Agora des savoirs 2012-2013

Du 6 novembre 2012 au 29 mai 2013 le cycle de conférences de l'Agora des savoirs 4 viendra nous éclairer sur la question des " Usages des savoirs et des sciences".

Un article présent dans la rubrique :

Présentation

Il n'y a pas de véritable démocratie sans partage de l'accès aux connaissances et de la possibilité de produire des connaissances. Il n'y a pas de connaissances qui ne soient ouvertes sur les autres et tissées avec les autres, et qui ne soient remises en question en permanence. C'est la démarche même des sciences, la condition du caractère ouvert et vivant des savoirs. A l'ombre des territoires révélés en pleine lumière dorment des continents inconnus - les connaissances de demain. Et seule la conscience de notre ignorance nous permet de nous y aventurer.

La connaissance est du pouvoir disait Francis Bacon. Pouvoir de comprendre, et pouvoir d'agir sur le monde, sur nous-mêmes et les autres. Et avec le pouvoir vient - devrait venir - la responsabilité. Mais il n'y a pas de véritable responsabilité sans possibilité de choisir. Il n'y a pas de véritable choix sans liberté, et il n'y a pas de véritable liberté sans incertitude. A mesure que nous repoussons toujours plus loin les frontières de nos connaissances, la reconnaissance de la noblesse de cette incertitude est la condition même de l'exercice de notre liberté et de notre responsabilité. A condition de permettre à chacun d'accéder au droit d'exercer librement un choix. Et d'effacer les innombrables frontières entre ceux qui disent ‘nous' et ceux que l'on appelle ‘les autres'. Ces frontières qui retranchent les autres de notre commune humanité. Qui font sans cesse disparaître notre commune humanité.

C’est le médecin et chercheur en biologie Jean-Claude AMEISEN qui, par une leçon inaugurale, a ouvert la Saison 4 de l’Agora des savoirs le mardi 6 novembre 2012.

L'Agora des Savoirs en direct sur internet

Mardi 6 Novembre 2012 : Leçon inaugurale - Jean-Claude Ameisen

La volonté que la liberté de l'autre soit


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Il n'y a pas de véritable démocratie sans partage de l'accès aux connaissances et de la possibilité de produire des connaissances. Il n'y a pas de connaissances qui ne soient ouvertes sur les autres et tissées avec les autres, et qui ne soient remises en question en permanence. C'est la démarche même des sciences, la condition du caractère ouvert et vivant des savoirs. A l'ombre des territoires révélés en pleine lumière dorment des continents inconnus - les connaissances de demain. Et seule la conscience de notre ignorance nous permet de nous y aventurer.
La connaissance est du pouvoir disait Francis Bacon. Pouvoir de comprendre, et pouvoir d'agir sur le monde, sur nous-mêmes et les autres. Et avec le pouvoir vient - devrait venir - la responsabilité. Mais il n'y a pas de véritable responsabilité sans possibilité de choisir. Il n'y a pas de véritable choix sans liberté, et il n'y a pas de véritable liberté sans incertitude. A mesure que nous repoussons toujours plus loin les frontières de nos connaissances, la reconnaissance de la noblesse de cette incertitude est la condition même de l'exercice de notre liberté et de notre responsabilité. A condition de permettre à chacun d'accéder au droit d'exercer librement un choix. Et d'effacer les innombrables frontières entre ceux qui disent ‘nous' et ceux que l'on appelle ‘les autres'. Ces frontières qui retranchent les autres de notre commune humanité. Qui font sans cesse disparaître notre commune humanité.
Qu'est ce qui devrait nous tenir éveillés la nuit ? demande Amartya Sen. Les tragédies que nous pouvons empêcher. Les injustices que nous pouvons réparer. Que signifie un développement durable s'il consiste à faire durer tant de tragédies ? Mettre nos connaissances au service d'un développement durable n'aura de sens véritablement humain que lorsqu'il s'agira enfin d'un développement équitable. Dans le monde. Et dans notre pays.
On entre en éthique disait Paul Ricœur quand, à l'affirmation par soi de sa liberté, on ajoute l'affirmation de la volonté que la liberté de l'autre soit. Je veux que ta liberté soit. C'était inscrire la liberté de chacun au cœur de la solidarité collective. Ma liberté a besoin de la tienne pour se construire, et ta liberté a besoin de la mienne pour se construire. Elles se construisent ensemble. Dans une confiance réciproque, fondée sur des connaissances partagées, et avec la collectivité comme garant, elles permettent de tenter de faire émerger un monde ouvert sur tous les autres.
Mais Toi, moi, ces mots semblaient si simples ! Que voulaient-ils dire vraiment ? demande le poète Farid-ud-Din ‘Attâr.
Les sciences explorent d'autant plus efficacement le monde, le vivant et l'humain qu'elles les considèrent comme des objets d'étude, vus de l'extérieur. Les sciences, écrit Martin Buber, disent il ou elle, quand il s'agit de nous. Mais nous nous vivons comme des Je qui disent Tu, attendant que les autres nous disent Tu, pour pouvoir construire un Nous. Et la démarche éthique consiste à nous réapproprier ce que nous apprenons sur le monde et sur nous-mêmes, pour le mettre au service de ce qui dépasse toute connaissance: le respect pour ce qu'il y a d'unique, de singulier, et d'à jamais inconnaissable en chacun de nous - et qui fonde la notion même d'égalité.
La démarche scientifique considère les connaissances comme a priori toujours incomplètes. La démarche éthique considère les connaissances comme a priori toujours insuffisantes. Indispensables, mais insuffisantes, quand il s'agit de Toi, de moi, de Nous - quand il s'agit d'inventer, librement, notre avenir commun.


Jean-Claude Ameisen est médecin et chercheur en biologie. Membre du Comité consultatif national d'éthique, il est aussi l'auteur de plusieurs essais, parmi lesquels Dans la Lumière et les Ombres. Darwin et le bouleversement du monde (Fayard/Seuil). Il a crée pour France Inter l'émission « Sur les épaules de Darwin » qu'il anime depuis 2010.

 

14 novembre 2012 : Christian Laval

Le destin de la connaissance à l'époque du néolibéralisme


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L'époque tend à la subordination des activités scientifiques et des pratiques éducatives à la logique du capitalisme néolibéral. La connaissance, sous l'effet des politiques publiques et de la concurrence mondiale, change de statut et de fonction. Elle est mise en marché, regardée sous l'angle exclusif de sa valeur économique, soumise à un management bureaucratique oppressif.
Ce constat du basculement dans l'hyper-utilitarisme nous conduira à examiner les racines théoriques de cette conception et les facteurs historiques qui en assurent aujourd'hui le succès. Il nous amènera également à examiner les formes et les effets de cette mutation dans le champ de la recherche et dans celui de l'enseignement. Il nous invite à la résistance et, en fin de compte, à l'invention collective d'une connaissance réellement émancipée.


Christian Laval est professeur de sociologie à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense, membre du groupe d'études Question Marx et du Centre Bentham. Il est l'auteur de L'ambition sociologique (La Découverte), L'Homme économique : Essai sur les racines du néolibéralisme (Gallimard) et, avec Pierre Dardot, de La nouvelle raison du monde : Essai sur la société néolibérale (La Découverte) et de Marx, Prénom : Karl (Gallimard).

21 novembre 2012 : Yves Lacoste

La Géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre


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En 1976 paraissait chez François Maspero un livre au titre resté célèbre : La Géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre. 36 ans plus tard, ce titre et la plupart des analyses que contenait ce livre restent étonnement actuels et valables. Il ne s'agit bien sûr pas de stigmatiser certains usages de la Géographie (ou de la géopolitique), mais d'abord de rappeler l'origine historique de ce savoir fondamental et les étapes de son évolution. Il y a 25 siècles, Hérodote mène la première grande enquête géographique et géopolitique dans le cadre des guerres entre les Grecs et l'Empire perse. La géographie n'a ensuite cessé d'être liée à la guerre et aux conquêtes .Très différente, la géographie des professeurs apparaît seulement au XIX° siècle, d'abord en Allemagne, puis en France. Aujourd'hui, la présence massive des questions géopolitiques dans la vie de nos sociétés, leur omniprésence médiatique, invitent chaque citoyen à se poser à nouveau la question des usages et des pratiques de la Géographie.


Yves Lacoste est un géographe et géopoliticien, ancien professeur de géopolitique à l'université Paris VIII. Il a fondé en 1976 la revue Hérodote. Il est l'auteur de La Géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre (La Découverte, rééd. 2012), Ibn Khaldoun : naissance de l'histoire, passé du Tiers-Monde (La Découverte) et de La Géopolitique : la longue histoire d'aujourd'hui (Larousse).

28 novembre 2012 : Portrait de savant : Georges Cuvier (1769-1832)

Fondateur de science et créateur de mythes, par Claudine Cohen


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L'année 2012 marque le bicentenaire de la publication d'une oeuvre scientifique majeure, Les Recherches sur les ossements fossiles de quadrupèdes (4 volumes, Paris 1812) de Georges Cuvier.
En identifiant les mystérieux « objets fossiles » trouvés dans les couches de la Terre comme les restes d'animaux éteints, en décrivant les principes théoriques et les méthodes pratiques pour reconstituer les faunes et les flores des mondes révolus, ce grand anatomiste fondait un savoir neuf. Il imposait dans les sciences de la nature la notion d'une histoire du vivant, et offrait en cette aube du 19e siècle la vision de la nouveauté et de la diversité extraordinaires des mondes préhistoriques.
Fondateur d'une science, la paléontologie des Vertébrés, Cuvier fut aussi un homme de pouvoir et un créateur de mythes : mythe de l'infaillibilité du savant capable de reconstituer de gigantesques animaux inconnus grâce à d'infimes vestiges. Mythe d'une histoire du monde vivant bouleversée par d'immenses cataclysmes, qui ont périodiquement anéanti des faunes entières.
Ce « catastrophisme » né en partie de l'imaginaire post-révolutionnaire, et rendu caduque au cours du 19e siècle par le triomphe des idées transformistes, resurgit aujourd'hui en paléontologie et en géologie dans le cadre d'approches renouvelées des « extinctions de masse ».

 

Claudine Cohen est philosophe et historienne des sciences de la Vie et de la Terre, spécialiste de l'épistémologie et de l'histoire de la paléontologie, de la paléoanthropologie et de la préhistoire, et des disciplines connexes (géologie, biologie de l'évolution, anthropologie). Elle s'intéresse aussi à l'imaginaire scientifique et à la diffusion publique des savoirs de la science, notamment dans les arts et la littérature. Elle est enseignante-chercheur à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris) où elle dirige avec Henri Atlan le programme de recherches Biologie et Société. Elle est l'auteur de Science, libertinage et clandestinité à l'aube des Lumières (PUF) et de La Méthode de Zadig : la trace, le fossile, la preuve (Seuil).

5 décembre 2012 : Pierre-Henri Gouyon

Fabriquer le vivant ? Ce que nous apprennent les sciences de la vie pour penser les défis de notre époque


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Dans leurs laboratoires, des biologistes espèrent aujourd'hui pouvoir «fabriquer la vie». Grâce aux formidables avancées des sciences et des techniques, nous disent-ils, «tout est possible». Et pourtant, dans nos sociétés postmodernes, cette vieille croyance qui fondait l'idéologie du progrès, garant du bonheur à venir, apparaît définitivement obsolète : la fin de cette idéologie a accouché en Occident de la domination sans partage de l'individualisme, qui mine désormais profondément le lien social. Comment expliquer ce paradoxe entre la technoscience triomphante et la profonde crise des fondements de la pensée qui caractérise notre époque ?
En s'intéressant sérieusement aux défis philosophiques et scientifiques que soulèvent les récentes explorations des sciences du vivant, de la création de la vie en laboratoire aux recherches fondamentales en génétique. Car loin de se limiter au champ scientifique, le modèle organique permet de porter un autre regard, riche de surprises, sur les phénomènes sociaux.

Pierre-Henri Gouyon
, biologiste, est professeur au Muséum national d'histoire naturelle de Paris et à Sciences Po Paris. Il est notamment l'auteur de Les Avatars du gène. Théorie néodarwinienne de l'évolution (avec Jean-Pierre Henry et Jacques Arnould, Belin, 1997), Les Harmonies de la nature à l'épreuve de la biologie (INRA, 2001), Aux Origines de l'Environnement (avec Hélène Leriche, Fayard, 2010).

12 décembre 2012 : Thomas Benatouïl

À quoi sert la connaissance de la nature ? Quelques réponses antiques et leurs enjeux actuels


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Aujourd'hui, les visées ou les retombées techniques de la science sont tellement importantes qu'elles occultent et marginalisent tous les autres usages possibles de la connaissance. Il est nécessaire de remonter à des étapes antérieures de l'histoire des sciences pour redécouvrir ces usages. La "science", du moins sa conception occidentale, est née en Grèce antique. On s'est souvent demandé pourquoi ; alors qu'il vaudrait mieux se demander pour quoi : à quels usages les penseurs grecs - mais aussi latins - qui ont défini et pratiqué les sciences de la nature les destinaient-ils ? Quels sont les divers objectifs assignés à la connaissance de la nature par Platon, Aristote, Épicure et Lucrèce, Sénèque ou Ptolémée ? Ces usages sont-ils devenus obsolètes ou gardent-ils encore aujourd'hui leur pertinence ?


Thomas Bénatouïl, maître de conférences à l'université de Nancy (LHSP-Archives Henri Poincaré) et membre de l'Institut Universitaire de France, a publié Le Scepticisme (Flammarion), Matrix, machine philosophique (avec E. During, P. Maniglier et D. Rabouin ; Ellipses) et Faire usage : la pratique du stoïcisme (Vrin).

19 décembre 2012 : Cyril Hugonie

Le boson de Higgs, chronique d'une découverte


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Le 4 Juillet dernier, les chercheurs du CERN ont annoncé la découverte d'une nouvelle particule dont les caractéristiques sont compatibles avec celles du boson de Higgs, clé de voute du Modèle Standard de la physique des particules. Mais qu'est-ce que le Modèle Standard de la physique des particules ? Pour le comprendre, il faut d'abord évoquer les grandes étapes théoriques et expérimentales de la construction de ce modèle au siècle dernier, avant même d'en énumérer le contenu. Quel rôle particulier aura joué le boson de Higgs dans ce modèle ? Rien moins que donner de la masse à toutes les autres particules élémentaires ! Pour attraper le fameux boson, il aura fallu créer une machine extraordinaire : le LHC, (Large Hadrons Collider), le grand accélérateur de hadrons du CERN. Maintenant que la chasse au Higgs touche à sa fin, quelles sont désormais les perspectives pour la physique (et les physiciens) des particules ?

Cyril Hugonie
est docteur en Physique Théorique de l'Université d'Orsay. Maitre de Conférences à l'Université de Montpellier 2 depuis 2005 après plusieurs séjours post-doctoraux à l'étranger, notamment à Oxford, il est actuellement responsable d'un Master ainsi que d'une équipe de recherche en physique théorique au sein du Laboratoire Univers & Particules de Montpellier.
C'est un spécialiste du boson de Higgs et des des extensions supersymétriques du modèle standard de la physique des particules.

9 janvier 2013 : Denis Puy

Le concept d'univers à l'aube du XXIe siècle


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Notre vision de l'Univers a fort changé depuis le modèle copernicien décentrant la terre du système du monde. Les concepts d'espace et de temps, introduits il y a un siècle par Albert Einstein, ont ouvert un vaste champ d'investigation sur notre approche globale de l'Univers, allant du paradigme d'expansion, de l'introduction de matière ou d'énergie noire, à la tentative de comprendre l'évolution de l'Univers pris dans son ensemble. Ces recherches théoriques développées en cosmologie trouvent aujourd'hui un écho, produisent un impact et suscitent des usages de plus en plus important au cœur même de notre société et de notre imaginaire, par les questions qu'elles soulèvent, au premier rang desquels celle de notre place et positionnement dans l'univers. Comment le concept d'univers s'est-il historiquement et épistémologiquement construit ? Quelle(s) vision(s) avons-nous aujourd'hui de l'Univers et quelles sont les dérives qui menacent actuellement notre culture scientifique ?

Denis Puy
est Professeur des Universités et Astrophysicien Au Laboratoire Univers et Particules de Montpellier (UM2). Il travaille en cosmologie sur l'évolution de l'Univers et la formation des premiers éléments de l'Univers.

16 janvier 2013 : Jean-Yves Dormagen

La science politique peut-elle être une science expérimentale ?


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Les sciences sociales, parmi lesquelles bien sûr la science politique, peuvent se développer sur le même modèle que les sciences expérimentales, par exemple la médecine, lorsqu'elle teste un nouveau traitement ou un nouveau médicament. Il ne s'agit plus alors pour les chercheurs de seulement analyser le réel, mais il leur revient d'intervenir sur la réalité avec la volonté délibérée de la transformer. Cette intervention est motivée par deux objectifs principaux : 1) tester des hypothèses et des modèles théoriques que les effets de cette intervention doivent permettre de valider ou d'invalider, 2) trouver des solutions efficaces pour résoudre des problèmes sociaux, économiques ou politiques et ainsi participer à la mise en œuvre d'un réformisme éclairé. Pour illustrer cette possible dimension expérimentale des sciences sociales, nous présenterons les premiers résultats d'une expérimentation, réalisée à l'occasion de la dernière présidentielle, visant à inscrire sur les listes électorales des non inscrits et des mal-inscrits. Cette intervention conduite sur une population de 80 000 personnes devait permettre de prouver que la phase de l'inscription ou de la réinscription - une spécificité française et américaine - constitue le principal obstacle à la participation électorale, car près de 90 % des citoyens sont disposés à voter dans le cadre d'un scrutin de haute intensité telle que la dernière présidentielle. Cette expérimentation en milieu réel devait ainsi permettre de mieux comprendre les modalités de production des mobilisations électorales et offrir des solutions, testées scientifiquement, pour accroître significativement l'ampleur de ces mobilisations.

Jean-Yves Dormagen
est Professeur et Directeur du département de science politique de l'Université de Montpellier 1. Il est l'auteur de La démocratie de l'abstention (avec Céline Braconnier ; Gallimard), de Logiques du fascisme : l'État totalitaire en Italie (Fayard) et de Introduction à la sociologie politique (De Boeck).

23 janvier 2013 : Portrait de savant : Henri Poincaré

Je doute donc je construis, par Damien Gayet


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Mathématicien foisonnant, physicien polymorphe, philosophe audacieux, Henri Poincaré a bâti à lui seul des pans entiers de la pensée scientifique. Nous commencerons dans cette conférence par dresser un court portrait de cet incroyable personnage et de son oeuvre. Puis nous partirons d'une question apparemment innocente, celle de la forme de la Terre, afin de plonger plus profondément dans l'univers de ce grand créateur. Au cours de ce voyage entre géométrie, astronomie et épistémologie, Poincaré ébranlera nos certitudes et nos intuitions, puis nous étonnera par ses intrigantes et élégantes théories créées pour résoudre les énigmes qu'il aura soulevées. Sur le chemin, nous croiserons, entre autres, un graphologue malhonnête, des mules équatoriennes et des voyelles colorées.

Damien Gayet
est mathématicien, maître de conférences à l'Université Claude Bernard Lyon 1. Il vient d'achever un ouvrage de philosophie des sciences à l'adresse du grand public, L'invention du réel, les dessous philosophiques de l'astronomie (à paraître).

30 janvier 2013 : Emmanuel Todd

Origine et avenir des systèmes familiaux


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Pourquoi donc étudier la diversité des structures familiales traditionnelles, et ce pendant plus de vingt ans ? Parce que cette diversité même permet d'expliquer les différentes trajectoires qu'a prises, aux quatre coins du monde, la modernité : la famille nucléaire absolue anglaise fut le substrat de l'individualisme et du libéralisme politique ; la famille nucléaire égalitaire du Bassin parisien légitimait l'idée a priori d'une équivalence des hommes et des peuples ; la famille souche fut en Allemagne et au Japon le socle d'idéologies ethnocentriques ; la carte du communisme, enfin, recouvrait celle de la famille communautaire. Aujourd'hui, ces systèmes familiaux mutent, dans les pays les plus avancés comme dans les pays émergents. Mais ces mutations n'échappent pas à des déterminations très anciennes. Entre l'invention de l'écriture et l'âge d'internet, comment la famille a-t-elle évolué ?

Emmanuel Todd
est démographe et Ingénieur de recherche à l'INED. Il est notamment l'auteur de Le Destin des immigrés (Seuil), Après l'Empire : Essai sur la décomposition du système américain (Gallimard), Après la démocratie (Gallimard). En 2011, a paru le premier tome de L'origine des systèmes familiaux, consacré à l'Eurasie.

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6 février 2013 : Christian Grataloup

Usage et mésusage des découpages du Monde - en partenariat avec le Café géo de Montpellier

 

Nord et Sud, océans et continents, Orient et Occident, aires culturelles et civilisations... : la géographie découpe le Monde. Pour classer les lieux, pour mieux mettre en ordre nos savoirs, pour guider nos actions, ces mises en scènes cartographiques sont toujours discutables, souvent fondées sur des logiques oubliées. Elles peinent à saisir les changements géopolitiques et les évolutions économiques et culturelles. Elles nous en apprennent plus sur notre passé que sur notre avenir. Mais peut-on voir le Monde sans grilles de lecture ?
Aujourd'hui, sur une Terre mondialisé dont il faut penser l'histoire de façon beaucoup plus multipolaire, la remise en cause de notre vision de la géographie des sociétés ne concerne pas que la cartographie ; ou, plutôt, c'est notre carte mentale du Monde qu'il faut discuter à la fois prospectivement et rétrospectivement. Il ne s'agit donc pas de faire l'analyse critique des planisphères et des noms donnés aux parties du Monde. Ce sont les visions réciproques de Soi et des Autres, des images mentales qui peuvent être artistiques ou religieuses, qui doivent être resituées au cœur d'un large panorama géopolitique, afin que chacun apprenne à se penser citoyen du Monde.

Christian Grataloup
est géographe, professeur de géohistoire à l'Université Paris Diderot et chercheur à l'UMR Géographie-Cités. Il a récemment publié Faut-il penser autrement l'histoire du monde ? (Armand Colin), Géohistoire de la mondialisation. Le temps long du Monde (Armand Colin) et L'invention des continents. Comment l'Europe a découpé le Monde (Larousse).

13 février 2013 : Raphaël Mathevet

La solidarité écologique, ce lien qui nous oblige

 

VIdéo supprimée à la demande de l'auteur.


Nous n'avons jamais autant parlé de la nature qu'à notre époque où tant de reportages télévisuels témoignent de ses beautés protéiformes et des menaces qui pèsent sur son devenir. Nous n'avons jamais eu autant d'écologues, de spécialistes de l'environnement, autant de gestionnaires de la biodiversité, nous n'avons jamais publié autant d'articles scientifiques, de guides de gestion, d'ouvrages de réflexion sur nos relations à la nature, au sauvage, à la biodiversité. Nous n'avons jamais autant réglementé l'accès et l'usage de la nature. Dans le même temps, nous n'avons jamais aussi bien détaillé nos pertes et profits, autant détruit nos processus écologiques à de si grandes échelles. Finalement, nous connaissons si bien ce que nous détruisons. On parle couramment de solidarité sociale au sujet des démunis, de solidarité économique au sujet des territoires défavorisés mais pas de solidarité écologique. Celle-ci ne va donc pas de soi ? Pourquoi ne sommes-nous plus capables de penser nos solidarités écologiques et donc d'intégrer la diversité du vivant dans nos territoires et nos manières de vivre ? Approfondir nos savoirs scientifiques ne suffira pas pour prendre la mesure de l'état de nos solidarités. Il s'agit de revisiter nos façons d'être, de penser et d'agir dans notre biosphère.

Raphaël Mathevet
est chercheur au CNRS, UMR 5175 CEFE de Montpellier. Vice-président du comité français du programme « Man and Biosphere » de l'UNESCO. Ecologue et géographe, il s'intéresse particulièrement à la gestion intégrée de la biodiversité, aux approches interdisciplinaires de modélisation participative ainsi qu'à l'évaluation des politiques publiques et des dispositifs de gestion concertée des territoires. Il est l'auteur de Camargue incertaine (Buchet-Chastel) et de La solidarité écologique, ce lien qui nous oblige (Actes Sud).

20 février 2013 : Jean-Marc Lévy-Leblond

Sur le Pont des Arts : arts et sciences pour de brèves rencontres - en partenariat avec Sciences citoyennes

 

Si la science veut se (re)faire culture, ce n'est pas en récupérant ou en arraisonnant la création artistique qu'elle y parviendra ; et si les arts veulent être en prise avec un monde dominé par la techno-science, ce ne sera pas en la plagiant ou en s'y inféodant. Le risque est permanent de voir la science et l'art tomber dans la servilité et l'histrionisme mutuel. Ainsi, la perspective d'une réunification œcuménique, des grandes retrouvailles de l'art et de la science, paraît relever d'une nostalgie naïve plus que d'un projet informé, fut-il utopique. La pluralité des œuvres, la divergence des pratiques, sont à louer et à préserver. Les rapports entre arts et sciences relèvent non de la (con)fusion ou d'une "nouvelle alliance", mais de la rencontre, voire de la confrontation.

Jean-Marc Lévy-Leblond
est physicien et philosophe. Professeur émérite de l'Université de Nice et directeur de la revue Alliage, il est notamment l'auteur de La pierre de touche. La science à l'épreuve (Gallimard), La vitesse de l'ombre : aux limites de la science (Seuil) et de La science n'est pas l'art : brèves rencontres... (Hermann).

Cette conférence est organisée en partenariat avec l'association Sciences citoyennes.

13 mars 2013 : Yves Citton

Gestes esthétiques, gestes de savoir ?


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En quoi nos expériences esthétiques (au cinéma, devant la télévision, dans un théâtre, un musée, à la lecture d'un livre) sont-elles une affaire de gestes ? En quoi ces gestes contribuent-ils à développer nos savoirs, nos sensibilités, nos puissances d'agir ? Toutes ces questions trouvent réponse à la lumière d'une thèse d'ordre anthropologique : si la modernité industrielle a entraîné l'atrophie des gestes physiques développés par les artisans au cours des siècles antérieurs, les développements médiatiques connus par le XXe et le XXIe siècles appellent de nouveaux gestes mentaux, affectifs et relationnels - et les expériences artistiques ont constitué au cours des trois derniers siècles un laboratoire privilégié pour le développement de tels gestes.


Yves Citton
est professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l'université de Grenoble-3 et membre de l'UMR LIRE (CNRS 5611). Ses travaux portent sur l'imaginaire politique de la modernité, l'archéologie des médias, la théorie littéraire et l'esthétique. Il a récemment publié Gestes d'humanités (Armand Colin, 2012), Renverser l'insoutenable (Paris, Seuil, 2012), Zazirocratie (Éditions Amsterdam, 2011), L'Avenir des Humanités (Éditions de la Découverte, 2010). Il est co-directeur de la revue Multitudes.

27 mars 2013 : Portrait de savant - Ambroise Paré (1510-1590)

Ambroise Paré (1510-1590) est, à l’image de la Renaissance dans son ensemble, un paradoxe vivant.

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Venu du petit peuple, dépourvu de diplômes, il va refonder la chirurgie en faisant prévaloir les données de l’expérience sur les dogmes galéniques pieusement transmis depuis plus de 15 siècles. Il se heurta au conservatisme des Universités mais triomphera en s’appuyant sur la faveur des puissants. Ses oeuvres, qui révolutionnent l’art de guérir, sont pourtant encore parsemées de superstitions naïves et de récits fabuleux qu’aucune critique ne semble effleurer. Contraste de toute une époque, de tout un temps, Ambroise Paré est ainsi pour nous le visage vivant de ce basculement de l’intelligence et des savoirs qui devaient conduire, quelques décennies plus tard, à la Révolution scientifique du XVIIe siècle.

 

Roger Dachez est médecin, enseignant à la faculté de médecine de Paris 7-Denis Diderot. Auteur d’une Histoire de la médecine de l’Antiquité à nos jours (Tallandier). 

03 avril 2013 : Jean-Baptiste Fressoz

L’Apocalypse Joyeuse : une histoire du risque technologique


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Un chiasme curieux caractérise notre société libérale et technologique : d’un côté nous transformons radicalement la nature quand de l’autre nous proclamons l’impossibilité de modifier la société. Le libéralisme combine une acceptation supposément réaliste des buts humains et de l’organisation sociale tels qu’ils sont, avec un projet utopique de maîtrise et de transformation du monde. Lorsqu’en 1992, au Sommet de la terre de Rio, George Bush père déclarait : « le mode de vie américain n’est pas négociable », cela impliquait que la nature et sa préservation l’étaient. Comment ce chiasme destructeur s’est-il établi à partir de la fin du XVIIIe ? « Le siècle du progrès » n’a jamais été simplement technophile. L’histoire du risque technologique qu’il présente n’est pas l’histoire d’une prise de conscience, mais l’histoire de la production scientifique et politique d’une certaine inconscience modernisatrice.

 

Jean-Baptiste Fressoz est historien des sciences, des techniques et de l’environnement, Maître de conférences à Imperial College, Londres. Il est l’auteur de L’apocalypse joyeuse : une histoire du risque technologique (Seuil). Il travaille désormais à une histoire politique des savoirs climatiques depuis le 18e siècle.

10 avril 2013 : Anne-Marie Martinez

Approches génétiques dans la recherche sur le cancer : de la mouche à l’homme


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À l’ère post-génomique, les séquences des génomes de nombreux organismes invertébrés et vertébrés sont accessibles à tous. Qu’avons-nous alors encore à apprendre de la génétique? L’approche génétique reste en réalité un outil de choix dans le but d’étudier les mécanismes qui régissent la régulation de l’expression des génomes. Sa particularité est d’offrir une approche in vivo fonctionnelle intégrée. Un défaut de régulation du génome peut conduire à de nombreuses pathologies, dont le cancer. L’utilisation d’organismes modèles, tels que la mouche, le nématode ou bien le poisson zèbre, permet de réaliser des cribles génétiques dans le but d’identifier la fonction de gènes dits « suppresseurs de tumeurs » ou « oncogènes » dans un contexte physiologique mais également dérégulé.


Anne-Marie Martinez est Professeur en génétique à la Faculté des sciences de l’Université Montpellier 2. Elle exerce son activité de recherche au sein de l’Institut de Génétique Humaine sur Le contrôle épigénétique de la prolifération et de la signalisation cellulaires par les complexes Polycomb chez Drosophila melanogaster. Anne-Marie Martinez a participé, aux côtés de Simon Galas et Simon Descamps, à la rédaction du manuel Le Cycle cellulaire (De Boeck). 

17 avril 2013 : Jean-Pierre Brun

Les parfums dans la Méditerranée antique. Les fouilles archéologiques de parfumeries à Délos, Pompéi et Paestum

En partenariat avec les Mercredis de l’Antiquité


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Les usages du parfum sont bien plus larges dans l’Antiquité que de nos jours. Ils sont utilisés pour la séduction, le bien-être, mais aussi comme médicaments, la pharmacie et parfumerie n’étant pas distinctes. On les utilisait aussi pour le culte des divinités, notamment pour parer les statues de culte et pour les funérailles, afin de préparer le corps du défunt pour le voyage vers l’au-delà. Les parfums étaient composés de substances aromatiques et d’une matière grasse, le plus souvent une huile végétale. Tout l’art du parfumeur consistait à capter les odeurs de fleurs, de résines et d’aromates et à les fixer sur la base huileuse par le procédé de l’enfleurage à froid ou à chaud. L’histoire des parfums est connue en partie par quelques sources telles que Théophraste à la fin du IVe siècle avant J.-C. et Pline au milieu du Ier siècle après J.-C. Les recherches récentes sur ces thèmes, complétées par des analyses chimiques et des expérimentations, permettent d’interpréter les vestiges des installations comprenant pressoirs, cuves, chaudières et de comprendre la place des parfumeurs dans la société antique.

 

Jean-Pierre Brun est directeur de recherche au CNRS et Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Techniques et économies de la Méditerranée antique. Il a dirigé de nombreuses fouilles en France, en Égypte et en Italie et est l’auteur d’Archéologie du vin et de l’huile en Gaule romaine (Errance), Les sites archéologiques de la baie de Naples : Pompéi, Herculanum, Capri, Misène, Capoue, Baia, Pouzzoles… (avec Jean-Claude Golvin et Frédéric Lontcho ; Archéologie nouvelle), Techniques et économies de la Méditerranée antique (Fayard/Collège de France). 

08 mai 2013

L’usage de l’anthropologie biologique dans la connaissance des pratiques funéraires

En partenariat avec le 37e colloque international de l’AFEAF


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Cette soirée est organisée en partenariat avec le 37e colloque de l’AFEAF (Association Française pour l’Étude de l’Âge de Fer), co-organisé par l’UMR 5140 Archéologie des sociétés Méditerranéennes et l’AFEAF. Les communications auront lieu du 9 au 11 mai dans la salle Rabelais (inscriptions obligatoires). Le programme sera disponible sur le site internet de l’AFEAF (www.afeaf.org) en début d’année 2013.

Au cours des dernières décennies, l’archéologie funéraire a été complètement rénovée : les considérations relatives à l’ostéologie humaine et à la dégradation organique ont replacé le cadavre au centre d’un discours qui au préalable, traitait avant tout de l’architecture des tombes et des mobiliers d’accompagnement. Les méthodes se sont ainsi rapprochées de celles de la Médecine légale. L’Ecole française, qui a joué un rôle primordial dans ce bouleversement, s’est notamment développée à partir de la fouille de sites languedociens ; elle a par ailleurs largement bénéficié de l’essor de l’archéologie préventive. Un accent particulier sera mis sur les acquis récents concernant les sépultures à crémation.

 

Henri Duday est archéologue, directeur de recherche au CNRS DRCE, équipe de recherche PACEA (UMR5199), Bordeaux. Il est aussi directeur d’études à l’EPHE (Directeur du Laboratoire de Paléoanthropologie de l’EPHE, 3e section), membre du CNRA, médaille d’argent du CNRS.

15 mai 2013 : Michel Raymond

Ce que nous apprend sur l’homme la sélection naturelle


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La sélection naturelle est un mécanisme simple, découvert par Charles Darwin, permettant de comprendre le monde vivant et ses adaptations. Mais quel est exactement son fonctionnement et quelles en sont les limites ? Aujourd’hui, la sélection naturelle se voit même copiée dans son principe, et mise à contribution afin de trouver des solutions à des problèmes complexes.

Qu’en est-il cependant de l’espèce humaine ? Certains éléments culturels, la médecine par exemple, permettent-ils à l’homme d’échapper aux lois de la sélection naturelle ? Plus généralement, quels sont les rapports entre l’évolution culturelle et la sélection naturelle ? Les chercheurs en évolution humaine, eux, se demandent si l’homme, animal culturel par excellence, subit lui aussi les effets de la sélection. La politique, la morale, voire la religion, auraientelles des racines biologiques ? La frontière trop commodément tracée entre nature et culture s’estompe ainsi un peu plus…

 

Michel Raymond est directeur de recherche CNRS. Il dirige l’équipe de Biologie évolutive humaine à L’Institut des Sciences de l’Évolution de Montpellier. Il est l’auteur de Cro-Magnon toi-même ! Petit guide darwinien de la vie quotidienne (Seuil) et de Pourquoi je n’ai pas inventé la roue… et autres surprises de la sélection naturelle (Odile Jacob).

22 mai 2013 : Portrait de savant : Dimitri Mendeleiev

Dimitri Mendeleiev et la classification périodique des éléments


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Le tableau périodique des éléments est aujourd’hui un incontournable tant dans l’enseignement que dans la recherche ; il fait partie intégrante de notre culture générale et apparaît comme une vérité établie. La proposition de Mendeleiev se situe dans une période de bouleversement en chimie et dans un flux d’informations nouvelles, tant sur le plan théorique, avec une théorie atomique qui s’affirme, que sur le plan industriel, avec l’expansion sans limites de l’industrie des colorants artificiels et de ses corollaires. Le congrès international des chimistes à Karlsruhe en 1860 avait été l’occasion pour Stanislao Cannizzaro de préciser les définitions de l’atome et de la molécule, propositions qui confortèrent le jeune Mendeleiev dans ses choix théoriques. En groupant les éléments aux propriétés voisines par famille naturelle, la périodicité apparaît : « les propriétés chimiques sont des fonctions périodiques de leur poids atomique ». Le chimiste russe n’est pas le premier à tenter cette aventure, mais le tableau qu’il fournit est le plus fécond. Cependant, la première version qu’il publie en 1869 n’est pas acceptée immédiatement. Ce sont les découvertes du gallium (1875), du scandium (1879) et du germanium (1886) prédites par ce tableau, qui le firent reconnaître comme une clé pour la chimie…

 

Danielle Fauque est Professeure agrégée de sciences physiques et docteur en histoire des sciences. Elle est l’auteur de Lavoisier et la naissance de la chimie moderne (Vuibert).

Mercredi 29 mai 2013 Conférence de clôture par Bruno Latour

Afin de clore cette quatrième saison de l’Agora des savoirs, Bruno Latour a accepté de venir présenter le projet sur lequel il travaille depuis trois ans, Gaia Global Circus, projet qui porte sur la mise en scène, dans tous les sens du mot, de la question climatique devenue la grande question politique et artistique de notre temps et qui n’est plus uniquement le domaine des chercheurs en sciences de la Terre. Des questions de cosmopolitiques d’autant plus intéressantes pour les mondes de l’art et de la scène qu’elles rejoignent en effet beaucoup de formes artistiques qui ont été actives à la Renaissance et à l’époque baroque. Un projet qui a d’ailleurs abouti à l’écriture (avec Frédérique Aït-Touati et Chloé Latour) et à la création d’une pièce, Gaïa, tragi-comédie climatique et globale… C’est à la découverte de ce fascinant projet de recherche, aux carrefours de la philosophie, de l’anthropologie et des arts, que vous invite cette ultime conférence de la quatrième saison de l’Agora des savoirs.

 
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Bruno Latour Auteur, entre autres livres, de : La Vie de laboratoire. La production des faits scientifiques, Nous n’avons jamais été modernes. Essai d’anthropologie symétrique, Politique de la nature. Comment faire entrer les sciences en démocratie et de Cogitamus : Six lettres sur les humanités scientifiques (tous parus aux Éditions de La Découverte).

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