Fonds Marcel et Edouard Gallix, 37S

Offert aux archives municipales de Montpellier par les descendants des architectes Marcel et Edouard Gallix, ce fonds éclaire l'histoire urbaine de Montpellier au XXe siècle. Et représente pas moins de six mètres linéaires de documents se rapportant à de nombreuses réalisations architecturales montpelliéraines dont la plus importante est la ZUP la Paillade, quartier emblématique de Montpellier.

La donation Marcel et Edouard GALLIX

Philippe SAUREL, Maire de la Ville de Montpellier, Président de Montpellier Méditerranée Métropole, Isabelle MARSALA, Adjointe au Maire, déléguée à la Culture et Nicole LIZA, Conseillère municipale déléguée aux archives municipales ont reçu un don d'archives des descendants de Marcel et Edouard GALLIX, figures de l'architecture Montpelliéraine. Offert par Rémy, Vincent et Jean-Christophe, enfants d'Edouard GALLIX, ce fonds représente pas moins de six mètres linéaires de documents se rapportant à de nombreuses réalisations montpelliéraines dont la plus importante est la ZUP la Paillade, quartier emblématique de Montpellier. Avec plus de 79 articles et plus de 200 plans, le fonds comprend aussi des documents concernant la création de l'école d'architecture de Montpellier, les travaux d'aménagement de cliniques (Aiguelongue et Saint Côme à Montpellier, du Parc à Castelnau le Lez, du centre anti-cancéreux), avec comme pièce principale des documents concernant l'aménagement de la ZUP La Paillade. Lancée en 1962 par concours et remporté par Edouard Gallix, la ZUP La Paillade sort de terre cinq ans plus tard et permet d'accueillir la population rapatriée d'Algérie. Il était donc important de faire entrer ces documents dans le patrimoine de la Ville de Montpellier.

Marcel Gallix, (1880-1972), architecte (série 37S)

Voir l'image en grand Marcel Gallix (1880-1972) architecteMarcel GALLIX

Né le 29 juin 1880 à Tournon-sur-Rhône, en Ardèche, décédé le 8 janvier 1972 à Montpellier. Après sa scolarité à Tournon, Marcel Gallix entre à l’école des Beaux-Arts de Lyon, et continue sa formation à Paris auprès de Charles Girault, architecte DPLG et membre de l’Institut.
Il revient dans le Vivarais pour ouvrir un cabinet d’architecte à Tournon (1905-1914). En 1906, il est nommé architecte départemental et membre du conseil des bâtiments civils de l’Ardèche. Parcourant professionnellement le département, il relève à titre personnel, dans un carnet de croquis, la variété des paysages, des habitats et des us et coutumes des zones rurales traversées. En Ardèche, on lui doit notamment le lycée national de garçons et le lycée de jeunes filles de Tournon, l’hôpital de Lamastre, l’orphelinat Costet à Sarras, la gendarmerie de Serrières et l’église de Cros-de-Géorand. Mobilisé et incorporé dans le 7e régiment du Génie, il rejoint Privas le 2 août 1914. Après un séjour d’entraînement à Briançon (Hautes-Alpes), il arrive en Argonne en décembre 1914. Il fait dans ce secteur l’expérience des tranchées de première ligne. Il est blessé en mai 1915 à Béthincourt (Meuse). Après de longs mois d’épreuves sur le front et notamment à Verdun, il embarque sur le Britannia pour le front d’Orient en janvier 1917. Promu lieutenant, il est rapatrié en décembre 1917 pour cause de paludisme. Il est alors affecté aux travaux de l’école d’aviation d’Istres jusqu’à sa démobilisation en février 1919. De la guerre, et surtout de la campagne d’Orient, il rapportera une collection de carnets illustrés de nombreux croquis et dessins aquarellés (sa fille Cécile et son petit-fils en ont fait don aux Archives départementales de l’Ardèche). Le paludisme ne lui permettra de reprendre une activité professionnelle qu’en 1921.

Voir l'image en grand Archives municipales de Montpellier, dessin, 37S 4 Projet monument aux morts pour la Ville de Montpellier, Marcel Gallix, 1921Après la Grande Guerre, il s’installe à Montpellier, ville d’origine de son épouse, Marie-Louise Luthard. Il y réalise notamment entre 1919 et 1924 les villas Amat (avenue Lepic) et Kauffmann (73bis avenue de Lodève), les maisons ouvrières pour la société de secours aux blessés « Les Femmes de France » (avenue de l’Hôpital suburbain). Il habite au 89 avenue de Lodève, Villa Amélie, où se trouve également son cabinet d’Architecture. Il conserve pour l’été une maison de campagne à Boucieu-le-Roi, dans le Tournonais. Il s’investit dans la vie des associations professionnelles : secrétaire général du Syndicat des Architectes de l’Hérault (1927-1940), Président de l’Office des Bâtiments de l’Hérault (1937-1940), Président du Conseil Régional de l’Ordre des Architectes (1945-1950). Architecte agréé par le Ministère de la Reconstruction, il participe activement à la reconstruction dans la région de Montpellier après la Seconde Guerre mondiale. De 1927 à 1942, il est également expert auprès des Tribunaux et professeur d’architecture et de dessin industriel à l’Ecole Régionale des Beaux-Arts. Il participe à la collecte de renseignements sur les fortifications allemandes de la côte en utilisant ses talents d’architecte pour le dessin et son matériel de reproduction héliographique (ca. 1943). Membre du Comité de Libération de Montpellier, il adjoint au Maire Emile Martin de septembre 1944 à mai 1945. Il prend sa retraite le 1er janvier 1959. Son fils Edouard prend sa succession.

Réalisations architecturales de Marcel Gallix (série 37S)

Edouard Gallix (1923-2004), architecte

Edouard Gallix (1923-2004), architecte

A 17 ans, Edouard Gallix se destine à des études d’architecture, mais la guerre modifie son projet de rejoindre l’école des Beaux-Arts de Marseille. Dès novembre 1940, il s’engage dans la Résistance à Montpellier, au sein du Groupe Liberté. Il s’inscrit alors à la Faculté des Sciences afin de couvrir ses activités de résistant. Il obtient « malgré tout » sa licence de mathématiques générales, physique générale, mécanique rationnelle, calcul différentiel et intégral en mars 1944.

Voir l'image en grand Carte de résistant d'E. Gallix. AMM, 37S75

Parti enfin faire ses études à l’Ecole Régionale des Beaux-Arts de Marseille, il obtient le prix de la Chambre de Commerce et le prix du Ministre de l'Education Nationale (1943-1944). Il est successivement membre des

ateliers d’architecture montpelliérains Poulain (1943-1944) et Badani (1946-1949) et de l’atelier parisien de Pierre Vivien, architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux (1949-1952).
En 1945, il épouse Denise Balmayer, sa condisciple à l’école des Beaux-Arts de Marseille. Trois fils naissent de leur union : Rémy, Vincent et Jean-Christophe. Il obtient son diplôme d’architecte DPLG le 12 novembre 1952 avec mention Bien en présentant un projet de foyer pour étudiants, programme qui se concrétise l’année suivante par une commande du Gouvernement royal du Laos pour les étudiants laotiens de Montpellier. Il s’inscrit en décembre à l’Ordre des Architectes et commence une collaboration fructueuse avec son père.
Il est Professeur de mathématique générale à l’Ecole des Beaux-Arts de Montpellier (Ecole régionale des Beaux-Arts, palmarès de l’année scolaire 1951-1952), puis chargé de cours à l’Ecole régionale où (ca.1963).
En 1953, il est nommé architecte de l’Office public d’HLM de Montpellier, architecte de l’Hôpital-Hospice de Pézenas, architecte du Gouvernement royal du Laos, architecte du Centre Hospitalier Régional de Montpellier. Puis en 1958, architecte du Bureau d’Aide Sociale de Montpellier, et il agréé par le Ministère de la reconstruction pour mener la reconstruction des bâtiments publics de catégorie A du département de l’Hérault et par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale. A partir de 1969, il l’est aussi pour les équipements sanitaires et sociaux d’un montant supérieur à 5 millions de francs.

Construction de la ZUP Paillade (1962-1964), série 37S

En 1962, il remporte le concours lancé par la Ville de Montpellier pour l’aménagement de la ZUP La Paillade (9500 logements). Il crée l’AMAU (Atelier Méditerranéen d’Architecture et d’Urbanisme) dont il devient l’architecte en chef. Il déploie ici ses talents d’urbaniste en construisant une ville nouvelle entourée de campagne. L’objectif est de créer un cadre de vie harmonieux avec de larges espaces, des équipements, de faire vivre ensemble les familles de toutes origines, de protéger les habitants des fléaux actuels (bruit, circulation automobiles) tout en assurant la cohérence du nouveau quartier avec le reste de l’agglomération montpelliéraine. C’est incontestablement l’œuvre de sa vie.

Portfolio d'Edouard Gallix pour le concours de la ZAP Paillade (1962-1964)

Autres réalisations architecturales d'Edouard Gallix

Outre la ZUP de la Paillade, il effectue les travaux d’aménagement de cliniques (Aiguelongue et Saint-Côme à Montpellier, du Parc à Castelnau-le-Lez) et crée le sanatorium Bon Accueil (Montpellier). L’autre programme qui marquera sa carrière est celui de la nouvelle école d’architecture de Montpellier : l’UPAM (Unité Pédagogique d’Architecture de Montpellier) en 1972. Il prend sa retraite en 1988. Pour son engagement dans la Résistance, il reçoit les médailles du Combattant volontaire de la Résistance, la Médaille militaire et la Croix de guerre.

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