel usage est-il désirable ? Au nom de quoi ? Y-a-t-il des dérives potentielles ? Qui maîtrise ce qu’il y a dans le robot ? Quelles sont les influences sur l’opérateur ou sur l’utilisateur ? 3. L’“ethics by design” et le robot « moral » versus le risque de blanchiment éthique de la décision automatique.

Catherine TESSIERIngénieur et enseignante de l’Isae-SUPAERO , ses domaines de recherche actuels concernent la mo-délisation des cadres éthiques au sein d’un agent autonome, et les questions éthiques liées à l'emploi de robots. Elle est membre du Comité opérationnel d’évaluation des risques légaux et éthiques de l’Inria (Coerle), ainsi que du Comité national pilote d’éthique du numérique créé en décembre 2019 sous l’égide du Comité National d’Ethique, et du comité d’éthique de la défense créé en juillet 2019.

DÉCEMBRE 2020

Mercredi 2 décembre à 20h

Dr. Isabelle CHAUDIEU, Inserm, CHU Montpellier, site de la Colombière, Neuropsychiatrie :

« Dans la décision, quelle place pour le corps ? »

Le cerveau, avec ses milliards de neurones, chacun connecté à des milliers d’autres, intègre et traite les informations provenant de son environnement extérieur mais aussi de l’intérieur du corps, en particulier des organes internes. Il est à l’origine de nos pensées, de nos émotions, de nos prises de décision et de nos comportements. Il nous permet d’apprendre, de nous adapter à de nouveaux environnements et d’interagir socialement avec les autres. Ainsi, à la question « qui décide ? » la plupart des humains répondent « moi, mon cerveau ». Mais comment prend-il ses décisions, des plus simples aux plus complexes ? En est-il, en est-on toujours maître ? Cette question épineuse sera abordée à partir d’exemples expérimentaux qui mettent en évidence le rôle central du cerveau dans la prise de décision, mais montrent aussi comment le cerveau appelé à décider, dépend des informations qu’il reçoit de son environnement, et en particulier des organes internes du corps.

Isabelle CHAUDIEUNeurobiologiste chargée de Recherche dans l’unité Inserm de Neuropsychiatrie, elle est spécialisée dans les questions de gestion du stress aigu ou chronique ainsi que les questions du développement de troubles psychiatriques à la suite d’exposition à des événe-ments de vie graves (ex: agressions, attentats terroristes, etc). Elle s’intéresse également aux différentes formes de résilience, mentales et somatiques.

Mercredi 9 décembre à 20h

Pr. Soazick KERNEIS, Professeure des Universités, Histoire du droit, Paris-Nanterre :

« Que les toges le cèdent aux armes ! »

“Souviens-toi que tu es mortel”, tel était l’avertissement qu’un esclave donnait au général triomphateur qui avait obtenu le privilège de défiler dans les rues de Rome à la tête de ses armées. Pour éviter qu’un excès de passion et d’orgueil (l’hybris) ne le gagne, ses soldats se moquaient et lui rappelaient ses tares et insuffisances. Les anthropologues ont montré que, dans de nombreuses sociétés traditionnelles, la communauté a mis en place des règles pour éviter l’accaparement du pouvoir : le processus de décision doit être collectif car il est bon “que les armes cèdent à la toge”. Dans l’Empire romain tardif, la devise s’inverse. L’emprise du pouvoir militaire s’accentue et la barbarisation du commandement se généralise. La conférence sera l’occasion d’évoquer les conditions dans lesquelles s’est produit le passage aux « royaumes barbares », en montrant que les premiers Mérovingiens sont non pas des envahisseurs barbares mais à la fois des généraux formés à la discipline romaine et des nobles au moins en partie de culture germanique. Comment s’organise alors la rencontre des cultures, celle de la toge et celle des sociétés tribales ? Le roi mérovingien a deux visages. Il est tout à la fois le roi chevelu héritier d’une forme de royauté magique et le chef des armées titulaire d’un pouvoir dans la res publica. Dès lors la décision dans la Gaule mérovingienne emprunte à des valeurs radicalement différentes, tiraillée entre acclamation du peuple en armes et majesté d’un pouvoir impérial.

Soazick Kerneis est professeur d’histoire du droit à l’Université Paris-Nanterre et Directrice du Centre d’Histoire et d’Anthropologie du Droit. Elle travaille sur les phénomènes d’hybridation juridique dans l’Antiquité romaine, l’avènement de nouvelles représentations du droit aux frontières de l’Empire, le remplacement du ius de la Cité classique par une forme populaire du droit, le directum. D’une façon plus générale, elle privilégie une approche interdisciplinaire afin de mieux comprendre quelques-unes des transformations actuelles du droit, qu’il s’agisse de l’engouement pour les modes alternatifs de résolution du litige, de l’influence du formulaire dans la fabrique du droit ou de la place de l’animal dans notre syStème juridique.

Mercredi 16 décembre à 20h

Pr Stéphane BEAUD, Professeur, Université de Poitiers, IEP Lille, Sociologie :

« Que signifie décider pour une famille algérienne immigrée en France ? »

Les destins des huit enfants d’une famille immigrée, ouvrière, installée dans une cité HLM depuis 1977 sont-ils inexorables ?
Un certain nombre de décisions qui ont trait à leurs choix scolaires (les leurs ?) telle l’orientation en fin de 3e, leurs choix résidentiels (habitat collectif ou pavillon individuel), leurs choix matrimoniaux (respecter le mariage endogame ou pas, avec un musulman ou pas, etc) pour les 5 filles de la fratrie, leurs choix politiques (s’inscrire sur les listes électorales ou pas, prendre sa carte au Parti ou pas, etc) dans cette ville de banlieue communiste, ont des conséquences évidemment très concrètes. La conférence se donne comme objectif de réfléchir à la logique des processus de décision qui ont façonné la vie de toute une famille, et s’interrogera donc aussi sur la société dans laquelle elle s’insère.

CONFÉRENCES PASSÉES

CYCLE 3 : MARS - AVRIL 2020 : DÉCIDER, QUELLE PRISE DE TÊTE !

Mercredi 11 mars à 20h

Jean-Ange LALLICAN, auteur, coach, architecte, formateur :

« Décider la bienveillance : vers une société plus humaine ? »

Découvrir ou redécouvrir des approches simples et efficaces. Oser le pari un peu fou de penser autrement et d’expérimenter de façon audacieuse au travail, en famille, au quotidien et sur le long terme. Porter une plus grande attention aux autres ? Ce mode de pensée et aussi de management permet de développer nombre de qualités parfois insoupçonnées, en soi et chez les autres. Ce qui peut aboutir à, tout simplement, choisir le bien plutôt que le mieux car comme le dit le vieil adage populaire, il est parfois l’ennemi du bien.

Coach, spécialiste en management des ressources humaines, et Architecte, il travaille aujourd’hui sur la stratégie des organisations. Fort de 40 ans d’expériences dans ces domaines de l’entreprise, il pousse à agir sur les dimensions relationnelles, afin de permettre à chacun, salarié, manager et dirigeant de progresser ensemble, et créer un véritable accélérateur d’engagement et d’innovation. Il a publié L’Art de Déléguer, chez Dunod et a été Président de la commission nationale Risques Psycho-Sociaux de l’Association Nationale des DRH.

Mercredi 4 mars à 20h

Pr. Joël BOCKAERT, Académicien, Professeur des Universités, Inserm, Neurologie, Montpellier :

« Cerveau : qui tire les ficelles ? »

Le cerveau est l’objet le plus complexe du monde vivant et probablement de l’Univers : une merveille absolue constituée de 10 milliards de neurones et d’autant de cellules gliales et de 100 km de vaisseaux sanguins ! Sans compter l’énorme quantité d’énergie dont il a besoin. Il est notre identité et contrôle l’ensemble de nos fonctions vitales, nos pensées, émotions et actions. On croit le contrôler, être maître à bord et c’est tant mieux pour notre santé mentale : la schizophrénie est une altération de cette sensation, avec l’impression que quelqu’un d’autre contrôle nos actions ! Or pourtant la majorité de nos actions et décisions sont prises par le cerveau de manière inconsciente. De plus, 90% de l’énergie utilisée l’est pour des fonctions qui échappent à notre conscience. Parfois même, notre cerveau nous trompe… Méfions-nous !

Normalien, agrégé de sciences naturelles, il a effectué son doctorat au Collège de France, il créa à Montpellier, le Centre Cnrs-Inserm d’Pharmacologie-Endocrinologie (CCIPE) puis l’Institut de Génomique Fonctionnelle (IGF). Président de la Société française des Neurosciences, il fut directeur du Génopole de Montpellier et du Pôle BioSanté Rabelais. Membre de l’Académie des Sciences, il est un spécialiste de la communication intercellulaire, des récepteurs aux hormones et des neurotransmetteurs.

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CYCLE 2 : JANVIER - FÉVRIER 2020 : L'ARGENT

FÉVRIER 2020

Mercredi 5 février à 20h

Dr Vincent Challet, Historien, Montpellier :

"Genèse médiévale du capitalisme"

Dans le rapport que nos sociétés contemporaines entretiennent à l'argent, le Moyen-Âge constitue incontestablement un tournant décisif en mettant en place des formes très élaborées d'association du capital et en inventant cette forme très novatrice de transfert des capitaux que fut la lettre de change. Ces innovations qui permirent de contourner en partie le problème du change et de l'échange du numéraire furent, à partir du XIIIe siècle, à l'origine d'un essor financier et commercial sans précédent dans l'Occident médiéval. D'une certaine manière et en dépit d'un certain nombre de freins techniques et moraux - dont la condamnation par l'Eglise d'un profit immodéré - il n'est pas exagéré de dire que les marchands et banquiers du Moyen Âge ont été à l'origine du capitalisme.

Normalien, agrégé d'histoire, Vincent Challet est Maître de Conférences à l'Université Paul-Valéry, ses travaux portent sur les rébellions médiévales et la structuration des communautés politiques en Languedoc. Son autre champ de recherches est consacré à l'histoire du Montpellier médiéval. Il a dirigé l'édition numérique du Petit Thalamus de Montpellier (disponible en ligne: http://thalamus.huma-num.fr) et l'ouvrage collectif "Aysso es lo comessamen : écritures et mémoires du Montpellier médiéval" (PULM, 2017). Il a récemment contribué à l'ouvrage "Histoire de Montpellier" par un article apprécié sur les marchands et banquiers au Moyen-Age.

Mercredi 12 février à 20h

Pr Jean-Michel Servet, professeur émérite, IHED de Genève :

"La monnaie versus l’argent..."

L’argent est généralement vécu comme un vecteur de développement de l’individualisme, et donc opposé aux liens sociaux. C’est aussi la critique que lui ont portée certains chefs coutumiers, tel le chef des Hurons Kondiaronk qui a fréquenté des Français à la fin du XVIIe siècle ou l'ethnologue Touiavii, par ailleurs chef des îles Samoa, visitant l’Allemagne au début des années 1920. L’objectif de la présentation est de montrer que, dans le contexte actuel d’effritement et de "liquéfaction" des sociétés, il est possible de faire émerger des pratiques pour re-développer les fondements de ce à quoi sert vraiment la monnaie. Seront discutées des alternatives telles que certains projets de microfinance solidaire, de monnaies locales complémentaires, etc.

Enseignant à l’Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement de Genève, Jean-Michel Servet est Directeur de Recherche CNRS à Triangle (CNRS, ENS Lyon et Univ Lyon 2) et à l’IRD à l'Institut Français de Pondicherry. Economiste engagé, il a travaillé sur la finance, la socio-économie, le financement du développement, l’histoire de la pensée économique et financière et sur la question des biens communs. Son ouvrage le plus récent a été publié en 2018 : L'économie comportementale en question (ECLM). Un ouvrage en son honneur a été publié par ses élèves : Pour une socioéconomie engagée. Monnaie, finance et alternatives.

Mercredi 26 février à 20h

 Dr Virgile Perret, Observatoire de la Finance, Genève :

"La Libra, nouvelle crypto monnaie, sonne-t-elle le réveil des Banques Centrales ?"

La monnaie est soumise à une double transformation : le digital et une contestation accrue de sa légitimité sous sa forme traditionnelle. Le lancement récent de la monnaie de Facebook (Libra) annonce en particulier une mutation inédite de l’écosystème monétaire induite par un géant des réseaux sociaux. Ceci relance le débat sur les avantages et les risques des monnaies digitales privées. Cette annonce a suscité des réactions contrastées, l’enthousiasme initial de certains adeptes des « crypto-monnaies » cédant la place à la méfiance des régulateurs (les Banques Centrales). Quelles sont les lignes de rupture et de continuité qu’introduit la Libra dans le débat sur la digitalisation de la monnaie et notamment par rapport aux monnaies digitales privées existantes (par ex. bitcoin) ? Que penser des réactions des Banques Centrales qui tentent de reprendre la main en créant leur propre monnaie digitale?

Docteur en science politique de l'université de Lausanne, et expert en innovation monétaire, Virgile Perret est auteur de l’ouvrage Monnaie et citoyenneté (2015) et d’articles dans la presse économique. Il collabore avec l’Observatoire de la finance à Genève, où il coordonne le Prix global "Ethics &Trust in Finance". Parallèlement, il est aussi Secrétaire général de l’Association pour Renouveler la Recherche et l’Enseignement en Economie et Finance (AREF), basée à l’Université de Fribourg en Suisse.

Mercredi 19 février à 20h

Jacques Ninet, gestionnaire de Fonds d'investissement, et chercheur :

"Les taux d'intérêt négatifs : le trou noir du capitalisme financier"

Mises en place pour sauver le système financier après la crise de 2008 (dite crise des subprimes), les politiques monétaires non conventionnelles (taux négatifs et créations monétaires) perdurent alors même que l’économie globale semble stabilisée et que les bourses flambent. Cette persistance, dix ans après la crise, est à la fois un indicateur de la faiblesse endémique du système monétaire et financier des pays occidentaux qui fausse le jeu normal de l’épargne autant que celui de l’allocation des ressources.

photo de Jacques NinetDiplômé de l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris et de l'Institut Technique de Banque, Jacques Ninet a partagé sa vie professionnelle entre les marchés financiers et l'Université, et a été responsable de financements au Crédit d'Equipement des PME (CEPME), puis dirigé les équipes de gérants de diverses sociétés d'Asset Management (Gestion d'Actifs). Enseignant-chercheur associé dans des masters spécialisés en finance, et participant à groupes de recherche sur la "finance responsable" et le développement durable. Il a publié en 2016 un ouvrage de référence aux Classiques Garnier.

JANVIER 2020

Mercredi 15 janvier à 20h

Dr Marc Bompaire, CNRS :

"L'argent au Moyen-Age au prisme des crises monétaires"

Au Moyen Âge, la place et le statut de l’argent dans la société et dans la vision qu’en ont les élites et les clercs, au-delà du seul discours des moralistes, s’écartent sensiblement de notre propre expérience. L’argent fut d’abord le métal, celui dont sont constituées les monnaies. Sa présence croissante conduit les acteurs politiques, les agents économiques à s’emparer des monnaies pour construire une politique monétaire assumée dont les enjeux, financiers, économiques et sociaux sont de mieux en mieux mesurés. Les crises monétaires de la fin du Moyen Âge (avec l’exemple de la grande dépréciation de 1420) mettent en lumière de façon crue et violente les particularités et les faiblesses de cette économie monétaire médiévale et la place de l’argent dans la société.

Scientifique de l'Institut de recherche sur les Archéomatériaux et directeur d'études à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), Marc Bompaire enseigne la numismatique et l'économie monétaire de l'occident médiéval. Il a notamment travaillé aussi sur l'Atelier monétaire de Montpellier et la circulation monétaire en Languedoc ainsi que sur le métier et les savoirs des "changeurs". Mathématiciens, marchands, métallurgistes : une culture monétaire au Moyen Age ?

Mercredi 8 janvier à 20h

La conférence du Professeur Jorion est annulée pour raisons de santé. Le Professeur Roland Perez, Professeur émérite d'économie à l'université de Montpellier et ancien Président de l'université d'Amiens, et Anne-Yvonne Le Dain, Présidente du Conseil Scientifique de l'Agora des Savoirs présenteront le programme du cycle sur "L'ARGENT" que propose L'Agora des Savoirs pour les conférences de Janvier et Février 2020.

Pr Paul Jorion, Professeur associé de l'Université Catholique de Lille :

"L'Argent, mode d'emploi"

Qu'est-ce que l'argent ? C'est une marchandise de troc générique. Une opinion répandue est que l'argent n'est pas neutre ; il serait même porteur de violence. Cette idée de non-neutralité de l'argent est la feuille de vigne qui cache commodément les rapports de force injustes sous-tendant nos sociétés. Le véritable mécanisme de l'argent sera expliqué.

 Conférence ADS 8 JanvierLe Professeur Paul Jorion est également chroniqueur du quotidien belge L’Écho et des magazines Quinzaines et Trends-Tendances. Il a fait partie de la Commission Attali sur l'économie positive et du Haut comité pour l’avenir du secteur financier belge. Il est diplômé en sociologie et en anthropologie sociale. Il a par ailleurs une formation de psychanalyste. Il a travaillé 12 ans dans le secteur bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il avait préalablement été trader sur le marché des futures dans une banque française. Son ouvrage La crise du capitalisme américain (La Découverte 2007) prédisait une crise financière et économique majeure dont le marché américain du prêt au logement subprime serait l’origine.

Mercredi 22 janvier à 20h

Pr Anastasia Cozarenco, Montpellier Business School :

"La micro-finance et le social-business"

La microfinance : outil de lutte contre la pauvreté ?

Le terme microcrédit est apparu dans les années 1970 avec la création de la Grameen Bank au Bangladesh, par le Professeur Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix 2006, pour désigner un crédit d'un faible montant ciblant les femmes en situation de précarité et désirant créer leur propre activité génératrice de revenus. L'évolution vers la microfinance reconnait l'importance de l'accès à une offre plus large de services financiers (épargne, assurance, etc.) et non-financiers pour les personnes à faible revenu, exclues de circuits bancaires classiques. L'objectif de la présentation est de revenir sur les innovations majeures de la microfinance qui ont permis d'atteindre plus de 200 millions de clients dans le monde, présenter les résultats de son impact, et d'analyser l'évolution du modèle dans les pays développés

Anastasia Cozarenco Anastasia Cozarenco est professeur en économie à Montpellier Business School. Après une thèse soutenue à Aix-Marseille School of Economics en 2014, elle a réalisé un postdoc à l’Université Libre de Bruxelles au Centre Européen de Recherche en Microfinance (CERMi). Sa recherche se concentre actuellement sur la microfinance dans les pays développés et plus particulièrement sur la régulation, les services non-financiers, les subventions et la discrimination sur les marchés de crédit en utilisant des approches théoriques et empiriques. En 2018 elle a créé la Chaire Microfinance dans les Pays Développés en partenariat avec l’Institut de Microfinance Créa-Sol et la Caisse d’Epargne Languedoc Roussillon. Depuis octobre 2019 elle est directrice du Centre Yunus à Montpellier Business School. Ses travaux les plus récents ont été publiés dans les revues Small Business Economics, Journal of Business Ethics, et Economics Letters et dans l’ouvrage A Research Agenda for Financial Inclusion and Microfinance (Edward Elgar Publishing Limited, 2019).

Mercredi 29 janvier à 20h

Dr Ricardo Pérez Marco, Directeur de recherche CNRS à l'Institut de Mathématiques de Jussieu, Paris :

"Les nouvelles formes d'argent décentralisé : le Bitcoin et les cryptomonnaies"

Il y a déjà 11 ans que le Bitcoin est né. Pour la première fois des mathématiciens-cryptographes anonymes, sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, ont réussi à construire un protocole décentralisé de confiance qui est aux fondements du Bitcoin : la première monnaie électronique décentralisée que personne, ni gouvernements ni banques centrales, ne peuvent contrôler. En sus de l'exploit technologique que cela représente, l'apparition du Bitcoin conduit à une réflexion profonde sur la nature de l'argent, et à une révolution monétaire d'une nature nouvelle. Seront présentés et discutés cette nouvelle technologie révolutionnaire, les projets en cours, les perspectives futures, et son impact social.

 Ricardo Pérez-MarcoRicardo Pérez-Marco est Directeur de Recherches en Mathématiques au CNRS à l'Institut de Mathématiques de Jussieu à Paris. Spécialiste des Systèmes Dynamiques, populairement connue comme Théorie du Chaos, il travaille sur de nombreux sujets, allant de la Géométrie à la Théorie des Nombres en passant par la Dynamique Économique. Bitcoineur amateur depuis des années, il s'est intéressé à cette nouvelle technologie depuis ses débuts. Depuis quelques années le Bitcoin et les cryptomonnaies font partie de sa recherche. Avec son collaborateur Cyril Grunspan il a corrigé la partie mathématique de l'article fondateur du Bitcoin de Satoshi Nakamoto, et ils ont analysé mathématiquement les complexes scénarios d'attaque au réseau du Bitcoin. Ils organisent aussi le Séminaire de Cryptofinance de Paris.

CYCLE 1 : SEPTEMBRE - NOVEMBRE - DÉCEMBRE 2019 : LA BIODIVERSITÉ

DÉCEMBRE 2019

Mercredi 11 décembre à 20h

Dr Sébastien Barot, IRD, ingénieur forestier (Institut d'Ecologie et des Sciences de l'Environnement de Paris) :
« L'écologie, les sols, l'agriculture »

L'écologie est la science qui étudie les interactions entre les organismes, et entre les organismes et leur environnement physico-chimique et cherche à comprendre et prédire toutes les conséquences de ces interactions de l'échelle de l'agrégat de sol à la biosphère. Le premier but de la conférence est de donner des clés d'entrée dans cette science et de montrer comment les chercheurs en écologie travaillent. Pour cela, différents exemples seront présentés, tirés de l'écologie des sols et des travaux menés à la station d'écologie de Lamto en Côte d'Ivoire. Il sera aussi question des mécanismes par lesquels les vers de terre influencent la croissance des plantes. Dans un deuxième temps, la conférence abordera les applications de l'écologie et montrera à quel point cette science est cruciale dans le contexte actuel de crise climatique et de la biodiversité. Pour cela, différents exemples seront développés en s'appuyant en particulier sur la nécessaire réforme des pratiques agricoles et du système agricole mondial.

 

 Sebastien BarotSébastien Barot est Ingénieur Forestier (FIF-ENGREF). Il a effectué sa thèse, soutenue en 1999, sur la démographie du palmier Rônier à la station de Lamto en Côte d'Ivoire. Il a ensuite effectué un post-doc à l'IIASA en Autriche sur l'impact évolutif de la pêche sur la stratégie de reproduction de la morue. Depuis 2002 il travaille à l'IRD dans le domaine de l'écologie des sols, des interactions souterrain-aérien et du recyclage des nutriments. Il a ainsi beaucoup travaillé sur les effets des vers de terre sur la croissance et la démographie des plantes. Directeur de Recherche depuis 2011, il a rejoint le laboratoire Bioemco à Paris, puis l’Institut d’Ecologie et des Sciences de l’Environnement en 2014. Dans tous ces travaux il a allié travaux de terrain, expérimentation et modélisation mathématique combinant approches purement écologiques et évolutives. Ses travaux de terrain ont été menés essentiellement en Afrique de l’Ouest et en particulier en Côte d’Ivoire. Enfin, en termes d'application des connaissances fondamentales, il s'intéresse à l'ingénierie écologique et à l'agro-écologie. Il est actuellement Vice-Président de la Société Française d’Ecologie et d’Evolution, vice-président du Conseil Scientifique de la Fondation pour la Recherche sur la biodiversité, et membre du Conseil Scientifique d’AgroParisTech.

Mercredi 4 décembre à 20h

Dr Richard Joffre, CNRS (Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive de Montpellier) :

« Le quinoa, des bobos aux Incas»

Le quinoa, autrefois inconnu en Europe, est devenu depuis quelques années tendance. On le considère comme un aliment sain et équitable. Derrière cette image, se cachent bien des paradoxes. Qui sait que la première région exportatrice de quinoa dans le monde est une petite zone semi-désertique du sud de l’Altiplano bolivien ? Comment le quinoa peut-il y être produite en grande quantité ? Comment cette région marginale s’est-elle insérée dans un circuit mondialisé ? Quelles conséquences ce boom inattendu a-t-il eu sur la société locale ? Données archéologiques et études contemporaines nous permettront de retracer cette histoire exceptionnelle et de questionner son futur.

 richard joffreAprès des études d’agronomie à Montpellier, le Dr Richard Joffre s’est spécialisé en écologie et est rentré au CNRS en 1988. Il effectue ses recherches au sein du Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive de Montpellier qu’il a dirigé de 2014 à 2019. Ses travaux portent sur la compréhension du fonctionnement des écosystèmes terrestres en terme de flux de matière (eau, carbone, nutriments…). Depuis plus de vingt ans, il s’est intéressé à la réponse des écosystèmes forestiers méditerranéens aux changements climatiques. Initialement centrées sur les écosystèmes méditerranéens, ses activités ont été élargies à d’autres écosystèmes qui subissent de très fortes contraintes. En 2007-2008, il a vécu et travaillé en Bolivie sur l’impact du boom du quinoa sur le fonctionnement des écosystèmes et des sociétés andines au sein d’un programme pluridisciplinaire alliant sciences humaines et sciences de l’environnement. Depuis cette date, et en collaboration avec des archéologues et anthropologues, il a élargi son champ de recherche à l’étude des sociétés andines préhispaniques.

Mercredi 18 décembre à 20h

Dr François Bonhomme, CNRS (Institut des Sciences de l'Evolution de Montpellier) :
« Combien de temps faut-il pour faire une espèce ? Une vision génomique...»

"La notion d’espèce est au cœur de la biologie depuis ses origines. Savoir sur quelles bases elles sont définies, de quoi sont-elles constituées, comment se forment-elles et à quelle vitesse, occupe les systématiciens, les taxinomistes, les paléontologues, les écologues, les généticiens et les évolutionnistes depuis des décennies. Ce n’est donc pas une mince affaire, et ce thème transversal est central dans notre compréhension des origines de la biodiversité, de son maintien, de son fonctionnement. Que nous apprend le décryptage des génomes d’un nombre croissant d’espèces sur ces questions ? C’est ce que nous aborderons notamment à travers l’analyse d’exemples où la spéciation n’est pas arrivée à son terme…"

 Conférence ADS 18 DécembreVoir l'image en grandFrançois BONHOMME a effectué l’essentiel de sa carrière à l’Université de Montpellier où il est depuis peu directeur de recherche émérite et dont il a dirigé pendant 15 ans la Station de biologie marine de Sète. Ses nombreuses publications et son rôle de pionnier dans le développement de la génétique moléculaire des populations lui ont valu la médaille d’argent du CNRS. La compréhension des mécanismes génétiques qui sous-tendent la création et le maintien de la biodiversité, notamment sous forme d’espèces distinctes. La question de la spéciation donc est le thème central de ses recherches, qu’il a appliquées en particulier au domaine marin. François Bonhomme est actuellement engagé dans les instances régionales de protection du patrimoine naturel et collabore à la revue Espèces.

NOVEMBRE 2019

Mercredi 13 novembre à 20h

« De la biodiversité au plaisir de boire et manger ... grâce aux tanins »

par le Pr Marc-André Selosse, Professeur au Museum National d'Histoire Naturelle (Président de la Société Française de Botanique) :

 

La biodiversité végétale aux plaisirs de boire et manger... grâce aux tanins !

Les tannins sont des molécules hyper-diverses et vitales pour les plantes, dont la diversité chimique n’a d’égal que celle des fonctions : elles se défendent ainsi contre les agresseurs, car les tannins sont en général toxiques pour les animaux, mais aussi contre des stress variés. Elles construisent leur bois porteur et leur écorce protectrice avec des tannins. Parce certains de ces tannins sont colorés (flavonoïdes et anthocyanes) et parfois odorants, ils servent à communiquer avec les animaux, comme les insectes pollinisateurs. Dans les feuilles vieillissantes, des tannins s’accumulent – on leur doit nos automnes colorés ! Arrivés à terre à la chute des feuilles, ils y décident de la vie microbienne et de la fertilité des sols (vous découvrirez la raison d’être des Landes du Connemara !).

Mais cette « boîte à outil » diversifiée des végétaux ne se contente pas de façonner nos écosystèmes : nous y puisons une diversité culturelle. L’homme prélève parmi les tannins matériaux, colorants, épices, médicaments et en agrémente ses boissons (vin, bière, thé…). Mais pourquoi ajouter des tannins à nos aliments, s’ils sont en général toxiques ? Bonne question… Venez découvrir l’une des plus grandes familles de molécules du vivant : plus abondante et diverse que les protides ou les lipides, et surtout, présente quotidiennement sous vos yeux !

 

Marc-André SELOSSE est professeur du Muséum national d’Histoire naturelle et professeur invité aux universités de Gdansk (Pologne) et Kunming (Chine). Ses recherches portent sur l’écologie et l’évolution des associations à bénéfices mutuels (symbioses). Mycologue et botaniste, il travaille en particulier sur les symbioses mycorhiziennes qui unissent des champignons du sol aux racines des plantes. Il s’intéresse à la diversité spécifique et génétique des champignons impliqués, et à l’évolution de ces symbioses (notamment chez les orchidées). Il enseigne dans diverses formations universitaires et à l’Ecole Normale Supérieure et contribue à diverses formations des enseignants. Président de la Société Botanique de France et membre correspondant de l’Académie d’Agriculture, il est éditeur de quatre revues scientifiques internationales (Symbiosis, The New Phytologist, Ecology Letters et Botany Letters). Il a publié près d’une centaine d’articles de recherche et autant d’articles de vulgarisation, tous librement téléchargeables en ligne sur son site institutionnel (http://isyeb.mnhn.fr/fr/annuaire/marc-andre-selosse-404). Il a publié chez Actes Sud un ouvrage sur la place des microbes dans le monde qui nous entoure, « Jamais seul : ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations » (2017), et un autre sur les tannins qui accompagnent nos vies, « Les goûts et les couleurs du monde. Une histoire naturelle des tannins, de l’écologie à la santé »  (2019).

Mercredi 6 Novembre à 20h

Venez assister à la conférence gratuite, animée par le Professeur Pierrick Labbé (Professeur à l’Université de Montpellier (ISEM - Institut des Sciences de l'Evolution de Montpellier)) qui aura pour thème les « Activités humaines et évolution de la biodiversité : papillons, poissons, moustiques, etc…»

Mercredi 27 novembre 2019 à 20h

"Biodiversité des riz, histoires d'hommes, de gênomes, d'arômes..."

Dr Jean-Christophe Glaszmann, directeur de recherche au Cirad (AGAP - Amélioration Génétique et Adaptation des Plantes méditerranéennes et tropicales) :

Le riz nourrit une part importante de l’humanité. Domestiqué plusieurs fois sur plusieurs continents, il est cultivé depuis une dizaine de milliers d’années en Asie et montre une diversité d’adaptation extraordinaire, amplifiée par sa diffusion dans le monde entier. Sur les tables également, de la texture des riz gluants aux arômes des Basmati ou des Jasmin, le riz émerveille par sa diversité délicate. L’analyse des génomes vient aujourd’hui éclairer l’histoire des riz et leur évolution avec les hommes. A partir de quelques exemples, j’essaierai de partager l’excitation des chercheurs et d’introduire certains de leurs questionnements face à ces opportunités.

Jean Christophe Glaszmann est chercheur au Cirad à Montpellier. Ingénieur Agronome, il a commencé ses recherches à Montpellier au CEFE (alors CEPE) sur la diversité génétique de populations naturelles du dactyle, une graminée très répandue, sur les flancs du Mont Aigoual. Entré à l’IRAT, plus tard intégré au Cirad, il a ensuite fait une thèse sur la diversité génétique du riz, qu’il a poursuivie pendant cinq ans à l’International Rice Research Institute aux Philippines. Ses travaux ont conduit à une révision importante de la classification des riz cultivés utilisée par les sélectionneurs pour orienter la création de nouvelles variétés. Il a ensuite travaillé sur l’analyse des génomes de différentes graminées cousines, comme le maïs, la canne à sucre ou le sorgho, et un peu plus loin le bananier. Après avoir eu la charge de grosses structures au Cirad, il reprend des activités de recherche sur le riz, mais cette fois avec une finesse d’analyse nouvelle qui permet d’étudier l’évolution des populations et des caractères.

Mercredi 20 novembre à 20h

 « L'odyssée des cépages, beaucoup d'appelés ... et peu d'élus »

Pr Jean-Michel Boursiquot, Professeur à Montpellier Sup Agro (IFVV - Institut Français de la Vigne et du Vin) :

L’étude des variétés de vigne constitue une discipline particulière, dénommée « ampélographie » (littéralement, description de la vigne), terme proposé en 1661 par le Dr Sachs (Allemagne). Combinant botanique, agronomie et génétique, ses objectifs sont de décrire, identifier et évaluer les variétés de vigne mais aussi de mieux connaitre leur origine et comprendre leur évolution.  Après avoir précisé sa position dans la systématique, cet exposé sera l’occasion d’aborder l’origine de la vigne, sa domestication, sa diffusion et son développement jusqu’à nos jours au regard des apports récents de la génétique. La diversité exceptionnelle de cette plante sera présentée en relation avec ses deux principaux modes de propagation : la reproduction sexuée (croisements, hybridation) et la multiplication végétative (bouturage, greffage).

Jean-Michel Boursiquot est professeur d'ampélographie à Sup Agro, responsable de l'option d'ingénieur Viticulture - Oenologie et du master Vigne et Vin. Ses recherches se concentrent sur la gestion des ressources génétiques vigne, l'analyse de la diversité et la caractérisation phénotypique et moléculaire de la vigne, l'étude de l’évolution de la vigne et de ses polymorphismes (inter, intra-spécifique et intra-variétal), l'ampélographie, l'identification et la connaissance des variétés. Distingué chevalier, puis officier de l'Ordre du Mérite Agricole, il a également obtenu le mérite de l'Organisation Internationale de la Vigne et du Vin. Il a à son actif 103 publications scientifiques, 14 contributions à des chapitres de livres et 125 communications orales ou conférences dans des congrès ou symposiums. Ses compétences sont connues à travers le monde : il a été président de l'Organisation Internationale de la Vigne et du Vin, expert au Comité Technique Permanent de la Sélection, membre du conseil scientifique à l'Institut Français de la Vigne et du Vin ...

SEPTEMBRE 2019

18 septembre à 20h

Rendez-vous des passionnés de la science et de la connaissance, l’Agora des Savoirs propose une conférence docteur Eric Garnier, Directeur de recherche au Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE) – CNRS dévoilant « Les multiples facettes de la biodiversité ».

Entrée libre dans la mesure des places disponibles

11 septembre à 20h

« L’agro-biodiversité sous les Tropiques est passionnante et nous concerne tous »

Docteur Doyle McKey

L’Agora des Savoirs propose une conférence du docteur Doyle Mc Key, Professeur émérite de l’Université de Montpellier, du CEFE-CNRS, Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive, membre de l’Académie de l’Agriculture,

L'Agora des savoirs est une manifestation créée par la Ville de Montpellier, en novembre 2009.

Elle a pour ambition de favoriser l'échange et le dialogue entre le monde de la recherche et des universités, et le grand public.

Entrée libre dans la mesure des places disponibles


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