2011 au Pavillon Populaire

Quatre expositions ont rythmé l'année 2011 au Pavillon Populaire : "Les suds profonds de l'Amérique", "Aires de jeux, champs de tensions", "Brassaï en Amérique" et "Apocalypses, la disparition des villes".

Apocalypses, la disparition des villes

 

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De Dresde à Detroit (1944-2010)


18 novembre 2011 - 12 février 2012


Après Brassaï en Amérique, 1957, la Ville de Montpellier accueillera au Pavillon Populaire du 18 novembre 2011 au 12 février 2012, l'exposition « Apocalypses, la disparition des villes. De Dresde à Detroit (1944-2010)». Cette exposition sera inaugurée le jeudi 17 novembre 2011 à 19h. C'est Alain SAYAG qui a été choisi par Gilles MORA pour être le commissaire invité de cette 3ème exposition présentée dans le cadre de la programmation 2011 centrée sur la photographie urbaine. Alain SAYAG a été conservateur pour la photographie au Centre Georges Pompidou durant plus de trente ans.

 

« Nos villes, emblèmes de la modernité, sont des organismes fragiles, elles sont mortelles mais ce sont les hommes plus souvent que la nature qui les ont détruites au cours de l'Histoire. La photographie, depuis sa naissance à enregistré ces tragédies : villes de l'Amérique sécessionniste rasées par les troupes nordistes, monuments de Paris incendiés par les « pétroleuses » de la commune, cathédrale de Reims écrasée par les bombes allemandes en 1916. Mais c'est avec la seconde guerre mondiale et les "progrès" des explosifs que ces destructions atteignent une ampleur inégalée et aboutissent à l'anéantissement total d'innombrables villes d'Europe et d'Asie.

Dresde est totalement détruite les 13 et 14 février 1945 par trois vagues de bombardement. La ville historique jusque-là épargnée est totalement détruite. C'est en septembre 1945 que Richard PETER grimpe au sommet de la tour de l'Hôtel de ville pour réaliser cette vue plongeante sur les ruines de la "Florence de l'Elbe" qui deviendra une des icônes de l'historiographie de la destruction des villes allemandes. En 1949, il publiera un petit livre : « Dresden, eine Kamera klagt am » (« Dresde, une caméra dénonce ») qui est un des fleurons de cette « photographie des décombres » (« Trummer fotografie ») qu'illustrèrent aussi Hermann CLAASEN (« Le chant du brassier, 1949 »), August SANDER (les décombres de « l'atelier du photographe » à Cologne), Herbert LIST (les ruines du palais royal de Munich) ou Friedrich SEIDENSTÜCKER (le Reichstag sous la neige). Le plus extraordinaire est cependant le travail de Karl Hugo SCHMÖLZ, photographe spécialiste de l'architecture il parcourt les ruines de Cologne avec une lourde chambre, multipliant les images au cadre strict qui évoquent à la fois Piranèse et ses lointains successeurs de l'école de Düsseldorf.

Varsovie fut détruite plus méthodiquement, d'abord par les combats provoqués par l'insurrection puis par la volonté de l'occupant nazi d'effacer toute trace de la culture polonaise. Leonard SEMPOLINSKI ne s'attache pas au pittoresque de la vie dans ces champs de ruine mais veut témoigner de la mort d'une capitale.

C'est le 6 août 1945 qu'un bombardier, lâche dans le ciel clair d'Hiroshima la première bombe nucléaire, baptisée « Little Boy ». L'image de la carcasse du Dôme du Centre de promotion de l'industrie au milieu d'un paysage désert nivelé par l'explosion demeure présente, mais c'est le travail systématique de Hiromi TSUCHIDA sur les objets trouvés dans les décombres : bouteilles ou monnaies fondues par la chaleur, lambeaux de chevelures ou de vêtements, qui continuent à irradier l'horreur de ces quelques instants de fin du monde.

Beyrouth incarnait le luxe prospère d'un grand port, épargné par la seconde guerre mondiale. Mais le 13 avril 1975, des militants du parti social nationaliste syrien tentent d'assassiner un dirigeant chrétien lors de la consécration d'une église déclenchant une guérilla urbaine qui dégénèrera, après le massacre des chrétiens de Demour en janvier 1976, en véritable guerre civile. Elle divisera la ville le long de la « ligne verte » en deux durant plus de 17 ans. C'est le constat de ce naufrage que Gabriele BASILICO dresse avec objectivité.

 

Est-ce l'inquiétude de cette apocalypse toujours menaçante qui fait que tant de photographes contemporains traitent de l'espace urbain comme s'il ne subsistait plus de l'humanité que des monuments vides. C'est devenu presque un genre en soi ; en Chine en témoignent les œuvres de Mu CHEN qui a vidé de tout habitant les tours neuves de Canton. Mais aussi ces délirantes constructions des capitales du golf d'Arabie que les photographies de grand format de Philippe CHANCEL transforment en d'inutiles et dérisoires maquettes. Quant à LUCIE et SIMON ils traquent dans leur dernière série, « Silent World », une minuscule silhouette perdue dans des lieux désespérément vides « univers inquiétant où l'homme a disparu et ou le temps est étrangement suspendu ». C'est le vide urbain qui est devenu, au début du XXI ème siècle, une figure de style iconique pour nombre de jeunes artistes, comme si le trop plein de vie appelait le vide et le silence, dans ce silence lumineux, net et propre d'une aube. Comme si cet espace urbain figé dans son éclatante modernité n'était que la métaphore d'une aube nouvelle du monde. Ne reste que la beauté glacée et sans mesure d'un monde sans hommes. »

Commissariat : Alain Sayag

 

Les villes & les photographes :

Londres : Lee MILLER

Villes allemandes : Richard PETER, Ewald GNILKA , August SANDER, CHARGESHEIMER, Hermann CLAASEN, Karl Hugo SCHMÖLZ, Herbert LIST, Friedrich SEIDENSTÜCKER, Erich ANDRES, Herbert HOFFMANN, Fritz ESCHEN, Werner BISCHOF, Ewald GNILKA.
Varsovie : Leonard SEMPOLINSKI, Zofia CHOMETOWSKA, Maria CHRZASZCZOWA.
Hiroshima : Hiromi TSUCHIDA.
Beyrouth : Gabriele BASILICO, Anne-Marie FILAIRE.
Aujourd'hui les villes fantômes : CHARGESHEIMER, Namsik BAIK, Philippe CHANCEL, LUCIE et SIMON, Chen MU, Yves MARCHAND et Romain MEFFRE, Frederic DELANGLE

Brassaï en Amérique, 1957

 

Voir l'image en grand Brassaï en Amérique, 1957

17 Juin - 30 Octobre 2011

 

« En 1957, invité par le magazine Holiday qui lui passe une commande photographique et lui donne, pour cela, carte blanche, Brassaï, pour la première fois, visite l'Amérique. Il n'existe pas plus grande disparité entre son territoire parisien, sur lequel il exerce depuis les années 30 son oeil de photographe, et la civilisation urbaine américaine à laquelle New York le confronte. Cette différence de culture, de mode de vie, excitent Brassaï. Le voici lâché dans la ville américaine, suivant ses instinct de photographe de rue, conscient des contrastes auxquelles son habituel sens du pittoresque européen le confronte, acceptant cette mise à l'épreuve, au fond bien excitante. Mais Brassaï a le génie de l'adaptation. Il prend vite la mesure de cette formidable culture, toute pleine d'énergie et de surprises visuelles. Retrouvant son appêtit pour la prise d'image, il utilise indifférement le noir et blanc, et pour la première fois, la couleur et le petit format.

 

Et soudain, le New York de Brassaï se met au diapason de son humour surréaliste, de sa sensualité, de son attrait pour l'imprévisible ou l'élégante beauté des nuits ou des jours de la plus grande méropole américaine, au moment où les années 50 rendent les femmes plus belles, les adolescents plus libres, les couleurs plus acidulées.

 

Quittant New York, Brassaï se rend à la Nouvelle Orléans, dans ce territoire louisainais aux réminescences si françaises. Sa vision y est encore plus sensuelle, et la Nouvelle Orléans de nuit, photographiée par Brassaï, vient faire écho à son Paris des années 30. Le mélange assumé de la couleur et du noir et blanc redouble de façon inattendue son approche d'une ville qu'il perçoit dans sa vitalité et son humidité exotiques. Rarement la cité louisianaise aura donné autant de plaisir à un photographe, conquis par sa chaleureuse et tendre convivialité, sa marginalité aux accents canailles.

 

Aucune de ces images n'a été exploitée par Brassaï de son vivant. Il rêvait pourtant d'en faire un livre. Autant dire que c'est une découverte totale qui est ici faite, avec 50 images en couleurs et 110 tirages d'époque en noir et blanc impubliés, ce qui est exceptionnel pour un tel artiste. Elles rendent plus compréhensible à la fois l'art photographique de Brassaï , capable de s'adapter aux territoires les plus inattendus, et la beauté fugitive d'une période américaine ouverte aux bonheurs d'une jeunesse épanouie, dans la fraîcheur d'une décennie, celle des « fifties », où tout semblait encore possible. Brassaï en Amérique est autant une exposition -et un livre- inattendus sur l'esthétique d'un immense photographe capable de renouveler entièrement sa vision, que sur un moment de grâce de la civilisation américaine, à l'ineffable parfum de nostalgie.»


Commissariat : Agnès de Gouvion Saint-Cyr

Aires de jeux, champs de tensions

 
Figures de la p Affiche de l'expositionVoir l'image en grand Aires de jeux, champs de tensionshotographie urbaine en Europe depuis les années 1970

 

25 février - 24 avril 2011


La Ville de Montpellier accueillera au Pavillon Populaire du 25 février au 24 avril 2011, l’exposition « Aires de jeux, champs de tensions : figures de la photographie urbaine en Europe depuis 1970 ».

 

C’est Monika Faber qui a été choisie par Gilles Mora pour être la commissaire invitée de cette 1ère exposition présentée dans le cadre de la programmation 2011 centrée sur la photographie urbaine. Monika Faber, est conservatrice en chef de la collection photographique du musée de l’Albertina, à Vienne (Autriche). Enregistrer les sensations corporelles au travail dans les espaces urbains : voici le lien unissant les 14 artistes photographes ou vidéastes présentés dans cette exposition collective.

 

Ce sont des états très contrastés mais coexistants qu’enregistrent les photographes et les vidéastes européens actifs sur la scène urbaine à partir des années 1970 : rapprochements ou mises à distance des espaces, accélérations ou immobilité déprimante, crépuscules plombés ou lumières estivales.


Bogdan Dziworski s’attache aux jeux des enfants dans les rues désolées et glacées de la Pologne, pendant la guerre froide. Son sens de la lumière contraste avec celle des images de Michaël Schmidt, centrées autour de la jeunesse contemporaine des faubourgs de Berlin, dont les visages portent les marques d’une profonde détresse. Wolfgang Tillmans, lui, opère dans le métro londonien surpeuplé, rendant ambivalentes les images des corps qui paraissent si rapprochés qu’il nous semble pouvoir les toucher, malgré toute absence de lien personnel entre eux et nous. Le russe Boris Mikhailov se veut provocant, avec des images de rues rendues encore plus dérangeantes à cause de la brutalité des changements politiques qu’elles enregistrent, autant que par le format panoramique utilisé. Et, au coeur des rues berlinoises de l’est, Seiichi Furuya se mêle à des hommes et des femmes pour qui les slogans politiques avaient, depuis des lustres, perdu tout sens véritable. Les chômeurs anglais photographiés par Chris Killip, eux, affichent leur révolte sans amertume, avec ironie. Le vidéaste / photographe Helmut Kandl, à travers toute l’Europe, témoigne d’une jeunesse livrée aux hasards des petits travaux de rue destinés à assurer leur survie, de Baku à Lisbonne, de Budapest à Montpellier.

 

Que ce soit David Rosenfeld jouant avec ses passantes équivoques, qu’ils se nomment Octavian Trautmansdorff, Sergej Vutuc ou Muntean-Rosenblum, tous ces artistes en exploration de la ville parlent de gestes et de lumières, de lucidité transparente derrière des visages souvent figés, de vitesse ingérable, de tranquillité porteuse d’espoir. C’est bien de cela, parmi bien d’autres choses, que témoignent les artistes réunis dans cette exposition débordante d’énergie.

 

Commissariat : Monika Faber

 

Photographies : Bogdan Dziworski, Seiichi Furuya, Jitka Hanzlová , Helmut Kandl, Chris Killip, Boris Mikhailov, David Rosenfeld, Michael Schmidt, Wolfgang Tillmans, Octavian Trautmansdorff, Sergej Vutuc
Vidéos : Muntean-Rosenblum, Christoph Rütiman

Les suds profonds de l'Amérique

 

Affiche de l'expositionVoir l'image en grand Les suds profonds de l'Amérique

Rétrospective Ralph Eugene Meatyard "L'opticien du Kentucky" & "New Orleans : ruines, mythe, chaos" (Alex Harris, Clarence John Laughlin)


21 octobre 2010 - 30 janvier 2011


Du 21 octobre au 30 janvier prochain, la Ville de Montpellier accueillera au Pavillon populaire une exposition photographique bipartite Les Suds profonds de l'Amérique conçue par Gilles Mora, dans le cadre de l'année des Etats-Unis à Montpellier, qui célèbre le 55ème anniversaire du jumelage de la ville avec Louisville, Kentuky, Etats Unis.

Cette exposition est la première rétrospective française consacrée à Ralph Eugene Meatyard (1925-1972), visionnaire de génie dont l'œuvre influença en profondeur la photographie américaine des années 1960 et 1970. Egalement présentées pour la première fois en France, les œuvres surréalistes de Clarence John Laughlin (1905-1985), où l'image fantomatique de la femme se dévoile sur les ruines d'un monde en disparition, celui des plantations et des cimetières de La Nouvelle-Orléans dans les années 1940 et 1950. Second volet de cette exploration des « deep souths », ces œuvres de C.J. Laughlin seront mises en regard avec celles du photographe contemporain Alex Harris, pour une approche de l'insaisissable ville louisianaise, réunie sous le titre évocateur New Orleans : ruine, mythe, chaos. Le travail documentaire en couleur d'Alex Harris, réalisé en mars 2006, sublime quant à lui les traces du bouleversement laissé par l'ouragan Katerina en août 2005 sur les côtes louisianaises et dans les quartiers dévastés de La Nouvelle-Orléans.

 

En choisissant d'explorer dans toute sa richesse cet art majeur qu'est la photographie et en lui consacrant une place centrale dans sa politique culturelle, la Ville de Montpellier fait preuve d'ambition et s'inscrit dans un soutien sans cesse renouvelé aux arts visuels, consciente que, dans une civilisation de l'image, il est nécessaire de permettre à chacun de saisir la puissante invitation au regard que représente l'esthétique photographique.

 

Commissariat : Gilles Mora

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