Agora des savoirs 2015-2016

La 7e saison de l'Agora des savoirs sera consacrée au thème "Le Proche et le lointain" et propose 22 conférences grand public, du mercredi 4 novembre 2015 au mercredi 11 mai 2016 (hors vacances scolaires).

Tous les mercredis soir, à 20h30, centre Rabelais.

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Agora des savoirs en direct

Présentation

Après les (R)évolutions la saison dernière, l’Agora des savoirs a proposé cette année à 22 universitaires d’interroger le proche et le lointain. Des mathématiques à l’histoire, de la géologie à la chimie, de l’ethnologie à la paléontologie, de la philosophie à la physique, de nombreuses disciplines seront ainsi convoquées le mercredi soir au Centre Rabelais autour de questions souvent ludiques, parfois mystérieuses, toujours passionnantes.

L’urgence climatique et ses lointaines conséquences, l’accueil que nous sommes en mesure de faire à l’autre qui frappe aux portes de l’Europe, les jeux d’échelle qui déterminent aujourd’hui le sort des conflits, l’histoire de la Méditerranée et la multiplicité des identités qui s’y rencontrent et superposent : autant de thèmes sous-tendus par les relations complexes entre le proche et le lointain, l’hier et l’aujourd’hui, l’identique et le différent, l’ici et l’ailleurs, l’humain et l’inhumain. C’est de leur rapprochement que naissent souvent une meilleure connaissance et une meilleure compréhension du monde qui nous entoure et de nous-mêmes ; et c’est également ce rapprochement qui nous permet d’appréhender ce qui nous est le plus étranger, les objets et les mondes disparus, les époques révolues…

Cette année encore, jeunes chercheurs et grandes figures du monde du savoir et des sciences auront à cœur de partager avec vous les fruits de leur travaux et d’illustrer l’impérieuse nécessité de la connaissance face à la complexité du monde.

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4 novembre 2015 : François Jullien

De près, de loin : Conférence inaugurale

On peut concevoir de deux façons opposées le rapport du proche et du lointain.
Soit on les confronte l'un à l'autre et le lointain devient un Là-bas idéal, antithétique de l'ici et nous libérant de celui-ci. De Platon à Mallarmé : « Fuir ! Là-bas fuir ! Je sens que les oiseaux sont ivres / d'être parmi l'écume inconnue et les cieux ! »
Soit on conçoit le lointain dans le simple prolongement de l'ici, comme l'a privilégié la pensée chinoise, en mettant en valeur le processus continu qui conduit de l'un à l'autre : « Un voyage de mille lieues commence sous nos pieds » (Laozi).
François Jullien montrera, quant à lui, d'un point de vue stratégique, comment conjuguer les deux ; ou pourquoi il est allé si loin (en Chine) pour découvrir l'évidence impensé de notre pensée, elle qu'on n'aperçoit pas de si près.
Il faut apprendre à lire à la fois du plus loin et du plus près.

 François Jullien, philosophe, helléniste et sinologue, travaille entre pensée chinoise et pensée européenne pour les réfléchir l'une par l'autre. Sa réflexion s'est orientée plus précisément, ces dernières années, sur la pensée du vivre et de l'exister. Professeur des Universités, il est titulaire de la Chaire sur l'altérité à la Fondation Maison des sciences de l'homme. Ses derniers essais publiés : De l'intime, Grasset, 2013 ; Vivre de paysage, Gallimard, 2014 ; De l'être au vivre, Gallimard, 2015. François Jullien est l'un des penseurs contemporains les plus traduits à l'étranger.

11 novembre 2015 : Philippe Walter

La chimie, une clé pour la réalisation d’une peinture

Nombreux sont les peintres qui ont éprouvé le désir de connaître la nature et les propriétés des couleurs qu'ils employaient, préparaient ou faisaient préparer. Aujourd'hui la miniaturisation des technologies d'analyse physico-chimique non invasive conduit à de nouvelles formes de recherche interdisciplinaire, face aux œuvres, dans le musée ou le monument.
Comment ces techniques nous permettent-elles de percer le mystère de certaines œuvres et, notamment, de mieux comprendre comment les peintres ont pu trouver et sélectionner des pigments naturels avant de bénéficier des nouvelles couleurs issues de la synthèse chimique ? Que pouvons-nous en déduire quant à l'évolution des pratiques artistiques et des effets esthétiques qui ont été recherchés ?

Philippe Walter est directeur de recherche au CNRS et directeur du laboratoire d'archéologie moléculaire et structurale à l'Université Pierre et Marie Curie. Il a été professeur invité au Collège de France pour l'année 2013-2014, titulaire de la chaire d'innovation technologique Liliane-Bettencourt. Il est un spécialiste de l'analyse chimique de la matière picturale et des pratiques artistiques anciennes.


18 novembre 2015 : Michèle Audin

De la géométrie et des histoires

La géométrie est, dit-on, la science de la mathématisation du proche et du lointain. Peut-être l'histoire est-elle aussi une science de la confrontation du proche et du lointain.
Les géomètres du XXe siècle se sont en effet penchés sur la distinction entre les propriétés « locales » et « globales » des objets de leur étude. Les mots viennent du langage ordinaire et décrivent une réalité assez commune, dont voici un exemple : la Terre a à peu près la forme d'une sphère, bien différente de la forme d'un plan. Il est bien difficile d'emballer une sphère, même de petite taille, comme un ballon, dans du papier-cadeau. C'est même impossible sans froisser le papier. Et pourtant, vue de très près, à notre échelle, la Terre a bien l'air d'un plan. D'ailleurs on en fait des cartes et des plans.
Outre différents points de vue sur quelques-uns des objets de prédilection des mathématicien(ne)s, Michèle Audin s'aventurera (à travers l'espace-temps...) du côté de l'histoire et de la littérature – plus proches qu'on le croit souvent.

Michèle Audin est mathématicienne, professeur d'université et chercheuse, principalement en géométrie symplectique, mais aussi en histoire. Elle est également l'auteur de nombreux articles et ouvrages spécialisés, membre de l'Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) et auteur de quelques ouvrages non spécialisés, parmi lesquels : Cent vingt et un jours, (roman, L'Arbalète-Gallimard, 2014), Une Vie brève, récit, (L'Arbalète-Gallimard, 2013), Une histoire de Jacques Feldbau, (Société mathématique de France, 2010), Souvenirs sur Sofia Kovalevskaya, (Calvage et Mounet, 2008).

25 novembre 2015 : Eric Lambin

Consommation responsable à l'ère de la mondialisation

La mondialisation a mauvaise presse. On l'accuse d'accélérer les changements environnementaux et d'augmenter les inégalités sociales. Et pourtant, nous bénéficions tous au quotidien des bienfaits d'une consommation de produits originaires des quatre coins de la planète. Difficile de s'y retrouver ! Une consommation ouverte sur le monde, gratifiante pour l'individu et responsable sur les plans social et environnemental est-elle possible ?
En jeu : une nouvelle forme de gouvernance environnementale à l'échelle de la planète, centrée sur un partenariat entre la société civile, les grandes compagnies multinationales et les consommateurs. Les préférences des citoyen-consommateurs pour un monde plus juste et durable forment le moteur de cette transition. Sommes-nous à l'aube d'une prise de pouvoir du consommateur planétaire responsable ? La consommation peut-elle être plus qu'une quête matérialiste et inclure une dimension altruiste, en faveur d'un monde plus durable et équitable ?

 

Eric Lambin est Géographe, professeur sur les interactions entre l'activité humaine et l'environnement naturel à l'Université de Louvain et à l'Université Stanford en Californie. Il mène des recherches sur les relations entre la mondialisation et les changements environnementaux. Il est lauréat du Prix Volvo 2014 de l'Environnement, l'un des prix scientifiques internationaux les plus prestigieux en développement durable. Il vient de publier, aux Éditions Le Pommier, Le Consommateur Planétaire.

2 décembre 2015 : Catherine Wihtol de Wenden

L'Europe peut-elle faire face à la crise migratoire ?

Durant ces derniers mois, l'Europe a été confrontée à une crise migratoire sans précédent : 625 000 demandes d'asile en 2014, 2000 morts en Méditerranée en 2015 sur les 200 000 migrants ayant traversé la mer vers l'Europe.
À cette situation d'exception, on pourrait s'attendre en Europe à une réponse d'exception. Or, la plupart des pays européens sont empreints, depuis près de 25 ans, d'une frilosité vis-à-vis des migrations : l'extrême droite progresse dans beaucoup d'entre eux et les politiques migratoires nationales sont plus souvent des politiques d'opinion.
La déclaration d'Angela Merkel sur la part que l'Allemagne est prête à assumer dans l'accueil des réfugiés semble renouer avec les valeurs fondamentales de l'Europe et de l'Allemagne fédérale. Lentement, quelques autres pays européens lui emboîtent le pas, mais timidement. Il est temps que l'Europe soit fidèle aux principes qui l'ont construite : le respect des droits de l'homme (dont le droit d'asile), de la dignité de l'individu, de la liberté de pensée, et qu'un grand élan de solidarité se dessine, qui répondrait à la crise de ses valeurs, à la peur de l'Autre dans laquelle elle s'est installée.

Catherine Wihtol de Wenden est docteur en science politique de Sciences Po et Directrice de recherche CNRS de 1ère classe depuis 2010. Elle a été consultante pour divers organismes dont l'OCDE, la Commission européenne, le HCR et le Conseil de l'Europe. Depuis 2002, elle préside le Comité de recherche « Migrations » de l'Association internationale de sociologie. Elle est également membre du comité de rédaction des revues Hommes et migrations, Migrations société et Esprit.
Juriste et politologue, elle a mené de nombreuses enquêtes de terrain sur les relations entre les migrations et la politique en France. Ses recherches comparatives portent sur les flux, les politiques migratoires et la citoyenneté en Europe et dans le monde. Parmi ses publications récentes, citons : Faut-il ouvrir les frontières ? (Presses de Sciences-Po, 2014), Les nouvelles migrations. Hommes, lieux, politiques (Ellipses, 2013) ou encore Pour accompagner les migrations en méditerranée (L'Harmattan, 2013).

9 décembre 2015 : Béatrice Giblin

Les conflits à l'heure de la mondialisation et d'internet

En partenariat avec le Café Géo 

On sait depuis la première guerre mondiale qu'un attentat (commis par un nationaliste serbe) a pu conduire au premier conflit d'envergure mondiale et à des millions de morts : exemple de l'engrenage conduisant un événement local à une guerre mondiale, déjà le proche et le lointain. Cependant, désormais, des conflits lointains peuvent avoir un impact sur l'environnement proche : l'enrôlement de jeunes français dans le jihad de Daech par le biais de la propagande sur les réseaux sociaux, ou le spectaculaire attentat du 11 septembre 2001, contrecoup relativement lointain dans le temps et dans l'espace de l'engagement américain dans la guerre du Golfe en 1990 et donc de sa présence sur la terre sainte de l'Islam, ou encore les réfugiés syriens ou irakiens qui fuient la guerre civile ou les réfugiés érythréens qui fuient la dictature et qui demandent l'accueil de l'Europe.
Comprendre un conflit nécessite donc plus que jamais de combiner le proche et le lointain dans le temps et dans l'espace.

Béatrice Giblin, géographe, professeur émérite de l'université Paris 8, est la fondatrice de l'Institut Français de Géopolitique. Elle est directrice de la revue de géographie et de géopolitique Hérodote et l'auteur de L'extrême droite en Europe, (La Découverte, 2014), Les conflits dans le monde ; Approche géopolitique, (Armand Colin, 2011), Géographie des conflits, (La Documentation française, 2012).

16 décembre 2015 : Alban Bensa

Créations narratives et résistance en pays kanak (Nouvelle-Calédonie)

Pour ne pas disparaître, les Kanak ont engrangé leur histoire dans des œuvres restées longtemps enfouies au creux de l'oralité vernaculaire ou dans des cahiers. Notre travail entend porter au jour ce roc littéraire et politique. Le monde kanak s'y affirme comme souverain et englobe la colonisation dont les agents, pour leur part, croyaient, pouvoir englober tous les peuples de la planète. Ce retournement méditatif s'est enclenché dès les premiers jours de la colonisation pour s'intensifier toujours davantage. Récits, poésies, et chants présentés ici composent un même « chant de la décolonisation de la Nouvelle-Calédonie » à travers une histoire kanak de la Guerre de 1917 qui secoua cet archipel du Pacifique dans le sillage de la Guerre 1914-1918. Il fallait en effet, afin de rééquilibrer les conceptions coloniales du passé, que s'impose ici un savoir endogène. Cette conférence réfléchira aux conditions générales d'un tel retournement.

Alban Bensa, anthropologue, est directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris. Spécialiste de longue date de la Nouvelle-Calédonie kanak, il s'est attaché, en écho à son expérience de terrain, à penser les relations entre anthropologie, histoire et politique. Ses publications reflètent ce double ancrage dans l'ethnographie et la théorie : Histoire d'une chefferie kanak, (Karthala, 2005), La fin de l'exotisme, (Anacharsis, 2006), Après Lévi-Strauss. Pour une anthropologie à taille humaine, (Textuel, 2010), Les Sanglots de l'aigle pêcheur. Nouvelle-Calédonie : la Guerre kanak de 1917, (Anacharsis, 2015)...

6 janvier 2016 : Antoine Coppolani

« Utiliser les barbares lointains pour combattre les barbares proches » : Aux origines du rapprochement sino-américain

Conférence non filmée à la demande de l'auteur

En quoi « l'ouverture de la Chine » bouleversa-t-elle les données de l'histoire des relations internationales ? Dans quelles circonstances un pays considéré comme le pire ennemi des Etats-Unis en vint-il à accueillir en grande pompe un président américain qui avait bâti sa carrière sur l'anticommunisme ?
Alors que s'achevait la Révolution culturelle, en 1969, l'isolement de la Chine s'étendait aux pays communistes voisins et cet isolement n'échappait pas aux Américains. L'irritation des pays communistes était accrue par l'insistance par laquelle la Chine exigeait qu'ils se dissocient de l'URSS pour se placer sous sa houlette. Or, en 1969, les relations entre la Chine et l'URSS atteignirent leur point critique.
Au mois d'août 1969, Mao avait résumé ainsi l'isolement stratégique dont souffrait désormais la Chine et les conclusions qu'il fallait en tirer : « Réfléchis un instant. Les Soviétiques nous font face au Nord et à l'Ouest, l'Inde au Sud et le Japon à l'Est. Si tous nos ennemis s'unissaient et nous attaquaient, que ferions-nous ? ... Réfléchis encore. Au-delà du Japon, il y a les Etats-Unis. Nos ancêtres ne nous ont-ils pas enseigné de nous allier avec des pays lointains lorsque nous nous battons avec nos voisins ? » Ainsi, la tactique traditionnelle chinoise qui consistait à « utiliser les barbares lointains pour combattre les barbares proches » allait être remise au goût du jour par Mao.

Ancien élève de l'Université de Berkeley, agrégé d'Histoire, Antoine Coppolani est Professeur d'Histoire contemporaine à l'Université Paul-Valéry Montpellier, où il dirige le Master « Études européennes et internationales ». En octobre 2013, il a publié chez Fayard une biographie de Nixon.

13 janvier 2016 : Fabrice Lihoreau

Hippo, vache et baleine : qui ne se ressemble pas s'assemble parfois

Qui se ressemble s'assemble est un adage qui n'a plus cours de nos jours en matière d'évolution. Ainsi la parenté des organismes vivants étaient jusque très récemment essentiellement basée sur les ressemblances visibles. Le décryptage du code génétique depuis une vingtaine d'année a rebattu les cartes des relations de parenté, proposant des regroupements inattendus. Comment accepter que des organismes qui paraissent très différents soient sortis du même ancêtre ? Et alors, à quoi ressemblait ce dernier ? Comment retracer cette évolution et comment expliquer des histoires divergentes ? Pour résoudre ces faits évolutifs il convient d'explorer le passé lointain et de reconstruire le fil de l'évolution à partir des rares indices préservés dans la roche : les fossiles. Le cas de l'hippopotame et de la baleine est emblématique à cet égard. Il nous conduira à décrire une étonnante histoire de la vie encore jonchée de zones d'ombres, mais ouvrant une fenêtre nouvelle sur l'évolution.

Fabrice Lihoreau est enseignant-chercheur de l'Université de Montpellier, rattaché à l'Institut des Sciences de l'Évolution, paléontologue spécialiste de l'évolution des mammifères et notamment des grands ongulés. Ses recherches portent sur la résolution des relations de parenté à partir de l'évolution morphologique. Il s'intéresse particulièrement à l'origine d'une famille énigmatique de mammifères, celle des hippopotames. Ceci l'a amené à explorer l'histoire des grands herbivores pour comprendre leur évolution aux cours du temps en lien avec les changements climatiques et géographiques.

20 janvier 2016 : Sébastien Balibar

Climat : y voir clair pour agir

La Terre se réchauffe dangereusement, les conférences internationales sur le Climat se succèdent, mais les États tardent à s'accorder sur les mesures à prendre.
Quelles sont les dernières nouvelles du climat? Quelles sont les prédictions des climatologues pour les années à venir? Quelles sont les énergies propres qui sont disponibles? De l'examen de ces questions, on peut déduire l'objectif commun que devrait afficher toute politique énergétique : dans tous les pays, il faudrait réduire les émissions annuelles de gaz à effet de serre en dessous d'une tonne et demie par habitant à l'horizon 2050.
Or nous sommes très loin de cet objectif pour l'instant. Agir est urgent et l'ignorer mettrait en péril notre mode de vie futur. Des solutions existent, qui pourraient permettre aux différents pays de choisir les scénarios de transition énergétique les mieux adaptés à leur situation propre. La nécessaire comparaison entre des pays comme la France et l'Allemagne, la Suède, les Etats-Unis, la Chine, le Bangladesh, l'Ethiopie, etc. est instructive.

Sébastien Balibar est chercheur à l'École normale supérieure. Il dirige la section de Physique de l'Académie des sciences. Ses recherches sur les solides et les liquides ont été couronnées en France et à l'étranger. En parallèle, il a écrit plusieurs livres pour le grand public dont La Pomme et l'Atome (O. Jacob, 2005), Je casse de l'eau (Le Pommier, 2008), Chercheur au quotidien (Le Seuil, 2014), et Climat: y voir clair pour agir (Le Pommier, 2015).






 

27 janvier 2016 : Alain Renaut

Philosopher dans l'extrême ?

Confronté à des situations extrêmes de violence et de risque, celles de la pauvreté au sud du Sahara, des migrations politiques et climatiques actuelles, ou de Haïti après le séisme de 2010, que peut avancer le philosophe au-delà de l'émotion et l'indignation ? Au prix de quelles transformations dans sa démarche la philosophie peut-elle dégager les raisons et les déraisons qui dictent les pires radicalisations de la souffrance et de l'humiliation dont le monde humain reste capable ? Comment surtout établir d'indispensables priorités dans les exigences de la survie ou dans celles d'une vie décente pour les plus vulnérables ?
Une philosophie appliquée, partant, non plus de l'idéal, mais des données du pire ne peut que s'adresser à elle-même de nouvelles exigences, lui imposant de sortir de son enfermement dans les concepts et dans les pures questions de principes : comment prendre en charge philosophiquement les questions que soulève le type de vacillement entre l'humain et l'inhumain qui est constitutif de l'injustifiable et de l'extrême ?

Alain Renaut est professeur de philosophie politique et d'éthique à l'Université de Paris-Sorbonne et à l'Institut d'Études politiques de Paris. Il est l'auteur de très nombreux ouvrages concernant des questions éthiques et politiques fondamentales et ne cesse de s'interroger sur les conditions d'un monde juste. Ses projets en cours portent sur une approche philosophique et cinématographique des génocides et massacres de masse. Il s'interroge aussi sur de possibles prochaines guerres qui seraient de religion ou de conviction.

3 février 2016 : Christophe Picard

La crise de la Méditerranée médiévale (VIe-IXe s.) en question : les points de vue des lettrés arabes (IXe-Xe s.)

 

Depuis la deuxième moitié du XXe siècle, les recherches menées dans les trois aires impériales qui dominèrent les rives de la mer intérieure – latine, byzantine, musulmane –, de façon primordiale les recherches archéologiques sur les siècles de la grande crise méditerranéenne, ne cessent de remettre en cause les travaux fondateurs d'une histoire de la crise méditerranéenne et, en premier lieu, le livre de l'historien belge, Henri Pirenne, Mahomet et Charlemagne, (1936), mais également et sous un autre angle, la Méditerranée de Braudel.
Une autre base, récente, d'une réévaluation de l'état de la Méditerranée en crise, émane de la découverte de documents contemporains de ces temps, de plus en plus nombreux, tels les papyrus égyptiens antérieurs et contemporains des conquêtes arabes (642 pour l'Egypte). Des travaux d'historiens récents, comme l'ouvrage de Horden et Purcell (The Corrupting Sea, 2000), proposent une nouvelle approche d'une histoire de la Méditerranée. Parmi celles-ci, la lecture des écrits des lettrés contemporains, en particulier les historiens arabes comme al-Tabarî (m. 923) à Bagdad au début du Xe siècle, projette une autre lumière sur l'état de la « crise », et permet une autre approche de l'histoire de la Méditerranée de ces temps de crise.

 

Christophe Picard est professeur à l'université de Paris-1 Panthéon-Sorbonne. Il est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'Islam médiéval. Il a récemment publié aux éditions Le Seuil La Mer des Califes – Une histoire de la Méditerranée musulmane (VIIe-XIIe siècle).

10 février 2016 : Jean-Pierre Filiu

Pour une histoire laïque du monde arabe

Une actualité saturée de violence et une certaine paresse intellectuelle amènent trop souvent à occulter la profondeur historique des convulsions qui agitent le monde arabe. Or il s'agit d'une crise de type révolutionnaire et de longue durée, qui elle-même s'inscrit dans le prolongement de deux siècles de luttes pour la libération collective et l'émancipation individuelle.
Retrouver la dynamique historique est nécessaire pour dégager du sens là où l'accumulation des horreurs suscite accablement et incompréhension, voire rejet et hostilité. A cela s'ajoute l'islamisation des Arabes dans le débat français, islamisation qui plonge ses racines dans un passé colonial prompt à traiter les peuples arabes en « masses » musulmanes. Rompre avec cette islamisation insidieuse, c'est rouvrir la voie à une histoire laïque du monde arabe.

Jean-Pierre Filiu est professeur des universités en histoire du Moyen-Orient contemporain à Sciences Po (Paris). Il a aussi été professeur invité dans les universités de Columbia (New York) et de Georgetown (Washington). Il a reçu, entre autres, le prix des Rendez-vous de l'Histoire de Blois en 2008. Il vient de publier chez La Découverte Les Arabes, leur destin et le nôtre.

17 février 2016 : Jean-François Ritz

Étudier les séismes passés (paléosismologie) : une approche essentielle pour prévoir les tremblements de terre

On sait aujourd'hui que le « cycle » sismique, autrement dit la période moyenne de retour d'un séisme le long d'une faille active, peut être long (plusieurs siècles), voire très long (plusieurs milliers d'années). On sait aussi qu'il existe des failles actives pour lesquelles on ne dispose ni de données sismologiques instrumentales (100 ans d'enregistrement), ni de données de sismicité historique (1000-2000 ans selon les pays). Pour caractériser l'activité d'une faille il est donc nécessaire d'ouvrir la fenêtre d'observation sur des périodes suffisamment longues allant de l'Actuel jusqu'à 10.000 voire 100.000 ans.
Cette approche appelée paléosismologie consiste à détecter et analyser les marqueurs des déformations sismiques dans la morphologie et dans la stratigraphie des dépôts les plus récents (Quaternaire). L'objectif de cette conférence est d'illustrer l'apport de cette approche dans l'analyse du risque sismique et la compréhension du fonctionnement des failles actives à travers des exemples d'études situés en Asie.

Jean-François Ritz est Directeur de Recherche au CNRS, Directeur Adjoint du Laboratoire Géosciences Montpellier à l'Université de Montpellier. Ses recherches portent sur le domaine de la paléosismologie. Il a mené un grand nombre de chantiers d'étude notamment en Mongolie, Sibérie, Chine, Iran, Arménie, Bhoutan, Maroc, Algérie, Alaska-Yukon, Chili, Nouvelle-Zélande. Ses recherches et articles sont publiés dans de nombreuses revues internationales.

9 mars 2016 : Joseph Silk

Si proche et si lointain, le Rayonnement de fond cosmologique

Aujourd'hui, les astronomes peuvent scruter dans le passé grâce aux plus grands télescopes du monde. Ils y voient des milliards de galaxies, et trouvent des indications sur l'évolution et les premiers âges. Avant les premières galaxies, il y avait l'âge des ténèbres. Et avant cela, le Big Bang. Joseph Silk décrira comment le rayonnement fossile du début de l'univers, le rayonnement de fond diffus cosmologique, a ouvert une fenêtre pour sonder les conditions initiales qui ont permis l'évolution de la structure. Les infimes variations de température dans le ciel, découvertes pour la première fois en 1992, fournissent des données fossiles sur les fluctuations qui ont présidé à la formation des galaxies et de la totalité de la structure à grande échelle de l'univers.

Joseph Silk est professeur d'astrophysique à l'Institut d'Astrophysique de Paris et à CEA Saclay. Il est également Senior Research Fellow à l'Institut Beecroft pour l'Astrophysique des Particules et la Cosmologie à l'Université d'Oxford, et professeur à l'Université Johns Hopkins à Baltimore. La plupart de ses recherches scientifiques sont liées à la cosmologie et à l'astrophysique des particules. Elles portent plus spécialement sur le fond diffus cosmologique, la formation des galaxies et la matière noire. Il a publié plus de 700 articles et plusieurs livres de vulgarisation destinés au grand public notamment : La Main Gauche de la Création (Londreys, 1985), Le Big Bang (Ed. Odile Jacob, 1997), Une Brève Histoire de l'Univers (Ed. Odile Jacob, 2003), L'Univers et l'Infini (Ed. Odile Jacob, 2005), Le Futur du Cosmos (Ed. Odile Jacob, 2014).

16 mars 2016 : Marc Waelkens

Sagalassos. Première ville de la Pisidie et perle du Taurus (Turquie)

En partenariat avec Les Mercredis de l’Antiquité

 

Découverte par un envoyé de Louis XIV en 1706, la ville de Sagalassos, située au sud-ouest de la Turquie, était réputée au XIXe siècle comme l’une des villes antiques les mieux conservées. Quelque peu oubliée à l’époque des grands chantiers de fouilles des métropoles de la côte égéenne, elle devint à partir de 1989 le lieu d’une des plus grandes fouilles du monde classique. Conquise par Alexandre le Grand, la population indigène de la ville (les Pisidiens) fut vite hellénisée. Après son incorporation par Auguste dans l’Empire romain en 25 av. J.-C., la ville subit une vraie métamorphose urbanistique qui la plaça au rang des grandes métropoles contemporaines de l’Anatolie. Reconnue comme centre officiel du culte impérial pour toute la Pisidie en 118/119 ap. J.-C., puis christianisée dès le IVe siècle, la ville protégea encore pendant des siècles son patrimoine païen, tout en maintenant sa prospérité. Touchée par un premier tremblement de terre vers 500 ap. J.-C., la ville fut réduite à une grande agglomération agricole par la peste et finalement à un village fortifié par un deuxième séisme, en 602-610 ap. J.-C. Les Seldjoukides, devenus maîtres de la région au début du XIIIe siècle, déplacèrent les derniers habitants dans les vallées en contrebas. L’altitude de la ville et une érosion spectaculaire ont épargné le site des pillages. De grands programmes de restauration en ont fait aujourd’hui un des sites les mieux conservés et les plus spectaculaires de Turquie.

 

Marc Waelkens est archéologue et Professeur émérite de l'Université de Louvain, membre de l'Académie Royale de Belgique. Il a effectué des fouilles en Turquie, en Grèce et en Syrie.

23 mars 2016 : Patrick Guyomard

L'étranger en soi-même

L'expérience de la psychanalyse, dans laquelle l'inconscient s'invite comme un hôte inattendu et insaisissable, est une expérience de l'Autre. Les modalités de l'altérité, du proche et du loin de soi, sont à la fois convoquées et constituantes.
Un proche, une proximité, qui ne se laisse pas réduire au prochain. Un lointain qui renvoie moins à une distance à parcourir qu'à un inaccessible, un infranchissable impossible à réduire.
Ces questions sont au cœur de la clinique. La psychanalyse en appréhende la dynamique dans la pensée du transfert et du contre-transfert. Quels sont les enseignements de son expérience ?

Patrick Guyomard, psychanalyste, professeur émérite à l'Université Denis Diderot-Paris 7. Président de la Société de Psychanalyse Freudienne. Auteur de nombreux articles et ouvrages dont La jouissance du tragique, Le désir d'Ethique, et Lacan et le Contre-transfert.

30 mars 2016 : Magali Bessone

« Je ne suis pas raciste, mais... »

On estime parfois que le racisme, comme idéologie soutenant qu'il existe des races humaines par nature et que certaines races « valent » mieux que d'autres, est la seule source des discriminations raciales ou ethno-raciales – c'est-à-dire de comportements différenciés et provoquant un impact négatif, visant des individus en raison de leur appartenance à une race supposée. Ainsi la législation française s'est-elle concentrée sur la criminalisation du racisme d'expression. Or les études de psychologie sociale montrent que les discriminations peuvent procéder de manière non intentionnelle, voire totalement à l'insu des agents, qui professent ouvertement, et de bonne foi, une détestation du racisme. Tenir compte de nos biais et distorsions cognitives permettrait de mettre en place une législation plus adaptée à la réalité des discriminations, moins culpabilisante pour tous, enfin de lutter plus efficacement contre le racisme aujourd'hui.

Magali Bessone est professeure de philosophie politique à l'Université de Rennes 1 et membre de l'Institut Universitaire de France. Elle travaille sur les théories contemporaines de la justice, le racisme et les discriminations raciales. Elle a notamment publié une traduction commentée des Âmes du peuple noir de W. E. B. Du Bois (La Découverte, 2007) et une monographie, Sans distinction de race ? (Vrin, 2013). Une anthologie de textes co-dirigée avec Daniel Sabbagh, Race, racisme, discriminations raciales, est parue chez Hermann en 2015.

6 avril 2016 : Karine Chemla

Quoi de neuf dans les mathématiques de la Chine ancienne ?

Au cours des dernières décennies, les archéologues ont découvert de nombreux documents mathématiques chinois anciens, jusqu'alors inconnus. Manuscrits datant des IIIe et IIe siècles avant notre ère, ces écrits permettent de jeter une lumière tout à fait nouvelle sur les mathématiques de la Chine ancienne. La conférence évoquera la nature et le contenu de ces nouveaux textes. Elle mettra par ailleurs en évidence comment ils complètent les documents sur la base desquels nous écrivions, jusqu'il y a peu, l'histoire des mathématiques en Chine ancienne, et comment ils modifient nos connaissances en la matière. La conférence se conclura sur la question de savoir comment nous pouvons placer les savoirs et les pratiques mathématiques développés en Chine ancienne dans une histoire mondiale des mathématiques.

Mathématicienne de formation (ENSJF), Karine Chemla s'est ensuite tournée vers l'histoire des mathématiques et la sinologie. Elle est chercheure au CNRS depuis 1982, dans l'UMR SPHERE. Ses travaux portent sur la diversité des pratiques mathématiques, en particulier en Chine ancienne, et sur la circulation des savoirs. Le CNRS lui a décerné en 2008 la médaille d'argent. Elle dirige aujourd'hui, avec Agathe Keller et Christine Proust, le projet d'études avancées financé par l'European Research Council « Sciences mathématiques du monde ancien » (SAW). K. Chemla est l'auteur, avec Guo Shuchun, de l'ouvrage Les Neuf Chapitres, (Dunod 2004). 

13 avril 2016 : Camille Froidevaux-Metterie

L'avènement de l'être humaine

On ne mesure pas bien la fulgurance du mouvement d'émancipation des femmes, ni toujours la profondeur des transformations à l'œuvre. En quelques décennies, sur fond de disparition du partage privé-féminin/public-masculin, nous avons assisté à l'enracinement d'une condition féminine totalement inédite. Être une femme aujourd'hui, c'est être à la fois un individu de droits pleinement légitime dans la sphère sociale et un sujet de sexe féminin toujours requis dans l'espace intime des relations affectives et familiales. C'est cette dualité qu'il s'agit de penser, en saisissant ce que recouvre la dimension incarnée de l'existence féminine par-delà la stigmatisation séculaire du corps des femmes. Nous pouvons ainsi proposer une approche féministe renouvelée qui intègre les transformations de la condition masculine et qui repère la contribution décisive de celle qu'il convient d'appeler l'être humaine.

Camille Froidevaux-Metterie est professeure agrégée de science politique à l'Université de Reims Champagne-Ardenne et à Sciences Po. Après avoir longtemps travaillé sur les rapports entre religion et politique, elle devient membre de l'Institut Universitaire de France sur la base d'un projet de recherche dédié aux mutations de la condition féminine. Elle est l'auteure de Politique et religion aux États-Unis (La Découverte, 2009) et de La révolution du féminin (Gallimard, 2015).

 

4 mai 2016 : Pierre-Olivier Antoine

Les mondes perdus d'Amazonie

Le bassin amazonien abrite la plus vaste forêt tropicale terrestre actuelle, dotée d'une biodiversité unique à l'échelle du globe. Aujourd'hui, les aléas climatiques et le fractionnement des habitats lié à la déforestation mettent en péril l'équilibre précaire de ces écosystèmes incroyablement complexes.
La biodiversité amazonienne a-t-elle toujours été aussi riche ? Quelles sont les modalités de son émergence et de sa dynamique, les conditions qui l'ont régie dans le temps profond ? Quels organismes vivaient jadis dans ce qui est aujourd'hui l'Amazonie ?
À chaque nouvelle crue, les fleuves amazoniens creusent leurs berges. Les roches ainsi dénudées livrent des fossiles aux paléontologues, comme autant d'indices précieux sur le passé de notre planète. Remonter aux sources de la biodiversité amazonienne, animale ou végétale, permet de mieux comprendre son évolution au cours des temps, et de réfléchir avec recul à son érosion actuelle... à défaut de la prévenir.

Pierre-Olivier Antoine est professeur à l'Université de Montpellier. Il effectue ses travaux de recherche au sein de l'Institut des Sciences de l'Évolution de Montpellier, dont il est directeur-adjoint. Spécialiste des rhinocéros fossiles, il a mené de nombreux travaux au Pakistan et en Turquie, avant d'axer ses recherches sur l'évolution des écosystèmes anciens d'Amérique du Sud tropicale. Il a coordonné près d'une trentaine d'expéditions en Amazonie et dans les Andes. Il est à ce jour l'auteur de deux ouvrages spécialisés et d'une centaine d'articles scientifiques.

11 mai 2016 : Florence Dupont

Conférence de clôture : L'Antiquité ou la double tentation

La querelle sur l'enseignement du latin (et du grec) au collège s'est alimentée des deux côtés de contre-vérités tenues pour des évidences. Les tenants des humanités classiques répètent que le français vient du latin (et du grec ?), que la civilisation européenne et ses valeurs s'enracinent dans la civilisation gréco-romaine. Les opposants aux Humanités contre-attaquent en déplaçant le débat : la connaissance de l'Antiquité serait obsolète, inutile à une époque moderne. Le latin et le grec ne serviraient à rien. Curieusement les deux adversaires n'ont jamais dépassé le niveau de l'invective, car bloqués dans deux positions intellectuellement intenables, deux tentations rassurantes.
La première position est la tentation de l'identité. Nous sommes nous-mêmes comme héritiers des Grecs et des Romains. La seconde position est celle de l'altérité. Nous sommes nous-mêmes parce que nous avons accédé à une culture mondiale et contemporaine où le chinois et l'arabe ont remplacé le grec et le latin.
Ces deux positions sont des tentations, des croyances qui ne résistent pas à une analyse critique, en termes historiques, anthropologiques et linguistiques.
En conclusion je proposerai une troisième position qui, grâce la notion d'Écarts substitue à une Antiquité conservatoire, une Antiquité laboratoire.

Ancienne élève de l'École normale supérieure, Florence Dupont a été Directrice de programme au Collège International de Philosophie de 1998 à 2003. Elle est aujourd'hui Professeur émérite à l'université Paris-Diderot et membre du Conseil Scientifique de l'Institut des Humanités de Paris. Parmi ses publications récentes : Le théâtre romain (en collaboration avec Pierre Lestessier, Armand Colin, 2012), Eschyle (édition Ides et Calendes, 2015), Rome, la cité sans origine (Le Promeneur-Gallimard, 2011), Antiquité, territoire des écarts (Albin Michel, 2013). Florence Dupont a également traduit les tragédies de Sénèque, Médée d'Euripide ou encore L'Orestie d'Eschyle.

 

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