Agora des savoirs 2018-2019

Depuis son lancement, l'Agora des Savoirs a proposé 220 conférences et attiré plusieurs dizaines de milliers d’auditeurs au Centre Rabelais. Pour sa dixième saison, l'Agora des Savoirs vous propose trois cycles de conférences de novembre à avril, pour découvrir les dernières avancées des sciences !

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Cycle 3 : Mars - Avril 2019

Mercredi 13 mars

La perception du temps par le cerveau

(thème de la conférence pas de livre spécifique ) dans le cadre de la semaine du cerveau du 11 au 17 mars. 

L'être humain vit dans le temps, subissant sa loi. Il sait que son temps sur terre est limité. Chaque année, des sillons se tracent sur sa peau creusant la route vers son destin : la mort.

Il est le temps ; il vit le temps et en parle sans cesse. Mais qu'est-ce que le temps ? Comme le confesse Saint Augustin (1964, p. 264), « Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus ». Cette difficulté à définir le temps provient des multiples discours que l'on entend sur le temps.

Tout le monde parle du temps, use de ce terme. Mais, sous ce vocable se logent des notions très différentes. Le temps est par exemple l'objet d'étude par excellence transdisciplinaire. Mais, dans chaque discipline, on étudie des temps différents. Les physiciens étudient un temps qui se déroule en dehors de toute conscience de l'être humain, que seule une élite intellectuelle peut appréhender. D'autres étudient un temps interne de quelques millisecondes niché dans chacune de nos cellules ou un temps historique à l'échelle des siècles ou des années. D'autres encore étudient le temps à travers ses instruments de mesure (horloge) ou nos représentations cognitives. Face à la polysémie de ce terme, qui crée la confusion dans notre esprit, le physicien Etienne Klein prône d'université en université « qui a autorité pour parler du temps ? ». Sa réponse est évidemment les physiciens, avec la profonde conviction d'être du bon côté, celui des sciences dures et non des sciences molles comme celle de la psychologie. Mais on ne peut pas contester la légitimité de chacun de parler du temps, dans la mesure où l'on définit clairement ce dont on parle.
Dans cette conférence seront définies les différentes formes de jugements du temps et présentés les récents travaux sur la perception du temps et son élasticité, et notre expérience subjective d'un ralentissement ou d'une accélération du passage du temps.

Sylvie Droit-Volet

Sylvie Droit-Volet est professeure des universités à l'université Clermont Auvergne à Clermont-Ferrand. Elle est membre et directrice adjointe du laboratoire CNRS de psychologie sociale et cognitive (LAPSCO).
Elle a une double formation en ergonomie et en psychologie, mais a centré ses recherches sur les temporalités et le temps psychologique et ses changements au cours des différentes étapes de la vie, chez les enfants comme chez les personnes âgées. Ses thèmes de recherche sur le temps sont très variés, abordant aussi bien les effets des émotions sur nos jugements du temps, que les variations du sentiment du passage du temps avec le vieillissement, ou la perte de conscience du temps dans des modifications de l'image de soi au cours de la méditation. Elle a publié plus de 160 articles ou chapitres de livres sur ce sujet et dirigé plusieurs étudiants en doctorat.

Mercredi 20 mars

L’appartement du futur pour l’occupant du futur … les enjeux sociologiques, économiques et technologiques.

Cette conférence sera animée par :

  • Alain Foucaran, professeur à l’Université de Montpellier, Directeur de l’Institut d’Electronique et des Systèmes (IES) et co-initiateur du projet
  • Anne-Sophie Cases, professeur à l’Université de Montpellier (IAE – Institut des Administration des Entreprises). Elle est responsable des Masters « e-Marketing » et « Management de Projet Web » et membre du laboratoire MRM (Montpellier Research in Management)
  • Malo Depincé, maître de conférences à l’Université de Montpellier et directeur adjoint du laboratoire « Dynamiques du droit ». Spécialiste de droit de la consommation et de la concurrence, il coordonne le projet HUT.

Ensemble, ils vont présenter le projet « HUmans at home projecT – HUT » qui vise à interroger et comprendre les conditions liées au bien-être des habitants dans le logement intelligent du futur :

  • Quels sont nos rapports à l’habitat de demain et comment habiterons-nous demain ?
  • Quelles conditions de vie dans le logement-type à venir : un appartement potentiellement urbain, équipé de nombreux capteurs, actionneurs et système d’analyse ?
  • Qu’est ce qui est possible, souhaitable et acceptable pour contribuer au bien-être dans le logement intelligent du futur ?

HUT pose, de façon pluridisciplinaire, des grandes questions scientifiques liées à l’habitat de demain :

  • Quelles informations connectées partagerons-nous ? Comment et pourquoi ?
  • Comment interagissons-nous avec le logement intelligent ?
  • Comment la technologie peut-elle améliorer nos conditions d’habitation ?
  • Quel cadre législatif futur pour le logement du futur ?

HUT regroupe des scientifiques issus de 12 laboratoires de recherche et 8 entreprises innovantes : chercheurs spécialistes des capteurs, des données, du langage, du mouvement, du commerce… Architectes, juristes, historiens et psychologues sont rassemblés pour comprendre et concevoir l’appartement du futur pour l’occupant du futur autour d’un dispositif expérimental innovant.

Ce projet présente la particularité d’être associée à la création d’une pièce de théâtre « Le CoHUTeur chaHUTé » qui vient d’être labellisée comme évènements marquants au niveau national pour fêter les 80 ans du CNRS.

Mercredi 27 mars

A-t-on un deuxième cerveau dans le ventre avec notre microbiote intestinal ?

Jérôme Larché

Les découvertes scientifiques en biologie, génomique, médecine, faites depuis un siècle ont révélé la complexité de l’univers microbien et leur nécessité symbiotique à la survie de l’homme, comme le prouvent tous les récents travaux sur le microbiote intestinal. Considéré parfois comme un « deuxième cerveau », cet ensemble de micro-organismes est propre à chaque individu mais certaines espèces dominantes sont communes à tous pour assurer les fonctions essentielles de barrière, ainsi que des fonctions métaboliques et immunitaires. Sur le plan thérapeutique, les traitements basés sur le microbiote - incluant aussi bien l’utilisation de bactériophages et de probiotiques – commencent à être évalués pour différentes pathologies. La transplantation fécale pour les infections récidivantes à Clostridium difficile en est un modèle précurseur. L’approfondissement du savoir sur notre relation symbiotique au microbiote intestinal tout comme la précarisation des antibiotiques en tant que « bien commun » impliquent un nouveau paradigme « éco-bactérien », que seules des volontés conjointes - scientifique, médicale, politique et citoyenne – rendront possibles.

Jérôme Larché est médecin interniste et réanimateur médical montpelliérain, très impliqué sur la problématique des infections résistantes aux antibiotiques et sur les solutions à y apporter tant sur le plan professionnel qu’associatif en tant que Président de l’association PHAGESPOIRS.

 


Mercredi 3 avril

L’Afrique ancienne. De l’Acacus au Zimbabwe. 20000 ans avant notre ère – XVIIe siècle

François-Xavier FAUVELLE

Mercredi 10 avril

La manipulation de l'information, faut-il désespérer ?

Mathias GIREL 

Mercredi 17 avril

Encore de la chimie pour nous soigner ? Oui, notamment pour le cerveau ... (Alzheimer)

Bernard Meunier

Le mot chimie est maintenant synonyme de craintes et de frayeurs. Tout sauf la chimie ! Même la chimie thérapeutique est passée de mode, c'est l'époque des médicaments "biologiques". Oui, les anticorps monoclonaux ont permis de faire des progrès dans la lutte de certains maladies (comme le cancer), mais ne peuvent être utilisés dans tous les domaines thérapeutiques.
Depuis plus de 30 ans, les deux tiers des nouveaux médicaments sont des molécules faites par les chimistes. De "vieux médicaments" chimiques utiles sont souvent en rupture de stock dans les pharmacies, car les usines sont maintenant au bout du monde.

La recherche de candidats-médicaments sera exemplifiée dans le cas de la maladie d'Alzheimer.

Bernard Meunier est directeur de recherche émérite au CNRS au Laboratoire de Chimie de Coordination du CNRS à Toulouse. Ses domaines de recherche portent sur la chimie thérapeutique et la chimie bio-inorganique. Il est l'auteur de 397 articles et de 33 brevets.
Il a été Président du CNRS de 2004 à 2006, enseignant à l'École polytechnique de 1993 à 2006 et a été titulaire de la Chaire Innovation Technologique du Collège de France en 2014-2015.
Il est également professeur à l'Université de Technologie du Guangdong (Chine) depuis 2012.
Il est membre de l'Académie des Sciences depuis 1999 et il en a été le Président en 2015 et 2016. Il est également membre de l'Académie Nationale de Pharmacie depuis 2014 et membre étranger de l'Académie des sciences de Pologne depuis 2005.

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Cycle 2 : Janvier-Février 2019

Mercredi 23 janvier  Emmanuelle GRUNDMANN & Pierre-Olivier ANTOINE  Le mystère des géants : de la disparition des dinosaures à nos jours

Mercredi 6 février  Carole FRITZ  L'art de la Préhistoire

Mercredi 13 février Stéphane Guilbert Alimentations durables ! (Bien) se nourrir ici, demain et partout

La question de la durabilité des systèmes alimentaires est un sujet qui est apparu très récemment dans la sphère publique. Notre alimentation se trouve au cœur des défis environnementaux, sociétaux, économiques, culturels, de santé publique et de relations Nord-Sud. Après un rappel de la contribution majoritaire des systèmes alimentaires aux impacts environnementaux, les différentes voies de maitrise de ces impacts sont passées en revue. De l'économie circulaire à la bio-raffinerie en passant par les clusters, les symbioses territoriales ou encore la cuisine note à note, de nombreuses approches seront explorées. Ces paradigmes émergents, qui visent une meilleure durabilité de notre alimentation, ont en commun une approche « bio-mimétique » qui ambitionne de mieux boucler et rationaliser les cycles bio-géo-chimiques.

Mercredi 20 février Frédéric Rousseau Penser le mouvement des Giles Jaunes à partir de l'histoire de la Grande Guerre

Quel formidable silence ! Les historiens en général, ceux de la Grande Guerre en particulier, n'ont-ils donc rien à dire sur le mouvement des gilets jaunes ? Le mois de novembre 2018 a à peine vu la clôture de la longue séquence commémorative du Centenaire de la Grande Guerre qu'un mouvement social et politique largement inédit par ses formes, son ampleur, sa durée, s'est révélé aux yeux des Français sous l'appellation « mouvement des gilets jaunes ». Pour cette Agora, l'hypothèse que je veux mettre à l'épreuve est celle-ci : l'appréhension des conditions sociales de la mise en guerre de la société en 1914 d'une part, et celle des réponses apportées à l'état de guerre par les différentes franges composant la société, d'autre part, permettent de dresser une typologie du monde social en guerre largement transposable dans d'autres séquences sociales et politiques, type « mouvement des gilets jaunes

Cycle 1 : Novembre-Décembre 2018

Mercredi 7 novembre 2018

Notre histoire intellectuelle et politique : 1968-2018

Pierre Rosanvallon

Comment les enthousiasmes de Mai 68 ont-ils cédé le pas au désarroi des années 1980 et 1990 puis au fatalisme qui, depuis les années 2000, barre notre horizon politique et intellectuel ? Pourquoi la gauche s’est-elle enlisée dans un réalisme d’impuissance ou dans des radicalités de posture, au point de laisser le souverainisme républicain et le national-populisme conquérir les esprits ? Pierre Rosanvallon se confronte ici à ces questions d’une double manière. En tant qu’historien des idées et philosophe politique, il s’attache à réinscrire les cinquante dernières années dans l’histoire longue du projet moderne d’émancipation, avec ses réalisations, ses promesses non tenues et ses régressions. Mais c’est également en tant qu’acteur et témoin qu’il aborde la lecture rétrospective de la séquence dont Mai 68 a symbolisé l’amorce. Son itinéraire personnel, les entreprises intellectuelles et politiques qui l’ont jalonné et les personnalités qui l’ont accompagné renvoient plus largement à l’histoire de la deuxième gauche, avec laquelle sa trajectoire s’est pratiquement confondue, et, au-delà, à celle de la gauche en général, dont l’agonie actuelle vient de loin. À travers le retour sincère et lucide sur son cheminement, avec ses idées forces et ses doutes, ses perplexités et ses aveuglements, c’est une histoire politique et intellectuelle du présent que Pierre Rosanvallon retrace, dans des termes qui conduisent à esquisser de nouvelles perspectives à l’idéal d’émancipation.

Pierre Rosanvallon est professeur au Collège de France, où il est titulaire de la chaire d’histoire moderne et contemporaine du politique. Il préside la République des Idées (www.repid.com), atelier intellectuel qui publie ses livres en coédition avec les éditions du Seuil. Il dirige également la collection « Les livres du nouveau monde », au Seuil.

Mercredi 14 novembre 2018

La part sauvage du monde : penser la nature dans l’Anthropocène

Virginie Maris

La nature n’est pas morte ! Indocile et récalcitrante elle peuple notre imagination et nos paysages. Cette altérité participe à notre liberté ! Il n’y aurait plus sur cette Terre que les humains, leurs productions et leurs déchets. Et si rien de vierge ou de sauvage ne demeure qu’il faille préserver, le temps est venu de prendre pour de bon les commandes d’un système-terre produisant des biens et délivrant des services au bénéfice exclusif de l’humanité. À rebours de ces appels à la gestion globale du monde, l’ambition de cette conférence est de réhabiliter l’idée d’une nature sauvage caractérisée par son extériorité, son altérité et son autonomie. Reconnaître l’extériorité de la nature, c’est accepter que nous ne sommes pas les créateurs de ce monde que nous partageons avec l’ensemble des vivants. Reconnaître l’altérité de la nature, c’est admettre l’hétérogénéité radicale qui existe entre les affaires humaines et le monde sauvage. Enfin, reconnaître l’autonomie des entités naturelles, c’est penser la façon dont les vivants non-humains constituent leur monde tout comme nous constituons le nôtre et se donner les moyens de respecter et de valoriser ces mondes multiples. Cette conférence est une invitation à reconsidérer cette nature indocile et récalcitrante qui peuple notre imagination, nos paysages, cette altérité qui finalement participe à notre liberté.

Virginie Maris est philosophe au CNRS et membre du Comité national de la biodiversité. Ses travaux portent sur la biodiversité, le développement durable, l’écoféminisme, les rapports entre économie et environnement. Elle est l’auteure de Philosophie de la biodiversité. Petite éthique pour une nature en péril (Buchet/Chastel, 2010) ainsi que de Nature à vendre. Les limites des services écosystémiques (Quæ, 2014).

Mercredi 21 novembre 2018

Il faut dire que les temps ont changé... : chronique (fiévreuse) d'une mutation qui inquiète

Daniel Cohen

Nous sommes en train de comprendre ce qui s’est passé depuis cinquante ans. L’hystérie du monde du travail, la grande protestation des peuples, l’enfermement des nouvelles générations dans une espèce de présent perpétuel, sont les conséquences de l’effondrement d’une civilisation : celle de la société industrielle. L’une après l’autre, les utopies de gauche et de droite se sont fracassées sur une réalité qu’il est désormais possible de désigner par son nom : la société digitale. Elle nous transforme en une série d’informations qu’un logiciel peut traiter à partir de n’importe quel point du globe. Une immense frayeur traverse la société. Le travail à la chaîne d’hier a-t-il laissé la place à la dictature des algorithmes ? Les réseaux sociaux sont-ils le moyen d’un nouveau formatage des esprits ? Par un formidable retour en arrière, les questions de l’ancien monde sont en train de resurgir au cœur du nouveau. Les temps changent, mais vont-ils dans la bonne direction ? Cette conférence permet de comprendre le désarroi dont le populisme est l’expression. Daniel Cohen y décrypte des événements dont le sens nous échappe parfois, tout en ayant l’ambition de veiller à la défense des valeurs humanistes au nom desquelles le nouveau monde a, aussi, été créé.

Daniel Cohen, Directeur du département d'économie de l’École Normale Supérieure et membre fondateur de l’École d’Économie de Paris, a publié de nombreux livres à succès dont, entre autres, La prospérité du vice et Homo economicus, prophète (égaré) des temps nouveaux. Il a également reçu le Prix du livre d’économie en 2000 et 2012.

Mercredi 28 novembre 2018

L’aventure de la biodiversité : d’Ulysse à Darwin, 3000 ans d’expéditions naturalistes

Hervé Le Guyader

Le concept de biodiversité, aujourd’hui au cœur des préoccupations est le fruit d’une formidable aventure humaine. Depuis l’Antiquité, l’Homme explore « sa » planète. Les animaux ou les végétaux qu’il a rencontrés lors de ses expéditions ne l’ont jamais laissé indifférent. Petit à petit, son regard sur la nature a changé et il a pris conscience de l’importance de répertorier les espèces vivantes, de les étudier, puis, récemment, de les préserver. Hervé Le Guyader nous fait revivre les meilleurs moments de cette saga, depuis l’Antiquité jusqu’à la fin du XIXe siècle, à travers 32 récits d’expéditions et 240 illustrations couleurs originales. Le grand public pourra suivre les captivantes aventures au bout du monde de Marco Polo, Cook, La Pérouse ou encore Darwin, et découvrir de multiples facettes biologiques de la biodiversité actuelle ou passée. Il comprendra ainsi qu’un éléphant nain est à la source du mythe du cyclope ou comment le café est arrivé en Europe, découvrira à quoi ressemblait la gigantesque vache de mer aujourd’hui éteinte ou quelle fut la première description d’une curiosité botanique devenue commune, la banane, ou encore quels étaient les ingrédients du chocolat originel...

Hervé Le Guyader est professeur de biologie évolutive à l'université Pierre-et-Marie-Curie (Paris VI). Il a dirigé le laboratoire Systématique, Adaptation, Évolution (UMR 7138) et l'école doctorale de Diversité du vivant. Il est notamment l’auteur, avec Guillaume Lecointre, de la Classification phylogénétique du vivant (2 tomes, Belin, 4e édition revue et augmentée 2017).

Mercredi 5 décembre 2018

La société du concours, l’empire des classements scolaires

Annabelle Allouch

Que ce soit à Polytechnique ou dans l’émission « Top Chef », le concours s’est imposé comme la principale mesure du mérite individuel. Avec ses méthodes : épreuves, jury, hiérarchie. Et avec ses corollaires : compétition, stress, inégalités en tous genres. De l’ENA à Oxford en passant par le Gao Kao chinois, ce mode de classement ne cesse de favoriser la reproduction sociale. Pourtant, il s’est diffusé à de nouveaux espaces, bien au-delà des grandes écoles. Pour répondre aux critiques qu’on leur adresse depuis un demi-siècle, les institutions d’élite ont reformulé leurs modes de sélection, mais sans toujours en modifier la nature. Ainsi se perpétue la société du concours, avec sa frénésie de sélection et sa mise en concurrence généralisée. Nous en sommes à la fois les produits et les victimes.

Chercheuse associée à Sciences Po, Annabelle Allouch est maîtresse de conférences en sociologie à l’université de Picardie-Jules Verne.

Mercredi 12 décembre 2018

Contrairement à ce qui a été annoncé, la conférence de Monsieur Pascal Picq portera sur son ouvrage « Qui va prendre le pouvoir »
et non pas « L’intelligence artificielle et les chimpanzés du futur. Pour une anthropologie des intelligences », la sortie de ce dernier étant prévue en 2019 aux éditions Odile Jacob.

L’intelligence artificielle et les chimpanzés du futur : pour une anthropologie des intelligences

Pascal Picq 

Dans Qui va prendre le Pouvoir : les grands singes, les hommes politiques ou les robots, Pascal Picq avait donné cet avertissement : si nous ne sommes pas capables de comprendre les intelligences des grands singes, alors nous serons en mauvaise posture avec les intelligences artificielles. Alors, est-ce que l’humanité est en passe d’être dépassée sur ce qui faisait sa supériorité jusque-là sur les animaux et les machines : l’intelligence ? Depuis la disparition des derniers Néandertaliens et celle annoncée des grands singes, l’humanité s’est emmurée dans une arrogance lui laissant croire qu’elle avait l’apanage de toutes les intelligences. Ce qu’on appelle « le réveil de l’IA » ébranle cette certitude fondée sur trop d’ignorance. Pourquoi ne sommes-nous pas capables de comprendre les autres intelligences, animales ou artificielles ? Car il convient d’admettre qu’il n’y a pas une intelligence animale comme il y aurait une intelligence artificielle. Cet essai retrace les fondements des intelligences animales, humaines et artificielles dans une approche évolutionniste. Comment ont-elles émergé ? En quoi diffèrent-elles ? En quoi certaines sont plus performantes pour résoudre tel ou tel problème ? La méconnaissance de l’évolution des intelligences comme de l’invention de l’intelligence artificielle créent incertitudes et inquiétudes. En fait, elles prennent des chemins évolutionnistes inversés. Les machines font plus facilement des choses qui nous semblent compliquées, comme jouer aux échecs ou au jeu de go, qu'elles ne sont capables d’effectuer des actes simples (pour nous), comme marcher et sauter ; c’est le « paradoxe de Moravec ». D’un point de vue évolutionniste, les machines accomplissent plus aisément des tâches ou actions inventées récemment par les hommes que celles apparues au cours de notre évolution.

Pascal Picq est paléoanthropologue. Ses recherches sur l’évolution de l’homme s’intéressent à ses origines comme aux profonds changements anthropologiques en cours. Ses précédents ouvrages parmi lesquels Qui va prendre le pouvoir ? Les grands singes, les hommes politiques ou les robots (2017), Le Retour de Madame Neandertal (2015), De Darwin à Lévi-Strauss (2013) ont été de grands succès.

 


Mercredi 19 décembre 2018

Penser comme un arbre

Jacques Tassin

Depuis quelques années, dans le sillage d’importantes découvertes scientifiques liées à la communication végétale, une tendance de fond nous incite à prendre l’arbre pour modèle, voire à pénétrer les arcanes de sa « vie secrète ». Mais, au-delà des métaphores et des analogies faciles, que peut-on vraiment espérer de ce nouveau rapprochement avec l’arbre ? Une source d’inspiration, un modèle écologique, la clé d’un nouveau bien-être fait d’ouverture et de partage ? Un écologue passionné nous livre ses réponses empreintes de science, de sagesse et d’un infini respect pour l’arbre : « L’arbre semble vouloir s’adresser aux grands primates irrévérencieux que nous sommes devenus. Des primates aujourd’hui perdus au bord du chemin pour avoir sottement oublié qu’ils vivaient sur la planète des arbres. » J. T.

 

Jacques Tassin est chercheur en écologie végétale au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement). Il a publié plusieurs livres sur le lien entre l’homme et les plantes.

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Informations pratiques

Les conférences de l'Agora des Savoirs se déroulent tous les mercredis soirs (hors période de vacances scolaires), de 20h à 22h, du 7 novembre 2018 au 17 avril 2019, au Centre Rabelais.

Les conférences sont gratuites dans la limite des places disponibles.

 

Centre Rabelais

29 boulevard Sarrail, Esplanade Charles-de-Gaulle, Montpellier

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Mairie de Montpellier

1, place Georges Frêche
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