
Du vendredi 18 novembre 2011 au dimanche 12 février 2012
Public : Grand public
Photo : Richard PETER, Vue de la tour de l'hôtel de ville, vers le sud [Blick von Rathausturm nach Süden], Dresde, entre le 17 sept et le 31 déc. 1945. Epreuve Ancienne. Coll. Michael Ruetz
Photographies
Exposition "Apocalypses, la disparition des villes. De Dresde à Detroit (1944-2010)" du 18 novembre 2011 au 12 février 2012 au Pavillon populaire
Après Brassaï en Amérique, 1957, la Ville de Montpellier accueillera au Pavillon Populaire du 18 novembre 2011 au 12 février 2012, l'exposition « Apocalypses, la disparition des villes. De Dresde à Detroit (1944-2010)». Cette exposition sera inaugurée le jeudi 17 novembre 2011 à 19h. C'est Alain SAYAG qui a été choisi par Gilles MORA pour être le commissaire invité de cette 3ème exposition présentée dans le cadre de la programmation 2011 centrée sur la photographie urbaine. Alain SAYAG a été conservateur pour la photographie au Centre Georges Pompidou durant plus de trente ans.
« Nos villes, emblèmes de la modernité, sont des organismes fragiles, elles sont mortelles mais ce sont les hommes plus souvent que la nature qui les ont détruites au cours de l'Histoire. La photographie, depuis sa naissance à enregistré ces tragédies : villes de l'Amérique sécessionniste rasées par les troupes nordistes, monuments de Paris incendiés par les « pétroleuses » de la commune, cathédrale de Reims écrasée par les bombes allemandes en 1916. Mais c'est avec la seconde guerre mondiale et les "progrès" des explosifs que ces destructions atteignent une ampleur inégalée et aboutissent à l'anéantissement total d'innombrables villes d'Europe et d'Asie.
Dresde est totalement détruite les 13 et 14 février 1945 par trois vagues de bombardement. La ville historique jusque-là épargnée est totalement détruite. C'est en septembre 1945 que Richard PETER grimpe au sommet de la tour de l'Hôtel de ville pour réaliser cette vue plongeante sur les ruines de la "Florence de l'Elbe" qui deviendra une des icônes de l'historiographie de la destruction des villes allemandes. En 1949, il publiera un petit livre : « Dresden, eine Kamera klagt am » (« Dresde, une caméra dénonce ») qui est un des fleurons de cette « photographie des décombres » (« Trummer fotografie ») qu'illustrèrent aussi Hermann CLAASEN (« Le chant du brassier, 1949 »), August SANDER (les décombres de « l'atelier du photographe » à Cologne), Herbert LIST (les ruines du palais royal de Munich) ou Friedrich SEIDENSTÜCKER (le Reichstag sous la neige). Le plus extraordinaire est cependant le travail de Karl Hugo SCHMÖLZ, photographe spécialiste de l'architecture il parcourt les ruines de Cologne avec une lourde chambre, multipliant les images au cadre strict qui évoquent à la fois Piranèse et ses lointains successeurs de l'école de Düsseldorf.
Varsovie fut détruite plus méthodiquement, d'abord par les combats provoqués par l'insurrection puis par la volonté de l'occupant nazi d'effacer toute trace de la culture polonaise. Leonard SEMPOLINSKI ne s'attache pas au pittoresque de la vie dans ces champs de ruine mais veut témoigner de la mort d'une capitale.
C'est le 6 août 1945 qu'un bombardier, lâche dans le ciel clair d'Hiroshima la première bombe nucléaire, baptisée « Little Boy ». L'image de la carcasse du Dôme du Centre de promotion de l'industrie au milieu d'un paysage désert nivelé par l'explosion demeure présente, mais c'est le travail systématique de Hiromi TSUCHIDA sur les objets trouvés dans les décombres : bouteilles ou monnaies fondues par la chaleur, lambeaux de chevelures ou de vêtements, qui continuent à irradier l'horreur de ces quelques instants de fin du monde.
Beyrouth incarnait le luxe prospère d'un grand port, épargné par la seconde guerre mondiale. Mais le 13 avril 1975, des militants du parti social nationaliste syrien tentent d'assassiner un dirigeant chrétien lors de la consécration d'une église déclenchant une guérilla urbaine qui dégénèrera, après le massacre des chrétiens de Demour en janvier 1976, en véritable guerre civile. Elle divisera la ville le long de la « ligne verte » en deux durant plus de 17 ans. C'est le constat de ce naufrage que Gabriele BASILICO dresse avec objectivité.

Est-ce l'inquiétude de cette apocalypse toujours menaçante qui fait que tant de photographes contemporains traitent de l'espace urbain comme s'il ne subsistait plus de l'humanité que des monuments vides. C'est devenu presque un genre en soi ; en Chine en témoignent les œuvres de Mu CHEN qui a vidé de tout habitant les tours neuves de Canton. Mais aussi ces délirantes constructions des capitales du golf d'Arabie que les photographies de grand format de Philippe CHANCEL transforment en d'inutiles et dérisoires maquettes. Quant à LUCIE et SIMON ils traquent dans leur dernière série, « Silent World », une minuscule silhouette perdue dans des lieux désespérément vides « univers inquiétant où l'homme a disparu et ou le temps est étrangement suspendu ». C'est le vide urbain qui est devenu, au début du XXI ème siècle, une figure de style iconique pour nombre de jeunes artistes, comme si le trop plein de vie appelait le vide et le silence, dans ce silence lumineux, net et propre d'une aube. Comme si cet espace urbain figé dans son éclatante modernité n'était que la métaphore d'une aube nouvelle du monde. Ne reste que la beauté glacée et sans mesure d'un monde sans hommes. »
Alain SAYAG, Commissaire de l'exposition
Karl Hugo SCHMÖLZ, Façade de l'hôtel de ville, Cologne, 1945, ©Archive Wim Cox
Photographies:
Londres
Lee MILLER
Allemagne
Richard PETER, Ewald GNILKA , August SANDER, CHARGESHEIMER, Hermann CLAASEN, Karl Hugo SCHMÖLZ, Herbert LIST, Friedrich SEIDENSTÜCKER, Erich ANDRES, Herbert HOFFMANN, Fritz ESCHEN, Werner BISCHOF, Ewald GNILKA.
Varsovie
Leonard SEMPOLINSKI, Zofia CHOMETOWSKA, Maria CHRZASZCZOWA.
Hiroshima
Hiromi TSUCHIDA.
Beyrouth
Gabriele BASILICO, Anne-Marie FILAIRE.
Aujourd'hui les villes fantômes
CHARGESHEIMER, Namsik BAIK, Philippe CHANCEL, LUCIE et SIMON, Chen MU, Yves MARCHAND et Romain MEFFRE, Frederic DELANGLE.
Commissariat de l'exposition : Alain SAYAG.
Vernissage le jeudi 17 novembre 2011 à 18h30
Pavillon Populaire
Tous les jours sauf le lundi de 10h à 13h et de 14h à 18h - Entrée libre
Esplanade Charles-De- Gaulle - 34 000 Montpellier
Tél. : 04 67 66 13 46, + d'info sur www.montpellier.fr
Du vendredi 18 novembre 2011 au dimanche 12 février 2012
Du 17 juin au 30 octobre 2011
Inauguration le jeudi 16 juin 2011 à 19h
« En 1957, invité par le magazine Holiday qui lui passe une commande photographique et lui donne, pour cela, carte blanche, Brassaï, pour la première fois, visite l'Amérique. Il n'existe pas plus grande disparité entre son territoire parisien, sur lequel il exerce depuis les années 30 son oeil de photographe, et la civilisation urbaine américaine à laquelle New York le confronte. Cette différence de culture, de mode de vie, excitent Brassaï. Le voici lâché dans la ville américaine, suivant ses instinct de photographe de rue, conscient des contrastes auxquelles son habituel sens du pittoresque européen le confronte, acceptant cette mise à l'épreuve, au fond bien excitante. Mais Brassaï a le génie de l'adaptation. Il prend vite la mesure de cette formidable culture, toute pleine d'énergie et de surprises visuelles. Retrouvant son appêtit pour la prise d'image, il utilise indifférement le noir et blanc, et pour la première fois, la couleur et le petit format.
Et soudain, le New York de Brassaï se met au diapason de son humour surréaliste, de sa sensualité, de son attrait pour l'imprévisible ou l'élégante beauté des nuits ou des jours de la plus grande méropole américaine, au moment où les années 50 rendent les femmes plus belles, les adolescents plus libres, les couleurs plus acidulées.
Quittant New York, Brassaï se rend à la Nouvelle Orléans, dans ce territoire louisainais aux réminescences si françaises. Sa vision y est encore plus sensuelle, et la Nouvelle Orléans de nuit, photographiée par Brassaï, vient faire écho à son Paris des années 30. Le mélange assumé de la couleur et du noir et blanc redouble de façon inattendue son approche d'une ville qu'il perçoit dans sa vitalité et son humidité exotiques. Rarement la cité louisianaise aura donné autant de plaisir à un photographe, conquis par sa chaleureuse et tendre convivialité, sa marginalité aux accents canailles. Aucune de ces images n'a été exploitée par Brassaï de son vivant. Il rêvait pourtant d'en faire un livre. Autant dire que c'est une découverte totale qui est ici faite, avec 50 images en couleurs et 110 tirages d'époque en noir et blanc impubliés, ce qui est exceptionnel pour un tel artiste.
Elles rendent plus compréhensible à la fois l'art photographique de Brassaï , capable de s'adapter aux territoires les plus inattendus, et la beauté fugitive d'une période américaine ouverte aux bonheurs d'une jeunesse épanouie, dans la fraîcheur d'une décennie, celle des « fifties », où tout semblait encore possible. Brassaï en Amérique est autant une exposition -et un livre- inattendus sur l'esthétique d'un immense photographe capable de renouveler entièrement sa vision, que sur un moment de grâce de la civilisation américaine, à l'ineffable parfum de nostalgie.»
Gilles Mora
Directeur artistique, Pavillon Populaire
Pavillon Populaire - Galerie d'art photographique de la Ville de Montpellier
Tous les jours sauf le lundi de 11h à 13h et de 14h à 19h - Entrée libre. Visites guidées gratuites chaque jour à 14h30 et 16h00 (sauf le lundi)
Esplanade Charles De Gaulle - 34 000 Montpellier
Tél. : 04 67 66 13 46 - 04 67 34 88 80
Visites gratuites et accompagnées à la demande / groupes sur rendez-vous
Aires de jeux, champs de tensions : figures de la photographie urbaine en Europe depuis les années 1970Du 25 février au 24 avril 2011 au Pavillon populaire
Inauguration le jeudi 24 février 2011 à 18h
Photographies : Bogdan Dziworski, Seiichi Furuya, Jitka Hanzlová , Helmut Kandl, Chris Killip, Boris Mikhailov, David Rosenfeld, Michael Schmidt, Wolfgang Tillmans, Octavian Trautmansdorff, Sergej Vutuc
Vidéos : Muntean-Rosenblum, Christoph Rütiman
Commissariat : Monika Faber
La Ville de Montpellier accueillera au Pavillon Populaire du 25 février au 24 avril 2011, l’exposition « Aires de jeux, champs de tensions : figures de la photographie urbaine en Europe depuis 1970 ».
C’est Monika Faber qui a été choisie par Gilles Mora pour être la commissaire invitée de cette 1ère exposition présentée dans le cadre de la programmation 2011 centrée sur la photographie urbaine. Monika Faber, est conservatrice en chef de la collection photographique du musée de l’Albertina, à Vienne (Autriche). Enregistrer les sensations corporelles au travail dans les espaces urbains : voici le lien unissant les 14 artistes photographes ou vidéastes présentés dans cette exposition collective.
Ce sont des états très contrastés mais coexistants qu’enregistrent les photographes et les vidéastes européens actifs sur la scène urbaine à partir des années 1970 : rapprochements ou mises à distance des espaces, accélérations ou immobilité déprimante, crépuscules plombés ou lumières estivales.
Bogdan Dziworski s’attache aux jeux des enfants dans les rues désolées et glacées de la Pologne, pendant la guerre froide. Son sens de la lumière contraste avec celle des images de Michaël Schmidt, centrées autour de la jeunesse contemporaine des faubourgs de Berlin, dont les visages portent les marques d’une profonde détresse.
Wolfgang Tillmans, lui, opère dans le métro londonien surpeuplé, rendant ambivalentes les images des corps qui paraissent si rapprochés qu’il nous semble pouvoir les toucher, malgré toute absence de lien personnel entre eux et nous.
Le russe Boris Mikhailov se veut provocant, avec des images de rues rendues encore plus dérangeantes à cause de la brutalité des changements politiques qu’elles enregistrent, autant que par le format panoramique utilisé.
Et, au coeur des rues berlinoises de l’est, Seiichi Furuya se mêle à des hommes et des femmes pour qui les slogans politiques avaient, depuis des lustres, perdu tout sens véritable.
Les chômeurs anglais photographiés par Chris Killip, eux, affichent leur révolte sans amertume, avec ironie. Le vidéaste / photographe Helmut Kandl, à travers toute l’Europe, témoigne d’une jeunesse livrée aux hasards des petits travaux de rue destinés à assurer leur survie, de Baku à Lisbonne, de Budapest à Montpellier. Que ce soit David Rosenfeld jouant avec ses passantes équivoques, qu’ils se nomment Octavian Trautmansdorff, Sergej Vutuc ou Muntean-Rosenblum, tous ces artistes en exploration de la ville parlent de gestes et de lumières, de lucidité transparente derrière des visages souvent figés, de vitesse ingérable, de tranquillité porteuse d’espoir. C’est bien de cela, parmi bien d’autres choses, que témoignent les artistes réunis dans cette exposition débordante d’énergie.
L'exposition bipartite « Les Suds profonds de l'Amérique », proposée au Pavillon Populaire de Montpellier fin 2010 et conçue par Gilles Mora, a connu un extraordinaire succès public. Elle a notamment présentée la première rétrospective française consacrée à l'immense photographe américain Ralph Eugene Meatyard, confrontée aux oeuvres délicatement anachroniques et surréalistes du Louisianais Clarence John Laughlin ainsi qu'aux travaux documentaires du contemporain Alex Harris sur La Nouvelle-Orléans. Après cette exposition largement saluée par la critique, la Ville de Montpellier est fière d'accueillir ce nouveau projet inédit de Monika Faber, éminente commissaire autrichienne : « Aires de jeux, champs de tensions. Figures de la photographie urbaine en Europe depuis les années 1970. »
Montpellier porte à la photographie une attention et un effort soutenus depuis plus de trente ans. Il s'agit d'un art majeur, que nous avons choisi d'explorer dans toute sa richesse en lui consacrant une place centrale dans notre politique culturelle.
Peu de villes françaises peuvent s'enorgueillir d'un tissu aussi important de photographes, de pratiques amateurs et d'initiatives publiques comme privées, dans cette discipline à la fois pointue et très populaire. Les projets locaux ont toujours été accompagnés par la Ville, qui encourage également l'activité de tout un réseau de galeries et de clubs. Les plus grands noms de la photographie ont été exposés par la municipalité et la collection, ainsi constituée au fil du temps, fait aujourd'hui partie de notre patrimoine artistique, témoignage précieux de l'histoire de la photographie contemporaine.
A Montpellier, la photographie a aussi son écrin. Depuis 2007, la Ville dédie au 8ème art le Pavillon Populaire, galerie d'art photographique située en plein coeur de ville, sur l'Esplanade Charles De Gaulle. Réaménagé, aéré, modernisé, cet espace de 600 m2 figure aujourd'hui parmi les lieux photographiques les plus importants d'Europe.
Dans une nouvelle dynamique, la programmation du Pavillon Populaire s'articule désormais autour de deux axes forts : le choix de thématiques annuelles explorées à l'occasion de « cartes blanches » par des commissaires indépendants et l'accueil d'expositions d'artistes internationaux. Forte de cette exigence, la Ville de Montpellier a confié la direction artistique du lieu à Gilles Mora, personnalité majeure de la photographie en France. L'année 2011 sera ainsi consacrée à l'urbanité, aux images de la ville et de ses errements, tandis que 2012 sera placée sous le signe du règne végétal.
En faisant preuve d'ambition en faveur de la photographie, la Ville de Montpellier s'inscrit dans une politique de soutien sans cesse renouvelée aux arts visuels, consciente que, dans une civilisation de l'image, il est nécessaire de permettre à chacun de nos concitoyens de saisir la puissante invitation au regard portée par l'esthétique photographique.
Hélène MANDROUX, Maire de la Ville de Montpellier,
1ère Vice-présidente de la Communauté d'Agglomération de Montpellier
Michaël DELAFOSSE, Adjoint au Maire, délégué à la culture
Du 21 octobre au 30 janvier prochain, la Ville de Montpellier accueillera au Pavillon populaire une exposition photographique bipartite Les Suds profonds de l'Amérique conçue par Gilles Mora, dans le cadre de l'année des Etats-Unis à Montpellier, qui célèbre le 55ème anniversaire du jumelage de la ville avec Louisville, Kentuky, Etats Unis.
Cette exposition sera inaugurée le mercredi 20 octobre à 18h. Une visite de presse est également organisée le 21 octobre à partir de 13h30.
Cette exposition est la première rétrospective française consacrée à Ralph Eugene Meatyard (1925-1972), visionnaire de génie dont l'œuvre influença en profondeur la photographie américaine des années 1960 et 1970. Egalement présentées pour la première fois en France, les œuvres surréalistes de Clarence John Laughlin (1905-1985), où l'image fantomatique de la femme se dévoile sur les ruines d'un monde en disparition, celui des plantations et des cimetières de La Nouvelle-Orléans dans les années 1940 et 1950. Second volet de cette exploration des « deep souths », ces œuvres de C.J. Laughlin seront mises en regard avec celles du photographe contemporain Alex Harris, pour une approche de l'insaisissable ville louisianaise, réunie sous le titre évocateur New Orleans : ruine, mythe, chaos. Le travail documentaire en couleur d'Alex Harris, réalisé en mars 2006, sublime quant à lui les traces du bouleversement laissé par l'ouragan Katerina en août 2005 sur les côtes louisianaises et dans les quartiers dévastés de La Nouvelle-Orléans.
En choisissant d'explorer dans toute sa richesse cet art majeur qu'est la photographie et en lui consacrant une place centrale dans sa politique culturelle, la Ville de Montpellier fait preuve d'ambition et s'inscrit dans un soutien sans cesse renouvelé aux arts visuels, consciente que, dans une civilisation de l'image, il est nécessaire de permettre à chacun de saisir la puissante invitation au regard que représente l'esthétique photographique.
Pavillon Populaire - Galerie d'art photographique de la Ville de Montpellier
Tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h - Entrée libre
Esplanade Charles De Gaulle - 34 000 Montpellier
Tél. : 04 67 66 13 46
Visites gratuites et accompagnées à la demande / groupes sur rendez-vous

"Il faut s'imaginer Lexington, cette petite ville du Kentucky, au cœur des années 1950. Nonchalance du Sud, engourdissement semi-rural, quiétude morale, absence de traits physiques ou culturels saillants. Rien qui, a priori, puisse favoriser l'épanouissement, en ce lieu, d'une carrière photographique. Sinon, justement, l'obligation d'aller chercher au plus profond de son imagination et de ses aspirations intellectuelles les raisons de créer. Et, si l'on pratique en même temps le métier d'opticien, la curiosité portée à la résolution de problèmes optiques. Tel est bien la situation en laquelle se trouve Ralph Eugene Meatyard (1925-1972), en ces années-là, occupant ce métier-là, dans cette ville-là. Rien qui le prédestinât à tenir l'une des plus enviables places dans le panthéon de la photographie américaine : celle d'un visionnaire, inclassable, secret, à l'influence souterraine mais déterminante auprès de ceux pour qui la photographie demeure encore une expérience totale, visuelle autant qu'intellectuelle. En lui, la contemporaine Cindy Shermann reconnaîtra ???le seul photographe qui ait eu un rôle majeur dans mes racines artistiques".

On cherchera en vain, dans l'œuvre de Meatyard, ce qui relève de l'inutile. Lorsqu'il disparaît prématurément à l'âge de 47 ans, il a exploré deux ou trois des domaines photographiques les plus difficiles : celui de la sensation et de la métaphysique (inspiré par l'esthétique zen), de l'enfance (avec les membres de sa propre famille), et de la mise en scène, comme son prédécesseur, le Louisianais Laughlin.
La dernière partie de l'œuvre de Meatyard voit croître la prolifération des masques, particulièrement à travers l'invraisemblable fiction la plus saisissante de l'histoire de la photographie, la série de 64 images intitulée L'album de Famille de Lucybelle Crater. Meatyard et sa femme, tous les deux masqués, échangeant parfois leurs vêtements, y campent en une saga grotesque, un roman familial aux significations étranges et ambigües.
Cette exposition constitue la première rétrospective française consacrée à un photographe majeur et mal connu, dont l'œuvre n'aura au fond d'autre vérité que d'exorciser, comme en chacun d'entre nous, la terreur infantile et quotidienne des masques, lorsqu'il nous advient de percevoir le tragique moment où la Mort saisit le Vif."
Gilles Mora
A l'occasion de cette rétrospective la Ville de Montpellier a acquis 15 œuvres au Fonds Ralph Eugene Meatyard, issues de la série The Family Album of Lucybelle Crater (1969-1972) qui comporte au total 64 images. Cette série est d'une importance historique majeure : elle a servi de référence à des artistes comme Cindy Sherman. Le livre publié en 1974, après la mort de Meatyard, constitue l'un des plus influents ouvrages de l'histoire de la photographie américaine moderne.
Clarence John LAUGHLIN : L'œil qui ne dort jamais
Alex HARRIS : Pèlerinage vers Katrina

"L'imaginaire d'une ville relève souvent de constantes : traits physiques ou culturels, qualités et défauts récurrents, mythologies d'un passé sédimentées autour de quelques stéréotypes tenaces. Telle a pu apparaître à travers livres, films ou désirs qu'elle éveille, la Nouvelle-Orléans. Elégamment ruiniforme, objectivement chaotique, délicieusement décadente, fiévreusement sensuelle... A l'égal de la Louisiane, dont elle est l'emblématique capitale.
Prenez la photographie, libérez son champ d'action le plus efficace, celui de l'enregistrement des traces en voie d'effacement, dont la nostalgie ne cesse d'infuser les rêveries du présent : c'est bien ainsi que fonctionne l'artiste louisianais Clarence John Laughlin (1905 -1985). Entre le milieu des années 1930 et le début des années 60, le voici théâtralisant de toutes les façons, mettant en scène avec les plus étonnants protocoles, son inaltérable regret d'un monde écroulé, celui d'un Sud rayonnant, cultivé, porteur de valeurs dont Laughlin ne cesse d'enregistrer l'inéluctable effondrement dans les temps modernes. Nourri de l'esthétique baudelairienne, cet « explorateur des ruines », selon la belle formule de John Lawrence, constate, un peu comme dans la fameuse « Maison Usher » d'Edgar Poe, la destruction lente d'une ville à l'admirable passé, et qu'il hante, dans tous les sens du terme, pour tenter d'en conjurer par ses images la déliquescence architecturale et culturelle. Dans l'imagerie hallucinée des femmes qu'il met en scène, apparitions voilées ou dénudées au sein de décombres funèbres, ne faut-il pas voir les figures d'une rédemption possible ou bien, au contraire, celle d'un deuil définitif ? Ville-femme, la Nouvelle Orléans photographiée par Laughlin, cet » oeil qui ne dort jamais », selon ses propres mots, est en état de catastrophe permanente, le seul qui puisse, au fond, inspirer l'attitude surréaliste à laquelle, par toutes ses images et ses aspirations, Clarence John Laughlin appartient de haute main.



Catastrophe culturelle ? Mais la Nouvelle-Orléans vient récemment d'en subir une aussi grave, immédiatement désastreuse, celle de l'ouragan Katrina qui, le 29 août 2005, la ravage cruellement. Autre champ de ruines et de désolation dont la ville, 5 ans plus tard, peine à se remettre. Il ne s'agit plus, dans ce cas, d'un effondrement symbolique, d'un chaos de valeurs menacées. La disparition physique d'une partie de la Nouvelle-Orléans devait solliciter, dans l'urgence, l'enregistrement documentaire, ce qui fut largement réalisé. Alex Harris présente ici, et pour la première fois, une série de tryptiques en couleurs, réalisée volontairement 6 mois après le passage du cyclone, alors que le recul permet de mieux ajuster la portée matérielle des dégâts, et leur évaluation symbolique, en pleine résurrection printanière si propre à cette partie subtropicale du Golfe du Mexique. La démarche d'Harris est un contrepoint factuel, dans le plus pur style documentaire contemporain, au lyrisme exacerbé de Laughlin. Et pourtant, ce sont les mêmes motifs de la disparition qui, chez Laughlin ou Harris, font signe à notre mémoire comme si, appelés à disparaître, du fond d'une ville toujours prête à renaître de ses ruines, ils sollicitent l'attention des survivants que nous sommes, en un pèlerinage ambigu, entre espoir et mélancolie."
Gilles Mora
Gilles Mora a longtemps vécu en Louisiane, dans les années 1970. Spécialiste de la photographie américaine, il est l'auteur ou le co-auteur des monographies de Walker Evans, d'Edward Weston, d'Eugene W. Smith, de Charles Sheeler et de travaux sur la Farm Security Administration, toutes publiées aux Editions du Seuil. Directeur artistique des Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles entre 1999 et 2001, il a publié en 2007 une Histoire de la Photographie américaine, 1958-1981 (Prix Nadar 2007). La Ville de Montpellier vient de lui confier l'orientation artistique du Pavillon Populaire, espace d'art photographique, pour une période de deux ans et sur un principe d'invitation d'artistes et de commissaires internationaux.

Les Suds profonds de l'Amérique : Alex Harris, Clarence John Laughlin, Ralph Eugene Meatyard
Auteur : Gilles Mora, Editions Democratic books
144 pages, Prix 24,95 € en librairie
Signature le 23 octobre de 15h30 à 17h30
Gilles Mora dédicacera le catalogue de l'exposition lors d'une signature organisée par la librairie Sauramps Centre ville le samedi 23 octobre de 15h30 à 17h30
Samedi 23 octobre à 19h
Après le passage de Katrina sur la Nouvelle-Orléans : photographie, photographes, images.
John H. Lawrence, Directeur du musée Historic New Orleans Collection, présentera, aux côtés de Gilles Mora, le commissaire de l'exposition Les Suds profonds de l'Amérique, un choix de photographes louisianais ayant effectué un travail documentaire sur les dégâts du cyclone Katrina.
Auditorium du Musée Fabre - Entrée Libre
Jeudi 6 janvier 2011 à 19h
Après le cyclone Katrina : ce qu'en dit l'appareil photographique.
Le photographe Alex Harris (l'un des trois artistes présenté dans l'exposition Les Suds profonds de l'Amérique), également directeur du Center for Documentary Photography de Durham (Caroline du Nord, USA), évoquera son travail documentaire, vécu sous forme de « pèlerinage » quelques mois après le passage de l'ouragan dévastateur, aux côtés de Gilles Mora, commissaire de l'exposition.
Maison des Relations Internationales de la Ville de Montpellier- Entrée Libre
Exposition "Apocalypses, la disparition des villes. De Dresde à Detroit (1944-2010)"
Du vendredi 18 novembre 2011 au dimanche 12 février 2012
Photo : Richard PETER, Vue de la tour de l'hôtel de ville, vers le sud [Blick von Rathausturm nach Süden], Dresde, entre le 17 sept et le 31 déc. 1945. Epreuve Ancienne. Coll. Michael Ruetz
Photographies
Exposition "Apocalypses, la dis...
Ouvert du mardi au dimanche inclus, de 11h00 à 13h00 et de 14h00 à 19h00 durant les expositions
Entrée libre
Visites guidées gratuites chaque jour à 14h30 et 16h00 (sauf le lundi)
Possibilité de visites de groupe sur demande
Tramway : ligne 1, station Comédie
Mairie de Montpellier
1, place Georges Frêche 34267 Montpellier Cedex 2
