2014 au Carré Sainte-Anne

L'année 2014 a débuté avec l'exposition "L’œil et le cœur 2 - Traits d'esprit dans les collections montpelliéraines", elle s'est poursuivie avec l'exposition d'été "Robert Combas - La mélancolie à ressorts", pour finir avec les œuvres du montpelliérain "Abdelkader Benchamma - Le soleil comme une plaque d'argent mat".

Abdelkader Benchamma

 

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Le Soleil comme une plaque d'argent mat

 

10 octobre - 30 novembre 2014

 

Le Soleil comme une plaque d’argent mat . En écho évanoui à ce titre mystérieux, les dessins d’Abdelkader Benchamma agissent sur nous en un paradoxe troublant. La grande précision du trait, la virtuosité presque déconcertante de l’artiste, le jeu de mouvement cohérent entre une composition envisagée de loin puis perçue dans ses détails, engendrent finalement des formes, des sujets, des univers que nous peinons à décrire, que nous ne parvenons jamais à définir, insaisissables, qui nous glissent entre les mots lorsque nous tentons de nous les approprier. Ils ne sont pas abstraits pour cette première raison, ils ne sont pas figuratifs pour la seconde. L’impression de flux, de transformation à l’œuvre, alors même qu’ils sont achevés, crée un sentiment non de malaise ou de flottement ivre que l’on pourrait craindre en tel cas, mais bien d’émerveillement halluciné et pourtant éclairant, lumineux, évident.

L’exposition conçue par Abdelkader Benchamma pour Sainte-Anne est le fruit d’une longue réflexion de l’artiste sur les contours de son œuvre et d’une méditation sur sa résonnance dans un lieu comme celui-ci. Elle y éprouve, à travers une pratique apparemment unique et contraignante, le dessin, la grande diversité des inventions formelles et des effets que seules l’imagination et la liberté peuvent délivrer quel que soit leur mode d’expression. Les dessins sont éphémères – à même le mur – ou pérennes, un papier, une toile, immenses ou précieux, jetés et intuitifs à la manière de drippings ou ciselés avec obsession pendant de longues journées. Ils sont un condensé de la palette d’un Benchamma, qui explore apparemment sans limites les possibilités de la seule encre noire. L’installation, elle aussi dessinée, offre au Carré Sainte-Anne une théâtralisation à laquelle aucun artiste n’avait encore songé.

 

Commissariat : Numa Hambursin

Robert Combas

 

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La Mélancolie à Ressorts


6 juin - 21 septembre 2014

 

Robert Combas à Sainte-Anne, c'était à la fois un rêve et une évidence. Le caractère protéiforme, généreux, exubérant même, populaire et exigeant d'une œuvre chargée de références, de clefs, de symboles, d'histoires et de mots, d'une peinture toujours renouvelée, sensuelle mais créatrice de sens, devait un jour s'accorder avec la dimension spirituelle intacte d'un lieu atypique dans la scène contemporaine. La richesse du vocabulaire plastique de l'artiste, sa capacité à investir un espace pour ce qu'il est, à ne pas le considérer comme une simple coquille vide que l'on remplit, à saisir les vibrations et les fantômes de ses murs, nous renvoient aux plus grands modèles de l'histoire et à leur pouvoir de s'affirmer comme hors du temps tout en sublimant leur époque. Cette rencontre promettait un feu d'artifices inédit.

Après avoir visité plusieurs fois le Carré Sainte-Anne, Robert Combas s'est longtemps interrogé sur la forme et la densité qu'il souhaitait donner à son exposition. Il écrit ainsi ces quelques lignes : « On sent dans cette exposition un essai d'osmose avec le lieu du Carré Sainte-Anne qui est une transcription au 19ème siècle d'un style créé quelques siècles plus tôt. Du néogothique, un gothique agrémenté de Romantique et avec moi ajouté d'atypique (à ressorts). La diversité c'est la vérité terrienne. La mélancolie est une maladie. La mélancolie à ressorts, c'est à dire que c'est la mélancolie mais que ça bouge ». Une solution littérale et un peu fainéante à l'équation aurait consisté à puiser quelques œuvres liées à l'histoire chrétienne dans son corpus, et à les disposer harmonieusement. Son ambition fut toute autre. Attentif à la lumière déposée par les vitraux et aux effets de matière et de grain de la pierre, Robert Combas a décidé de créer des toiles en complémentarité plus qu'en résonance avec l'ancienne église. Il compose alors des peintures et des papiers dominés par les noirs et les blancs, par le dessin et le trait, comme l'illusion de sculptures et de bas-reliefs nichés dans les murs, parfois effleurés de ces touches de couleur qui surgissent au gré des heures du jour.

La réalisation du papier peint pour les cimaises latérales, la scénographie inventée par lui-même, la série exceptionnelle d'oeuvres conçues spécifiquement pour le lieu et l'exposition témoignent de la minutie et du tempérament perfectionniste de Robert Combas lorsqu'un projet lui tient à cœur. Ils participent au fait qu'il soit reconnu aujourd'hui comme l'un des artistes français les plus singuliers, les plus créatifs, les plus importants, les plus présents sur la durée. Complétée par l'immense sculpture de la Vénus-Isis et par un mur de crucifix formés de pinceaux et de tubes de couleurs, vécu comme un véritable concept plus que comme une accumulation, l'exposition du Carré Sainte-Anne est à parcourir en ballet, en orchestration de son univers mental et poétique. Robert Combas a souvent été comparé à un démiurge ou un chamane. Son énergie dévorante, effrayante même, et sa sensibilité extrême aux silences profonds du monde invisible ne laissent planer aucun doute à ce sujet. Mais il démontre à Sainte-Anne, une fois encore dans sa vie, une volonté de traduire pour le plus grand nombre les mystères aperçus par son cœur écorché.

 

Commissariat : Numa Hambursin

L'oeil & le coeur 2

 

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 Traits d'esprit dans les collections montpelliéraines

 

24 janvier - 27 avril 2014

 

Certains esprits peu enclins au songe y voient un désir obsédant d'éternité, la trace d'une fêlure ou d'un complexe, parfois même une pathologie. D'autres préfèrent parler de « doux rêveurs », évoquer une passion, une quête, une aspiration qui est celle de l'enfant imaginant que le monde recèle d'innombrables trésors à déterrer. Une chose est sûre. Sans ces francs-grippés de collection, comme on les surnommait au XVIIème siècle, nos musées seraient bien vides et nos artistes bien affamés. Quelles peuvent être les motivations profondes de ces personnages hors du commun, tour à tour agaçants et attachants, qui consacrent tant d'énergie à la recherche, à la poursuite d'œuvres chargées à leurs yeux d'une si haute valeur symbolique ?

Le premier volet de « L'œil & le cœur » avait pour ambition de raviver dans l'imaginaire collectif la flamme de cette tradition montpelliéraine, en insistant moins sur la figure du collectionneur que sur l'extrême variété des pratiques, des histoires et des objets concernés. Nous avons choisi pour cette nouvelle édition de concentrer notre attention sur quelques ensembles très cohérents, entièrement voués à l'art contemporain et répondant en écho à la formule de Jean Baudrillard : « Collectionner, c'est aussi collectionner une part de soi-même ». Il faut un vrai courage pour accepter de livrer ainsi au public cette part de soi-même, de son intimité. Ils étaient treize, ils sont quatre, tous absents du premier opus, qui ont joué le jeu sans restriction.

Traits d'esprit. Deux amis très proches qui, s'ils ne sont pas de la même génération et n'ont pas commencé en même temps leur collection, partagent leurs impressions et leur intérêt, dont les goûts se croisent et se retrouvent sur quelques artistes. Et puis deux jeunes passionnés de Street Art, deux potes de 27 et 31 ans, pour nous rassurer quant au fait que cette belle et mystérieuse névrose n'a pas d'âge. L'occasion aussi de faire dialoguer des œuvres que l'on ne confronte jamais, à l'image de Supports-Surfaces et du Street Art, alors qu'elles ont tant de choses à se dire. « L'œil & le cœur 2 » est un hommage à ces montpelliérains qui, au long d'une vie et parfois contre toute raison, bâtissent une œuvre unique, une œuvre de l'esprit, une chimère : leur collection.

 

Commissariat : Numa Hambursin

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