« KORSER », un court métrage d’étudiants de Montpellier nominé aux VES Awards

Tourné entre Montpellier et Saint-Malo, ce court métrage de trois minutes, raconte le combat mené entre un jeune navigateur idéaliste et son héros de jadis, devenu au fil des ans, un redoutable et cruel pirate.

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Le 2 février, le projet de fin d'études d'un groupe d'étudiants de l'école ArtFx de Montpellier, s'est retrouvé en compétition aux prestigieux VES Awards, l'équivalent des Oscars pour les effets spéciaux.


La cérémonie, organisée au Beverly Hilton Hotel de Los Angeles, regroupait le gratin d'Hollywood.

Star Wars, Game of Thrones, The Revenant, Viking, Fast and Furious, The Good Dinosaur, Mad Max...

Les meilleurs effets visuels pour le cinéma, l'animation, la télévision, la publicité et le jeu vidéo étaient récompensés au cours d'une édition qui a également honoré l'ensemble de la carrière du réalisateur Ridley Scott.

 Etudiants de KorserVoir l'image en grandKorser, le court métrage réalisé par les étudiants d'ArtFx était inscrit dans la catégorie « Projet Etudiant », remporté au final par le film
« Citipati ».
Tourné entre Montpellier et Saint-Malo, ce court métrage de trois minutes, raconte le combat mené entre un jeune navigateur idéaliste et son héros de jadis, devenu au fil des ans, un redoutable et cruel pirate.
Un petit chef d'œuvre poétique, tourné dans la lignée des films de genre comme « Master and Commander », dont chaque plan est composé comme un tableau, avec une série d'effets spéciaux à couper le souffle.

Diplômés d'ArtFx en juin 2015, les sept étudiants de Korser sont aujourd'hui en poste dans des studios à Londres et Montréal : Vincent Desgrippes, Gillian Devaux, Jessie Hereng, Guillaume Menard, Emeric Saint-Germain, Tangi Vaillant, Nicolas Sauval.

Entretien avec Vincent Desgrippes

Qu'attendez-vous de votre nomination aux VES Awards ?

Les VES sont un festival reconnu dans le milieu des effets spéciaux, en particulier par les gros studios, qui y participent souvent.

Une nomination est déjà une grande réussite, et elle nous aidera peut-être lors de nos futures recherches d’emploi.

 

Comment est né le projet de Korser ?

Voir l'image en grandEn entrant à ArtFx, j'avais le rêve de faire un court métrage dans l'univers marin du XVIIIe siècle. Ce sujet était devenu une passion depuis quelques années, qui fut partagée par la suite par de nombreux membres de l'équipe.

Il y a quelque chose de majestueux dans un navire de guerre du XVIIIe siècle quelque chose de grandiose dans une bataille navale.

Master and Commander était la référence principale, autant dans le visuel que dans le ton, plutôt dramatique. Il y a au final assez peu de grands films sur ce sujet, à part la série des Pirates des Caraïbes dans un ton beaucoup plus léger. Nous voulions nous en éloigner un maximum, faire quelque chose de différent. C'est pour ça que nous avons ancré notre histoire dans l'univers des corsaires français.

Comment avez-vous monté votre production (financement, moyens techniques ...) ?

L'école a fourni 500 euros de budget à chaque projet (somme qui a plus que doublé depuis la fin de nos études il me semble), et a participé de 800 euros supplémentaire pour nous aider à partir à Saint-Malo.
Nous devions penser notre film en prenant en compte notre budget, mais nous ne voulions pas qu'il nous limite. Nous avons donc décidé de partager entre nous six tous les frais supplémentaires, en faisant attention à chaque dépense. Au final, le budget total s'est élevé à près de 4000 euros, la création des costumes ayant coûté à eux seuls pratiquement tout le budget de base (costumes que l'école nous a généreusement racheté en fin d'année.) Concernant les moyens techniques, nous disposions du matériel de l'école (une steady cam, une grue, un rail de travelling, plusieurs fonds verts et un canon 5D Mark III).

Nous étions cependant limités par la taille du véhicule que nous emmènerions à Saint-Malo. Nous avons loué un véhicule Carrefour de 9 places, en retirant les trois sièges arrière cela faisait un coffre de taille considérable dans lequel nous pouvions amener la plupart du matériel. Nous avons au final laissé derrière nous les rails de travelling et le plus grand fond vert. Nous sommes partis à 15 de Montpellier, en trois voitures (et en évitant les autoroutes !). Sur Saint-Malo, les deux acteurs nous ont rejoints depuis Paris, ainsi que des membres de troupes de reconstitutions venant des environs.
Tout le monde travaillait bénévolement, nous ne fournissions qu'un défraiement sur les transports, les repas et couchages. Nous avons tourné trois jours sur le navire Etoile-du-Roy, seul navire d'époque français ayant accepté de nous recevoir. C'était une chance immense pour nous d'avoir ce superbe navire comme décor, c'était un rêve d'enfance qui se réalisait. Notre accord avec l'armateur nous obligeait à tourner à quai plutôt qu'en mer.

Voir l'image en grandL'un des problèmes qui se posait est que nous disposions alors de deux fonds verts de deux mètres carré chacun, et que le navire faisait une cinquantaine de mètre de long. Après un rapide calcul, il était évident que nous ne pourrions pas toujours les utiliser. Il a donc fallu, dans les mois qui ont suivi, retirer manuellement la ville de Saint-Malo de la plupart des arrière-plans, et la remplacer par un océan. Réussir à conserver les (très) nombreux cordages du navire a été l'un de nos plus gros challenges. Durant les mois qui ont suivi, nous avons effectué d'autres tournages, devant des fonds vert cette fois.

La particularité de notre film est qu'il fallait donner vie aux navires créés numériquement. Nous avons donc déguisé toute personne qui acceptait de l'être, et leur avons fait jouer une centaine de petites scènes de vie, allant des tirs de mousquets pendant les batailles à des petites balades dans la rue d'un port. Ces vidéos ont été utilisées pour rajouter des équipages au navire, ou des habitants dans les villes.

Voir l'image en grandPour agrémenter le film d'effets réalistes, nous avons également brûlé des poutres en bois ou des cordages devant une caméra, et les avons rajoutés dans la séquence de fin.

 

Enfin, pour les très nombreux tirs de mousquets, nous avons enregistré de nombreuses explosions de pétards, mais nous avons surtout eu la chance de bénéficier d'une réplique de pistolet d'époque (et de tirer avec, nous-même, ce qui reste quand même assez exceptionnel !)

Voir l'image en grandCe sont tous ces petits détails qui donnent de la vie à Korser, et qui l'ont rendu si passionnant à réaliser. Et tout ce que nous ne pouvions pas tourner (les navires vus de loin par exemple), nous l'avons créé en images de synthèse. Nous avons également recréé des environnements (une rue de port du XVIIIe siècle, ou des moulins en feu) à partir de nombreuses peintures et illustrations.

Le film est ainsi un mélange de nombreuses techniques, avec une bonne base de tournage réel.

Un retour sur votre formation à Artfx, et votre travail aujourd'hui à Londres ?

Voir l'image en grandPersonnellement, la formation à ArtFx m'a apporté tout ce que j'y recherchais. Je suis entré à l'école avec de vagues notions sur les effets spéciaux, et j'en suis ressorti aguerri. L'enseignement fourni par l'école est excellent, mais cette dernière année est la plus formatrice de toutes, la plus intense, et la plus mémorable. Notre groupe est désormais soudé par une expérience incroyable. Nous continuons à nous voir régulièrement, car sur les 6 membres de l'équipe, 5 travaillent actuellement à Londres.
Nous nous adaptons très bien aux rigueurs de la vie professionnelle et au travail d'équipe. Je ne peux malheureusement pas évoquer les projets sur lesquels nous travaillons actuellement, mais par exemple Jessie Hereng a eu la chance de travailler sur Revenant, d'Alejandro Inarritu (le plan du météore, c'est elle !)

Quels sont vos projets ?

Plusieurs d'entre nous visent un possible avenir au Canada, car les studios d'effets spéciaux y recrutent beaucoup. Nous voyons ce métier comme une chance de voyager et découvrir différents pays. Pour l'instant nous sommes bien à Londres, mais d'ici un an ou deux, nous rechercherons quelque chose de nouveau. Il n'est pas impossible que de nouveaux projets voient le jour d'ici quelques années, mais pour l'instant Korser est encore frais dans nos mémoires, et nous profitons simplement de métiers qui nous plaisent.
Enfin, si vous souhaitez plus d'information sur le processus de création du film, nous avons réalisé un petit making of de 7 minutes qui répond à beaucoup de questions.

Making of du film

// ArtFX OFFICIEL // Korser Making-Of from ArtFX OFFICIEL on Vimeo.

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