Agora des savoirs 2011-2012

Lors de l’Agora des savoirs 3, qui s’est déroulée du 2 novembre 2011 au 13 juin 2012, les scientifiques et leurs auditeurs se sont interrogés sur les (In)certitudes.

Un article présent dans la rubrique :

Présentation

Ce que nous disent aujourd'hui les physiciens de leurs recherches et découvertes met souvent à mal notre sens commun, nos manières devoir et de nous représenter le monde, bousculent nos évidences...

 

Au fin fond de la physique moderne se trouve l'idée, assez platonicienne, qu'il existe deux mondes distincts : un premier monde fait de concepts, de principes formels, de lois mathématiques, dont l'agencement est censé permettre de comprendre les phénomènes physiques qui se déroulent dans le second monde, qui est le monde empirique. Mais quelle est la nature du lien qui existe entre les théories physiques "qui ont fait leurs preuves" et la réalité ? S'agit-il d'une véritable rencontre ou simplement d'un effleurement ? Et comment s'assurer que les théories physiques ne divaguent pas à propos des objets qu'elles visent ? Inlassable « passeur » des savoirs scientifiques auprès du grand public, ardent défenseur du dialogue des disciplines entre elles, du nécessaire rapprochement entre sciences et humanités, Étienne Klein est aussi depuis l'origine le parrain bienveillant et précieux de l'Agora des savoirs.

 

L’Agora des Savoirs 3 a débuté mercredi 2 novembre 2011 par une leçon inaugurale d’Etienne Klein, physicien, directeur de recherches au CEA et docteur en philosophie des sciences. Les conférences se sont ensuite enchaînées, du 9 novembre 2011 au 13 juin 2012.

Conférence inaugurale

Mercredi 2 novembre 2011 : Comment savons-nous ce que nous savons ? Étienne Klein

Étienne Klein est physicien, directeur de recherches au CEA et docteur en philosophie des sciences. Il dirige actuellement le Laboratoire de Recherche sur les Sciences de la Matière du CEA (LARSIM). Ses deux derniers ouvrages sont :
- Discours sur l'origine de l'univers, Flammarion, 2010.
- Anagrammes renversantes, ou le sens caché du monde (avec Jacques Perry-Salkow), Flammarion, novembre 2011.


Agora des savoirs : Comment savons-nous ce que... par villedemontpellier

 
Ce que nous disent aujourd'hui les physiciens de leurs recherches et découvertes met souvent à mal notre sens commun, nos manières devoir et de nous représenter le monde, bousculent nos évidences... Au fin fond de la physique moderne se trouve l'idée, assez platonicienne, qu'il existe deux mondes distincts : un premier monde fait de concepts, de principes formels, de lois mathématiques, dont l'agencement est censé permettre de comprendre les phénomènes physiques qui se déroulent dans le second monde, qui est le monde empirique. Mais quelle est la nature du lien qui existe entre les théories physiques "qui ont fait leurs preuves" et la réalité ? S'agit-il d'une véritable rencontre ou simplement d'un effleurement ? Et comment s'assurer que les théories physiques ne divaguent pas à propos des objets qu'elles visent ? Inlassable « passeur » des savoirs scientifiques auprès du grand public, ardent défenseur du dialogue des disciplines entre elles, du nécessaire rapprochement entre sciences et humanités, Étienne Klein est aussi depuis l'origine le parrain bienveillant et précieux de l'Agora des savoirs.

1er cycle, du 9 novembre 2011 au 11 janvier 2012

Hasard, incertitudes, surprises : les "jeux" de la nature,de la matière et du vivant

L'incertitude est au coeur de tout ce qui existe, donnant même parfois l'impression que la matière et le vivant aiment à se jouer.
Aléas, surprises bonnes ou mauvaises abondent, formes étranges et irrégulières pullulent, invalidant toute idée de Providence, rendant caduques les déterminismes... Certains objets ne sont pas ce qu'ils semblent être ; sur de nombreuses questions et phénomènes, les scientifiques hésitent encore ; et toutes les disciplines du savoir et de la connaissance rencontrent à chaque moment de leur histoire illusions et faux-semblants...

Novembre 2011

9 novembre 2011 : Faut-il croire aux univers parallèles ?

Thomas Lepeltier est historien et philosophe des sciences, chargé de cours à l'Université d'Oxford. Il a récemment publié Univers parallèles (Seuil, 2010).


Thomas Lepeltier : Faut-il croire aux univers... par villedemontpellier

Depuis une trentaine d'années, les concepts d'univers parallèles et de multivers occupent une place croissante en physique et en cosmologie. Dans le sillage des réflexions sur le principe anthropique, on assiste en effet au renforcement
de l'idée que notre univers ne serait qu'un élément d'un ensemble très vaste d'univers, tous présentant des caractéristiques légèrement différentes.
Certains théoriciens envisagent même que de nouveaux univers se créeraient en permanence, voire qu'il y aurait un processus de sélection naturelle assurant une plus grande prolifération des univers propices au développement de la vie.
Que faut-il penser de ces spéculations ?

 

Agora junior

16 novembre 2011 : Une matière si sensible !

Michel Mitov est directeur de recherche au CNRS. Il est l'auteur de Matière sensible (éditions du Seuil).


conférence non diffusée sur demande du conférencier

 

Emulsions, gels et mousses en cuisine moléculaire, champagne, cristaux liquides des écrans plats mais aussi de la matière vivante, médicament à libération contrôlée, tas de sable, encres et peintures, caoutchouc et plastiques, "sang
miraculeux" de saint Janvier dans cette église de Naples : toutes ces matières si différentes voient une de leurs propriétés bouleversée alors qu'un détail seulement a été changé dans leur composition ou leur environnement. Pourquoi une telle sensibilité ? A quelles fins ? Qui est le responsable ? Telles sont les questions, parfois non résolues, que soulève la matière sensible dite matière molle.

 

23 novembre 2011 : Les mathématiques ou l'origine des certitudes

Ivar Ekeland est mathématicien. Il a été viceprésident de la Société Mathématique de France. Lauréat du Prix d'Alembert et du Prix Jean Rostand, il est aussi membre de l'Académie norvégienne des sciences et des lettres. Il est l'auteur de Au Hasard (Le Seuil, 1991), Le meilleur des mondes possibles (Le Seuil, 2000), Le Chaos (Le Pommier, 2006) et Le Chat au pays des nombres (Le Pommier, 2006).


Ivar Ekeland : les mathématiques ou l'origine... par villedemontpellier

 

On n'est sûr de rien, sauf des mathématiques. Mais pourquoi cela ? Et peut-on se tromper en mathématiques ? Peut-on aussi y découvrir du neuf ? Peut-on, encore, en tirer des leçons valables dans d'autres domaines, ou même dans la vie
de tous les jours ? En s'appuyant sur un certain nombre d'exemples célèbres tirés de l'histoire des mathématiques (Poincaré et le chaos déterministe, Lebesgue et la pluralité des infinis...), Ivar Ekeland se livre dans cette conférence à une savante et séduisante introduction aux mathématiques !

 

Agora junior

30 novembre 2011 : L'anatomie et son conservatoire à Montpellier : un passé prestigieux

François Bonnel est Professeur émérite d'anatomie à la Faculté de Médecine de Montpellier, chirurgie orthopédique, Laboratoire Anatomie.

 

conférence non diffusée sur demande de la ville 

 

L'anatomie mérite une mention spéciale dans l'histoire de l'École de Montpellier car elle y a été à l'honneur très précocement. Cette science fondamentale a permis à la médecine de quitter les  voies obscures de l'empirisme pour devenir un art rationnel. Dans l'École de Montpellier, au début de son existence, les plus illustres de ses médecins furent des Arabes et des Juifs venus d'Espagne. On se contentait de commenter les ouvrages des médecins arabes, qui n'avaient jamais fait d'anatomie, parce que leur religion leur interdisait tout contact avec les cadavres. Pour cette raison bien sûr, l'anatomie a été de toutes les sciences fondamentales celle qui a nécessité la plus grande des ingéniosités dans sa manière de répondre aux interrogations qui se posaient à elle...

Décembre 2011

7 décembre 2011 : Le cerveau a-t-il un sexe ?

Catherine Vidal est neurobiologiste, Directrice de Recherche à l'Institut Pasteur. Elle est membre des Comités Scientifique et d'Orientation de l'Institut Emilie du Châtelet, du Conseil Scientifique de la Mission pour la place des femmes au CNRS, de l'Association "Femmes et Sciences" et du Collectif "Pas de 0 de conduite pour les enfants de trois ans". Elle a été promue Chevalière de la Légion d'Honneur en 2009. Elle est l'auteur de Cerveau, sexe et pouvoir (avec Dorothée Benoit-Browaeys), Editions Belin, 2005.


Agora des savoirs: Catherine Vidal - Le cerveau...

Avec l'avancée des connaissances en neurosciences, on serait tenté de croire que les idées reçues sur les différences biologiques entre les hommes et les femmes ont été balayées. Or médias et magazines continuent de nous abreuver de vieux clichés qui prétendent que les femmes sont "naturellement" bavardes et incapables de lire une carte routière, alors que les hommes seraient nés bons en maths et compétitifs. Ces discours laissent croire que nos aptitudes et nos personnalités sont câblées dans des structures mentales immuables. Or les progrès des recherches montrent le contraire : le cerveau, grâce à ses formidables propriétés de "plasticité", fabrique sans cesse des nouveaux circuits de neurones en fonction de l'apprentissage et de l'expérience vécue.
Garçons et filles, éduqués différemment, peuvent montrer des divergences de fonctionnement cérébral, mais cela ne signifie pas que ces différences sont présentes dans le cerveau depuis la naissance, ni qu'elles y resteront ! L'objectif
de cette conférence est de donner à comprendre le rôle de la biologie mais aussi l'influence de l'environnement social et culturel dans la construction de nos identités d'hommes et de femmes.

 

Agora junior

14 décembre 2011 : Certitude et incertitude dans le développement animal

Alain Ghysen est directeur de recherche émérite à l'INSERM.


Agora des savoirs: Alain Ghysen - Certitude et...
S'il est certain qu'une chatte engendrera toujours des chatons, il est tout aussi évident que le programme de développement n'est pas capable de préciser le sort de chacune des milliards de cellules qui forment ces chatons. Seront décrites quelques-unes des stratégies utilisées pour permettre aux cellules de s'auto-organiser et de générer elles-mêmes, de manière reproductible, des structures ordonnées et efficaces. Nous verrons aussi comment, une fois mis en place, ces systèmes structurants ont été conservés tout au long de l'évolution, témoins de l'unité de la Vie et formant, selon les mots d'Henri Michaux, "une sorte d'alphabet, mais un alphabet qui eût pu servir dans l'autre monde, dans
n'importe quel monde".

Janvier 2012

Agora junior

4 janvier 2012 : Les chemins incertains de l'histoire de la vie sur terre

Monique Vianey-Liaud est professeur émérite de Paléontologie de l'Université des Sciences et Techniques de Montpellier (UM2). Docteur en sciences, elle effectue ses recherches à l'Institut des Sciences de l'Evolution de l'UM2.


Agora des savoirs: Monique Vianey-Liaud - Les...

 

La paléontologie est une discipline scientifique qui a pour objectif général de retracer l'histoire de la vie sur Terre. Mais les indices sont rares et fragmentaires, et il faut faire revivre des organismes disparus il y a des millions voire des milliards d'années, et qu'aucun humain (bien évidemment) ne verra jamais... Pour autant ce n'est pas mission impossible car, même si les incertitudes sont nombreuses, les éléments de l'histoire de la vie au cours du temps long sont étayés par des preuves qui peuvent être vérifiées ou réfutées. Depuis ses prémices, et pendant 4 milliards d'années donc, l'histoire de la vie s'est déroulée à des rythmes variés, en suivant des chemins que nous seuls humains (et plus particulièrement nous, paléontologues) sommes à même de retracer a posteriori : aucun plan préétabli au départ, donc ! Ensuite, des hasards et des contraintes diverses, imprévisibles par qui que ce soit, se mêlent, se succèdent, au fil de l'évolution de la planète et de ses climats, en interactions continuelles avec les mondes vivants... Comprendre cela, c'est mesurer, en quelque sorte, le défi passionnant auquel se mesurent chaque jour les paléontologues du monde entier !

 
Agora junior

11 janvier 2012 La Terre avant les dinosaures : redonner vie aux animaux de la préhistoire

Jean-Sebastien Steyer est docteur en paléontologie, chercheur au CNRS rattaché au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, expert international sur les faunes pangéennes. Il est l'auteur de l'ouvrage "La Terre avant les
dinosaures" paru aux Editions Belin en 2009.


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Comment était la vie avant les dinosaures ? Et comment les paléontologues reconstituent-ils cette biodiversité du passé ? Les dinosaures, T-rex, Triceratops, Stegosaurus et autres, sont les stars incontestées de la préhistoire.
Pourtant, avant eux, un monde tout aussi fantastique évoluait sur Terre il y a 300 millions d'années. Libellules géantes, salamandres géantes, reptiles cuirassés, cornus, ou à dents de sabre, comment les paléontologues d'aujourd'hui sont-ils
capables de redonner vie à ces mondes perdus ? De la recherche sur le terrain à la reconstitution numérique en 3D, le travail des paléontologues s'apparente à une longue enquête policière mais où les victimes dorment ensevelies depuis des millions d'années... Grâce à ces minutieuses investigations, nous commençons seulement à dessiner les contours de la Pangée, cette immense masse continentale qui regroupait alors tous les continents, avant les dinosaures.
Cette Pangée abritait, en son centre, des forêts profondes et luxuriantes, théâtre de l'évolution des premières formes de vie terrestre. De la région de Montpellier et Lodève en passant par le Sahara nigérien, du Muséum de Paris au
studio numérique du sculpteur, le travail de ces nouveaux "experts" de la préhistoire est passionnant et semé d'embûches.

Avec la participation de Marc Boulay, paléoartiste de renommée internationale travaillant pour le cinéma, sculpteur numérique spécialiste des reconstitutions

2e cycle, du 18 janvier 2012 au 21 mars 2012

Sciences incertaines & savoirs flous : l'incertitude au coeur de la connaissance

Se déprendre des idées reçues, de la doxa, des certitudes non fondées en raison est évidemment le début de toute science et de toute recherche du savoir. Autre évidence, les savoirs sont construits et se construisent, à la différence de toutes les formes de révélation: ils restent précaires, demeurent (pour un temps?) falsifiables, soumis à l'erreur et aux aléas de la recherche et de l'époque... Les huit conférences qui suivent offrent un bref panorama d'erreurs involontaires mais aussi parfois volontaires, d'impostures, de constructions idéologiques, d'usages hétérodoxes des connaissances et des idées, avant que la dernière n'interroge une autre forme de certitude, négative celle-là...

Janvier 2012

18 janvier 2012 : Erreurs et fraudes en science

Kamil Fadel est chef du département de Physique, Palais de la découverte.


Agora des savoirs: Kamil Fadel- Erreurs et... par villedemontpellier

Aux yeux du grand public la science progresse grâce à ses piliers que sont la raison et l'objectivité. Cette vision idéaliste et parfaite de l'activité scientifique est également largement partagée par les scientifiques eux-mêmes. L'histoire des
sciences montre en fait que le scientifique est souvent guidé par une conviction intime ou diverses motivations. On accuse les conduites qui sont loin d'être exemplaires et qui conduisent à des échecs, mais on les oublie toutes les fois où elles permettent une avancée...

 
Agora junior

25 janvier 2012 : La Construction du Panthéon national, de l'époque romantique à nos jours

Christian Amalvi est ancien élève de l'Ecole nationale des Chartes, titulaire d'un Doctorat d'Etat en histoire. Né en 1954 à Montauban, il enseigne l'histoire contemporaine à l'Université Paul Valéry - Montpellier-III. Spécialiste des mythologies
nationales et des différentes manières d'écrire l'histoire, il a publié, en 2001, Le Goût du Moyen Âge, Paris, la Boutique de l'histoire, et, en 2011, chez Larousse, Les Héros des Français. Controverses autour de la mémoire nationale.


Agora des savoirs: Christian Amalvi - La...
Les Français, à l'aube du xxie siècle, aiment les destinées héroïques : biographies, téléfilms, expositions portant sur des personnages hors normes du roman national suscitent toujours chez eux un vif intérêt. Ce goût pour les figures de proue du passé national - de Vercingétorix à François Mitterrand - semble si bien partagé que certains historiens considèrent même que ce culte du passé permettrait aux Français de dépasser les rudes affrontements de la vie politique. Or, qu'en est-il réellement ?
A partir d'un vaste corpus composé de textes de manuels scolaires, d'extraits de, biographies destinées au grand public, d'images populaires et de représentations de monuments commémoratifs - statues en place publique, notamment - et à partir des vives controverses que ces matériaux de mémoire suscitent dans la société depuis près de deux siècles, la conférence tentera d'éclairer les enjeux des passions, politiques, religieuses, culturelles, liées au souvenir des grands hommes familiers à tous les Français et de répondre à cette question de fond : les Héros rassemblent-ils ou divisent-ils la société française ?

Février 2012

Agora junior

1er février 2012 : Martiens du Sahara, dames blanches et Atlantide : mythes contemporains et impostures archéologiques

Jean-Loïc Le Quellec est directeur de recherches au CNRS, centre d'études des Mondes africains (CEMAf, UMR 8171). Prix Bordin de l'Académie (2006), 1er Grand Prix Burkhard de l'archéologie (2009), Président de l'AARS, directeur de la collection "Pierres tatouées" chez Errance/Actes Sud. Il a publié La Dame Blanche et l'Atlantide. Enquête sur un mythe archéologique. Arles : Errance/Actes Sud.

La conférence n'a pas eu lieu. La personne remplaçant M. Le Quellec n'a pas donné son aval pour diffuser sa conférence.

D'innombrables livres, revues, films ou émissions prétendent élucider les "mystères" de l'archéologie en faisant appel à de prétendus "anciens astronautes" et à des mondes ou des savoirs ignorés des archéologues "officiels", ce qui conduirait à la révision complète de notre connaissance du passé. D'où viennent ces théories ? Quelle est leur validité ? L'examen des arrièreplans historiques et des implications idéologiques de ces mythes montre qu'ils n'ont rien de scientifique, et
que leur fonction essentielle est de valider une vision du monde particulièrement ethnocentrique et rétrograde.

 

8 février 2012 : Le droit... à l'envers

Éric Millard est professeur de droit public à l'Université Paris Ouest Nanterre La Défense, membre honoraire de l'Institut universitaire de France, Directeur de l'école doctorale de droit et sciences politiques de Nanterre, Vice-Président de l'association internationale de philosophie juridique et sociale (IVR).


Agora des savoirs: Éric Millard- Le droit..... par villedemontpellier

Dans les représentations communes, le droit ne laisse pas place à l'incertitude, et si tel était le cas, ce serait un "mauvais" droit, qui ne remplirait pas ses fonctions naturelles. Objet réputé sûr, il permet une connaissance dogmatique qui construit le juriste comme maître de savoir et de savoirfaire. Ces représentations communes ne résistent pas à l'analyse théorique classique ou critique. Au contraire, celle-ci met en évidence dans le droit ou dans le savoir à propos de celui-ci les ambiguïtés, le flou, les subjectivités, etc. Surtout, elle souligne que les représentations communes sont nécessaires pour que le droit remplisse ses fonctions, justement parce que ce sont des représentations. Voilà deux faces d'un même objet : ce qu'il donne à voir et ce qu'il est, l'endroit et l'envers. C'est cet envers que la conférence entend présenter, en assumant la possibilité d'un savoir juridique incertain, et d'un savoir sur le droit limité.

 

Agora junior

29 février 2012 : Les offensives créationnistes de part et d'autre de l'Atlantique

Olivier Brosseau est docteur en biologie et Cyrille Baudouin, ingénieur physicien. Ils travaillent aujourd'hui en communication et en diffusion de la culture scientifique et ont coécrit Les créationnismes : une menace pour la société française ? (Syllepse, 2008) et Les créationnismes (Belin, collection "Regards", 2012 - à paraître). Un site présente leurs travaux : www.tazius.fr/lescreationnismes/


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Les créationnistes - qu'ils soient fondamentalement opposés à la théorie de l'évolution ou, plus subtilement,évolutionnistes mais anti-darwiniens - tentent de réintroduire une transcendance dans l'explication scientifique du monde réel et de son origine. Très organisés et médiatisés aux Etats-Unis, ils sont souvent considérés comme un problème essentiellement nord-américain. Pourtant, en octobre 2007, le Conseil de l'Europe s'est inquiété de la progression de courants créationnistes au sein des États membres dans le rapport sur les dangers du créationnisme dans l'éducation. Les difficultés même à adopter ce rapport, d'abord renvoyé en commission, puis objet de pressions par le Saint-Siège, témoignent
des enjeux politiques que revêt cette problématique. En quoi la France est-elle concernée par ces mouvements ? Quels sont les enjeux sociaux et politiques de ces démarches anti-scientifiques ?

Mars 2012

Agora junior

7 mars 2012 : L'énergie, le concept des concepts !

Muriel Guedj est maître de conférences en histoire des sciences, Université de Montpellier 2.

"Super loi", concept unificateur aux pouvoirs explicatifs et prédictifs considérables, l'énergie est un concept scientifique singulier. Omniprésent dans les débats de sociétés et les médias, le terme d'énergie est tout autant usité dans le langage courant qu'il ne l'est dans des domaines aussi divers que les sciences, l'économie, les arts et les lettres. Paradoxalement l'énergie reste difficile à définir et les acceptions du terme semblent aussi nombreuses que les domaines
d'usages sont variés. Mais alors qu'est-ce que l'énergie ? Peut-on, selon les domaines abordés, évoquer des savoirs certains, aberrants ou excentriques ? Plus encore, cette cacophonie sémantique est-elle neutre et sans risque ou bien laisse-t-elle la porte ouverte à l'instrumentalisation du concept à des fins plus ou moins avouables ?


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14 mars 2012 - Raconter le monde : la fiction et la science à l'aube de la modernité

Frédérique Aït-Touati est maître de conférences à l'Université d'Oxford en littérature française, Professeur associé à Sciences-Po Paris. Elle est l'auteur de Contes de la Lune, Essai sur la fiction et la science modernes (Gallimard, 2011).

A l'heure où la division entre culture "littéraire" et culture "scientifique" fait tant de ravages, il peut être utile de se pencher sur une époque où elles faisaient bon ménage, pour mieux dire, où elles étaient inséparables, car participant d'une même vision du monde et d'une même culture humaniste. Les textes scientifiques du xviie siècle, et ceux touchant à l'astronomie en particulier, recèlent bien des surprises : ils racontent des histoires, inventent des fictions et des
personnages. Ce n'est pas seulement pour séduire ou par prudence, mais bien pour explorer les nouveaux mondes de la science et pour tâcher de se représenter l'invisible de l'infiniment lointain. Bien plus qu'un simple divertissement, la fiction est alors un outil de savoir et un moyen de comprendre le monde.

 

 

21 mars 2012 - Les certitudes négatives

Jean-Luc Marion est philosophe, membre de l'Académie française et de l'Académie des Lynx. Il enseigne à l'Université de Paris-IV Sorbonne et à l'Université de Chicago, dirige la collection Épiméthée, aux Presses Universitaires de France.
Il a publié récemment Au lieu de soi, l'approche de Saint Augustin (PUF, 2008) et Certitudes négatives (Grasset, 2010).


Agora des savoirs: Jean-Luc Marion-Les... par villedemontpellier

Connaître signifie connaître avec certitude des objets, donc, suivant les sciences : il n'y aurait de certitude qu'affirmative et scientifique. Le reste, ce qui se dit ailleurs, en philosophie ou littérature, n'apporterait aucune certitude. Voilà
ce que nous tenons tous, spontanément, pour allant de soi. Ce livre veut le mettre en question. Car précisément une question, à condition qu'elle ait un sens, peut aboutir à une certitude, pourvu que nous comprenions pourquoi et comment elle doit rester sans réponse. Les questions sansréponse donnent aussi des certitudes, mais des certitudes négatives. Ainsi ne doit-il pas y avoir de réponse à la question sur la définition de l'homme - car définir l'homme aboutit
toujours à en finir avec certains hommes. Ainsi la question de Dieu survit-elle à tout argument sur l'impossibilité de l'expérience de Dieu, précisément, parce que Dieu, par hypothèse, concerne ce qui nous reste impossible. Ainsi le don, et ce qui le confirme par redondance, le pardon et le sacrifice, n'admet-il aucune condition de possibilité, précisément parce qu'il transcende l'économie des échanges. Ainsi l'événement advient sans aucune prévision et contre toute attente,
parce qu'il ne pourra jamais devenir l'objet d'une compréhension exhaustive, comme un objet ou un spectacle. Il se pourrait que ces certitudes négatives, qu'aucune théorie ou expérience à venir ne viendra corriger ou invalider, nous offrent infiniment plus de certitude que toute affirmation.

3e cycle, du 28 mars 2012 au 30 mai 2012

De quoi demain sera fait ? Prévoir le monde

De quoi demain... s'interrogeaient ensemble la psychanalyste Elisabeth Roudinesco et le philosophe Jacques Derrida lors d'un dialogue fameux. Si l'avenir est naturellement le royaume de l'incertain, notre époque, singulièrement anxieuse et
désenchantée, imagine souvent le sien sous les couleurs les plus sombres... Les huit conférences qui suivent cernent autant de figures de l'incertitude contemporaine et interrogent les crises, réelles ou supposées : crise de l'humanisme et du progrès, crise du politique et de l'ère libérale, crise économique et crise du religieux... Alors, crises ou mutations ?

Mars 2012

28 mars 2012 - Des hommes probables dans un monde incertain

Jacques Testart est biologiste, pionnier de la procréation assistée, directeur honoraire de recherches à l'Inserm, président de la Fondation Sciences Citoyennes. Il est notamment l'auteur de Des hommes probables (Le Seuil, 1999) et de Le vélo, le mur et le citoyen (éditions Belin, 2006).


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La science a été longtemps source d'affirmations, même si elle se trompait parfois. Et la nature pouvait être considérée comme un environnement durablement stable malgré des crises de temps à autre (éruptions, épidémies...). Ainsi le monde des humains prétendait avancer sans trop d'angoisse vers un progrès paisible, linéaire, forcément un "mieux".
Nous avons découvert le plus facile : comment passer du gène à la protéine, des gamètes à l'enfant, des ressources fossiles à l'énergie pas chère, des éléments chimiques à la synthèse, etc. Et nous voici
dans le doute parce que la réalité nous accuse de simplisme et d'avoir nié la complexité dans la pensée comme dans l'action, aussi bien pour les mécanismes du vivant que pour les effets de nos activités sur l'environnement ou la croyance en la pérennité de ressources devenues indispensables. Les belles certitudes ont alors fait place aux aléas, qu'on mesure avec la statistique, aux facteurs de risque, à la
probabilité d'occurrence de tout événement. Ainsi nous évaluons la probabilité des risques naturels ou technologiques pour en déduire la précaution, nous sondons les risques de pathologies pour en faire de la
médecine prédictive... Mais nous usons de plus en plus de systèmes d'assurance car la probabilité n'est jamais sûre...
Pris dans ces loteries qui nourrissent de nouvelles industries, nul ne sait ce que nous deviendrons. Le moment que propose la technoscience est celui de l'homme probable dans un monde incertain.
Et après ?...
Seule la démocratie effective, celle qui peut libérer les intelligences, est susceptible de répondre aux situations d'incertitude sans céder aux intérêts particuliers.
En partenariat avec la Fondation Sciences Citoyennes

Mai 2012

9 mai 2012 - La construction européenne, 60 ans après :le pari de Jean Monnet a-t-il été tenu ?

Rémy Pech est Professeur émérite d'Histoire contemporaine de l'Université de Toulouse, qu'il présida. Spécialiste d'histoire rurale, titulaire de 1991 à 2010 de la Chaire Jean Monnet d'Histoire européenne, il a enseigné cette discipline et dirigé de nombreuses études sur la construction européenne.


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À 64 ans, muni d'une grande expérience de financier international, de diplomate et de grand commis de l'État, Jean Monnet accède en 1952 à la présidence de la Communauté européenne du charbon et de
l'acier (CECA), première réalisation d'une construction européenne aujourd'hui en forte crise. Réfléchir sur les projets et les motivations de ce visionnaire pragmatique peut nous permettre une évaluation lucide
des péripéties de l'Europe, à travers six décennies d'avancées et de piétinements, d'élargissements pas toujours réussis, d'approfondissements toujours remis en cause. Mais un tel débat comporte aussi l'analyse du présent et l'effort pour discerner les chances de l'Europe, à l'heure d'une mondialisation accélérée.

 

16 mai 2012 - La crise du capitalisme financier : 2007-... ?

Paul Jorion est notamment l'auteur de L'argent, mode d'emploi (Fayard, 2009), Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard, 2009), Le capitalisme à l'agonie (Fayard, 2011) et La guerre civile numérique (Textuel, 2011). Son blog : www.pauljorion.com/blog/


Agora des savoirs: Paul Jorion- La crise du... par villedemontpellier

Où en sommes-nous ? Alors que la crise née en février 2007 entre dans sa cinquième année, que sommes-nous aujourd'hui en mesure de craindre et d'espérer ? Les États ont été entraînés dans l'abysse par un secteur bancaire mortellement blessé par des dizaines d'années de crédit excessif - le crédit ayant remplacé les salaires. Aucune des demi-mesures prises n'ayant eu le moindre effet, sommes nous entrés
dans le temps des mesures radicales ?

 

23 mai 2012 - Le scepticisme et la foi

Carlos Lévy est Professeur de langue et littérature latines à l'Université de Paris- Sorbonne, spécialisé dans la philosophie hellénistique et romaine. Il dirige l'équipe de recherche "Rome et ses renaissances" de la
Sorbonne. Il est notamment l'auteur de Les philosophies hellénistiques (Le Livre de Poche, 1997) et de Les scepticismes (PUF, 2008).


Agora des savoirs: Carlos Lévy- Le scepticisme... par villedemontpellier

L'évolution du terme "scepticisme", lui-même assez tardif dans la philosophie antique, a fini, notamment à travers l'utilisation de la figure de Voltaire, par lui donner le sens d'opposition aux croyances religieuses. Dans la version caricaturale de cette acception, Monsieur Homais, l'inénarrable pharmacien de Madame Bovary, représente l'esprit fort qui prétend ne faire confiance qu'aux certitudes de la raison et de la science. La réalité historique du scepticisme fut tout autre. Le pyrrhonisme originel respectait les rites religieux et, s'il est vrai que les Néoacadémiciens tournaient en dérision la divination, cela ne les empêchait pas d'épargner la religion de la cité. Avec l'arrivée du monothéisme, le scepticisme devint, dans ce qu'on appelle le fidéisme, le complément indispensable de la foi, chez Philon d'Alexandrie, ou, au contraire, chez Saint Augustin, l'occasion pour la foi de montrer ce qu'elle contient en elle-même de puissante rationalité. Une plongée érudite aux sources antiques du doute !

 

30 mai 2012 - Vers une sainte ignorance ? L'avenir incertain des religions

Olivier Roy est directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS. Depuis septembre 2009, il est professeur à l'Institut universitaire européen de Florence (Italie), où il dirige le Programme méditerranéen. Il est l'auteur de Le croissant et le chaos (Hachette, 2007) et de La sainte ignorance (Le Seuil, 2008).


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Pourquoi des dizaines de milliers de musulmans se convertissent-ils pour devenir chrétiens ou témoins de Jéhovah ? Comment expliquer que la religion qui croît le plus vite dans le monde soit le pentecôtisme ? Pourquoi le salafisme, doctrine musulmane particulièrement austère, attire-t-il de jeunes Européens ? Pourquoi si peu de jeunes catholiques entrent-ils dans les séminaires alors qu'ils se pressent autour
du pape lors des Journées mondiales de la jeunesse ? Comment se fait-il que les défenseurs de la tradition anglicane conservatrice soient aujourd'hui nigérians, ougandais ou kényans, alors que le primat de l'Église en Angleterre approuve l'usage de la charia pour les musulmans britanniques ? Pourquoi la Corée du Sud fournit-elle, proportionnellement, le plus grand nombre de missionnaires protestants dans le monde ? Comment peut-on être "juif pour Jésus" ? Comment se fait-il que le premier musulman et le bouddhiste élus au Congrès américain en 2006 soient tous les deux des Noirs convertis ?
La théorie du clash des civilisations, de S. Huntington, ne permet pas de comprendre de tels phénomènes. Car loin d'être l'expression d'identités culturelles traditionnelles, le revivalisme religieux est une conséquence de la mondialisation et de la crise des cultures. La "sainte ignorance", c'est le mythe d'un pur religieux qui se construirait en dehors des cultures. Ce mythe anime les fondamentalismes modernes, en concurrence sur un marché des religions qui à la fois exacerbe leurs divergences et standardise leurs pratiques.

Juin 2012

Mercredi 6 juin 2012 - Conférence de clôture
Alexandrie, une ville de savants

Jean-Yves Empereur est archéologue, ancien membre de l'École française d'Athènes et directeur du Centre d'études alexandrines. Il dirige les fouilles archéologiques dans la ville d'Alexandrie et est notamment
l'auteur de Alexandrie, hier et demain (Gallimard, 2001) et de Le phare d'Alexandrie, la merveille retrouvée (Gallimard, 2004).


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Les fouilles archéologiques du Centre d'Études Archéologiques, équipe du CNRS basée à Alexandrie, ont mis au jour des maisons, des rues, des murailles, des sanctuaires, des nécropoles sans oublier les restes du Phare. Ces bâtiments et leur mobilier fournissent des témoignages sur la présence des Savants qui menaient leur recherche au sein de la ville, rassemblés au Musée et dans la grande Bibliothèque. Dans les " ruines pulvérisées de mille cités", comme l'écrivait Hermann Melville, et malgré le fait qu'aucun papyrus n'y ait subsisté, on y retrouve des évocations des découvertes d'Eratosthène, Euclide et Archimède et de leurs collègues, dans le décor des mosaïques, dans les restes des monuments, dans les complexes aménagements hydrauliques, voire dans les épaves des bateaux qui ont coulé au large d'Alexandrie...
En partenariat avec Les Mercredis de L'Antiquité.


13 juin 2012 (initialement prévue le 25 avril) - Demain, toujours plus de catastrophes ?

Jean-Pierre Dupuy est philosophe, Professeur à l'Université de Stanford, Président du Comité d'Éthique de l'Autorité de Sûreté Nucléaire. Il est notamment l'auteur de Pour un catastrophisme éclairé, quand l'impossible est certain (Le Seuil, 2004), Retour de Tchernobyl, journal d'un homme en colère (Le Seuil, 2006) et de La marque du sacré, essai sur une dénégation (Carnets Nord, 2009).


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Nucléaire civil, nucléaire militaire, climat, crise financière, voilà bien quatre domaines qui semblent confirmer une fréquence accrue des événements extrêmes. De Tchernobyl à Fukushima, à peine trente-cinq ans. "La tragédie japonaise a ceci de fascinant qu'elle mêle inextricablement trois types de catastrophes que l'analyse traditionnelle distingue soigneusement : la catastrophe naturelle, la catastrophe industrielle et technologique, la catastrophe morale. Ou encore le tsunami, Tchernobyl et Hiroshima." La panique, les événements extrêmes, la théorie du catastrophisme éclairé sont depuis de nombreuses années déjà au centre de la réflexion de celui qui fut en France l'introducteur des oeuvres de Günther Anders et d'Ivan Illich : nul meilleur guide, et mieux informé que lui, afin de comprendre ce qui, demain, pourrait
arriver, et comment, peut-être, l'éviter.

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