Agora des savoirs 2017-2018

L’Agora des savoirs lance début octobre sa 9e saison et fait sa révolution : ce ne sont pas moins de quatre programmations qui vont se succéder, d’octobre à mai, et que vous aurez le plaisir de découvrir tous les deux mois !

Un article présent dans la rubrique :

Cycle 1 : l'Homme et la nature

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9e saison : en octobre et novembre,
« l’homme et la nature »

Rendez-vous incontournable des amoureux des sciences et de la connaissance, l’Agora des savoirs lance début octobre sa 9e saison et fait sa révolution : ce ne sont pas moins de quatre programmations qui vont se succéder, d’octobre à mai, et que vous aurez le plaisir de découvrir tous les deux mois !

Pour cela, plus de thème unique mais une succession de questions autour desquelles viendront discuter les auteurs des meilleurs essais de sciences humaines et de culture scientifique récemment parus.

Pour ouvrir cette saison, en octobre et novembre, « l’homme et la nature », une question inépuisable qui en recouvre bien d’autres : les relations que l’homme entretient avec son milieu bien sûr, l’histoire de l’écologie comme sensibilité et système de pensée et ses difficiles traductions politiques, la frontière de plus en plus mince qui sépare l’homme de l’animal, les risques que l’activité humaine fait peser chaque jour de façon plus urgente et dramatique sur le climat…

Mercredi 4 octobre - Conférence inaugurale

À la recherche du sauvage idéal

François-Xavier Fauvelle

François-Xavier Fauvelle nous entraîne au bout de l'Afrique sur les traces d'un peuple oublié, ce peuple dont est issue la tristement célèbre « Vénus hottentote ». Au temps des Grandes Découvertes, son étrangeté radicale effraie ou émerveille. Voici donc le pire ou le meilleur des sauvages, en tout cas le plus exemplaire : il est ce que nous – Européens, modernes, conquérants – ne pouvons plus être.
Inadaptés au monde qui se construit à leurs dépens, ces femmes et ces hommes deviennent la caricature d'un peuple meurtri, bientôt retranché de la terre et de l'histoire. Bien avant leur disparition, les voici, en 1670, entourés de vaches et d'esprits, dans le campement où un chirurgien allemand, notre meilleur informateur, les a rencontrés. Ils ont un nom : les Khoekhoe.

« Je ne sais pas s'il faut haïr les voyages et les explorateurs. Ils vous convient, quelquefois malgré eux, à un outre-passement auquel il faut consentir. Au bout de la piste, si vous y avez consenti, si nous y avons mis assez de désir et de ténacité, peut-être serons-nous tous, le narrateur à coup sûr, la lectrice, le
lecteur peut-être, devenus sauvages. »


François-Xavier Fauvelle est historien de l'Afrique à l'université de Toulouse. Il est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages et d'une centaine d'articles scientifiques. Il a notamment publié Histoire de l'Afrique du Sud (Seuil, 2006) et Le Rhinocéros d'or. Histoires du Moyen Âge africain (Alma, 2013, Grand Prix des Rendez-vous de l'histoire de Blois).

Mercredi 11 octobre

Les Français et la nature Pourquoi si peu d'amour ?

Valérie Chansigaud

 

Les Français sont indifférents à la nature et à sa protection. Ce lieu commun est sans cesse réaffirmé depuis plus d'un siècle. Il est facile de répertorier de très nombreuses différences entre l'attitude des Français vis-à-vis de la nature et celle de leurs voisins germanophones et anglophones, dès lors que l'on parcourt l'histoire de la littérature, des sciences naturelles, de l'édition consacrée à la nature, de la chasse ou encore de la protection de l'environnement. La particularité française à l'égard de la nature doit être interrogée avec soin afin d'éviter les contresens. Cette conférence adopte une démarche originale en contextualisant l'histoire du rapport à la nature tel que vécu en France et en explorant le rôle joué par l'urbanisation, la ruralité, la géographie de l'industrialisation, la place des élites, la valorisation de la culture scientifique, l'exigence démocratique et la représentation des citoyens, etc. Cette approche permet alors de mieux comprendre la complexité de ces phénomènes et d'éviter les conclusions hâtives : la nature est certainement plus aimée et plus étudiée au Royaume-Uni ou en Allemagne qu'en France ; or, force est de constater que la biodiversité et les écosystèmes de ces pays ne sont pas en meilleur état que dans le nôtre.

Valérie Chansigaud, historienne des sciences et de l'environnement, étudie l'histoire des relations entre l'espèce humaine et la nature. Elle a publié de nombreux ouvrages aux éditions Delachaux et Niestlé, dont l'Histoire de l'ornithologie (2007), L'Homme et la Nature (2013, Grand Prix de l'Académie française en 2014) et Une histoire des fleurs (2014.)

Mercredi 18 octobre

Le sourire de Prométhée : L'homme et la nature au Moyen Âge

Fabrice Mouthon

Pour qui s'intéresse à la société médiévale, la question écologique peut sembler secondaire au regard du rapport à Dieu, des formes de domination ou de l'organisation politique. Les sciences paléo-environnementales, l'archéologie moderne et les textes de l'époque suggèrent pourtant que leurs rapports à la nature sont bien l'une des grandes questions que se posent les hommes du Moyen Âge. Remettant en cause le cliché d'une période de stagnation, livrée aux calamités naturelles, Fabrice Mouthon montre que ces rapports n'ont cessé d'évoluer. L'évêque mérovingien, le serf d'un domaine carolingien, l'hôte d'un village neuf du XIIe siècle, le théologien du XIIIe siècle, ou le maître de forge du XVe siècle ne partagent ni la même vision ni les mêmes attentes vis-à-vis de la nature. Après l'an mille cependant, la croissance démographique, l'amélioration des moyens techniques et la redécouverte de la science grecque ont peu à peu fait basculer l'Occident dans un nouveau paradigme. La maîtrise du monde sensible devient un but collectif légitime et réalisable. La nature est alors fortement mise à contribution.

Ainsi, si l'ouvrage couvre le millénaire médiéval, le coeur de l'enquête reste le grand développement des XIe, XIIe et XIIIe siècles, moment crucial de l'« invention de la nature », gardienne de la Création et de ses lois, et d'une prise de conscience écologique qui n'en a pas encore le nom.

Fabrice Mouthon est maître de conférences en histoire du Moyen Âge à l'université de Savoie. Il travaille en étroite collaboration avec des archéologues et des scientifiques dans une approche transdisciplinaire. Il est l'auteur de plusieurs livres parmi lesquels Les communautés rurales en Europe au Moyen Âge : une autre histoire politique du Moyen Âge (Presses universitaires de Rennes, 2014).

Mercredi 8 novembre

La société écologique et ses ennemis
Pour une histoire alternative de l'émancipation

Serge Audier

Alors que monte la prise de conscience du péril environnemental, les obstacles à une véritable mutation écologique des sociétés contemporaines restent massifs et les modèles alternatifs peinent à s'imposer. Les traditions intellectuelles de la gauche semblent souvent impuissantes à apporter des réponses. Pire, n'ont-elles pas contribué, par leur culte des « forces productives », à l'impasse actuelle ?

Serge Audier exhume et reconstitue une pensée sociale de la nature et de l'émancipation, construite aux marges du « grand récit » socialiste et républicain.

De fait, cette tendance dissidente a été ignorée, marginalisée, voire combattue par les courants hégémoniques, qui ont souvent vu dans l'écologie un conservatisme traditionaliste ou un romantisme réactionnaire... Si les « ennemis » de la « société écologique » se trouvent bien entendu du côté des forces du capitalisme, il serait faux et dangereux d'oublier qu'ils font aussi partie de l'histoire même de la gauche et du socialisme dans ses orientations majoritaires, encore prégnantes.

Serge Audier, ancien élève de l’ENS-Ulm, agrégé et docteur en philosophie, est maître de conférences à l’université Paris-IV-Sorbonne. Il a notamment publié La Pensée anti-68 (La Découverte, 2008), Néolibéralisme (s). Une archéologie intellectuelle (Grasset, 2012) et Penser le néolibéralisme. Le moment néolibéral, Foucault et la crise du socialisme (Le Bord de l’eau, 2015).


L'Agora des Savoirs accompagne le salon de l'écologie, pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://www.salon-ecologie.com/

Mercredi 15 novembre

Arbres filles et garçons fleurs
Métamorphoses érotiques dans les mythes grecs

Françoise Frontisi-Ducroux

Pourquoi, dans les mythes grecs de métamorphoses végétales, les jeunes filles sont-elles transformées en arbres, tandis que les garçons donnent en mourant naissance à de jolies fleurs ? Cette question est d'abord déterminée par la langue française, qui veut que la fleur soit un nom féminin et que l'arbre soit masculin. L'étonnement est peut-être moins grand pour un Italien habitué à penser les fleurs au masculin. Et que dire des langues qui prudemment font appel au neutre ? Mais chacun pense dans sa langue.

De fait nos noms de fleur font alterner les deux genres. À côté de la rose, paradigme du féminin depuis rosa – rosam – rosae... combien de lis, de narcisses et de glaïeuls dans nos jardins ? De roses d'ailleurs (neutre en grec : rhodon) il ne sera pas question, non plus que de marguerites, ni en tant que fleurs ni en tant que filles. Et, si l'on creuse un peu, les « jeunes filles en fleurs » se révèlent plus garçonnières encore que dans le récit proustien. Françoise Frontisi-Ducroux raconte des mythes anciens où des jeunes gens, filles et garçons, exposés au désir amoureux des dieux, se transforment en plantes. Syrinx poursuivie par le dieu Pan devient une brassée de roseaux. Hyacinthe, malencontreusement frappé par le disque de son amant, Apollon, meurt en faisant naître une jacinthe. Daphné, Myrrha, Narcisse, Adonis et quelques autres connaissent un sort semblable où le tragique s'associe à l'érotique...

Françoise Frontisi-Ducroux est helléniste et sous-directeur honoraire au Collège de France. Elle a publié, entre autres Dans l'oeil du miroir (avec Jean-Pierre Vernant, Odile Jacob, 1997), L'Homme-cerf et la Femme-Araignée (Gallimard, 2003), Ouvrages de dames. Ariane, Hélène, Pénélope... (Seuil, « La Librairie du XXIe siècle », 2009).

Mercredi 22 novembre

Où atterrir ? : Comment s'orienter en politique.

Bruno Latour


Cette conférence voudrait relier trois phénomènes que les commentateurs ont déjà repérés mais dont ils ne voient pas toujours le lien — et par conséquent dont ils ne voient pas l'immense énergie politique qu'on pourrait tirer de leur rapprochement : d'abord la « dérégulation » qui va donner au mot de « globalisation » un sens de plus en plus péjoratif ; ensuite, l'explosion de plus en plus vertigineuse des inégalités ; enfin, l'entreprise systématique pour nier l'existence de la mutation climatique.

L'hypothèse est qu'on ne comprend rien aux positions politiques depuis cinquante ans, si l'on ne donne pas une place centrale à la question du climat et à sa dénégation. Tout se passe en effet comme si une partie importante des classes dirigeantes était arrivée à la conclusion qu'il n'y aurait plus assez de place sur terre pour elles et pour le reste de ses habitants. C'est ce qui expliquerait l'explosion des inégalités, l'étendue des dérégulations, la critique de la mondialisation, et, surtout, le désir panique de revenir aux anciennes protections de l'État national.

Pour contrer une telle politique, il va falloir atterrir quelque part. D'où l'importance de savoir comment s'orienter. Et donc dessiner quelque chose comme une carte des positions imposées par ce nouveau paysage au sein duquel se redéfinissent non seulement les affects de la vie publique mais aussi ses enjeux

Bruno Latour, philosophe et sociologue des sciences, est professeur à Sciences-Po Paris. Il a écrit de nombreux ouvrages et articles sur l’anthropologie du monde moderne et notamment : Face à Gaïa: Huit conférences sur le nouveau régime climatique, (La Découverte, 2015.)

Mercredi 29 novembre

Jamais seul : ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations

Marc-André Selosse

Nous savons aujourd'hui que les microbes ne doivent plus seulement être associés aux maladies ou à la décomposition. Au contraire, ils jouent un rôle en tous points essentiel : tous les organismes vivants, végétaux ou animaux, dépendent intimement de microbes qui contribuent à leur nutrition, leur
développement, leur immunité ou même leur comportement. Toujours pris dans un réseau d'interactions microbiennes, ces organismes ne sont donc...jamais seuls.

Détaillant d'abord de nombreuses symbioses qui associent microbes et plantes, Marc-André Selosse explore les propriétés nouvelles qui en émergent et modifient le fonctionnement de chaque partenaire. Il décrypte les extraordinaires adaptations symbiotiques des animaux, qu'ils soient terrestres ou sous-marins. Il décrit nos propres compagnons microbiens – le microbiote humain – et leurs contributions, omniprésentes et parfois inattendues. Enfin, il démontre le rôle des symbioses microbiennes au niveau des écosystèmes, de l'évolution de la vie, et des pratiques culturelles et alimentaires qui ont
forgé les civilisations.

Professeur du Muséum national d'Histoire naturelle, Marc-André Selosse enseigne dans plusieurs universités en France et à l'étranger. Ses recherches portent sur les associations à bénéfices mutuels (symbioses) impliquant des champignons, et ses enseignements, sur les microbes, l'écologie et l'évolution. Il est éditeur de revues scientifiques internationales et d'Espèces, une revue de vulgarisation dédiée aux sciences naturelles.

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