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Il y a 25 ans, le 9 octobre 1981, Robert Badinter, Ministre de la Justice du gouvernement de Pierre Mauroy, fait voter par le Parlement la loi qui abolit la peine de mort en France. Ça n’a pas été sans peine. Initié dès la campagne électorale de François Mitterrand, ce choix de société tourne définitivement la page de la peine capitale dans notre pays, le dernier d’Europe à prévoir cette sentence inhumaine dans ses textes. Cette exposition a pour but de commémorer cet événement, étape majeure de notre histoire collective, et de rappeler que la peine de mort est encore pratiquée trop souvent à travers notre monde.
“Un pays épris de libertés ne peut, dans ses lois, conserver la peine de mort. C’est un impératif pour la liberté que de n’accorder à quiconque un pouvoir absolu tel que les conséquences d’une décision soient irrémédiables. C’en est un autre que de refuser l’élimination définitive d’un individu, fût-il un criminel. Une justice qui se
dérobe à cette double exigence avoue son impuissance et réduit son influence civilisatrice. La peine de mort entérine une faillite sociale ; son abolition répond à un
principe éthique [...]. Le moment est venu pour la France, qui fut si souvent à l’avant-garde des libertés et du progrès du droit, de combler le retard qu’elle a pris en ce domaine par rapport aux pays d’Europe occidentale qui refusent un châtiment considéré comme une peine inhumaine, dégradante et cruelle [...].”
Robert BADINTER,
déclaration au Parlement, 29 août 1981.
>> visualisez son discours à l'Assemblée Nationale (site de l'INA)
Célébrer le 25e anniversaire de l’abolition de la peine de mort est une joie et une souffrance... Une joie, parce que nul aujourd’hui n’est plus fondé à remettre en cause, dans notre pays, ce formidable progrès politique et humain. La peine de mort est immorale parce que ce n’est pas rendre la justice, mais « se faire justice », la peine de mort est inutile parce qu’elle n’a jamais réduit la criminalité, bien au contraire. En Europe, la peine de mort est désormais illégale, et si un pays avait aujourd’hui des velléités de retour en arrière, il se mettrait de lui-même hors du jeu européen. Cette commémoration est également une souffrance, parce que force est de constater que notre exemple citoyen et humain n’est pas encore suivi dans le monde entier. Loin de là. En 1981, abolir la peine de mort exigeait un grand courage politique. C’est cette même détermination que nous devons avoir pour obtenir d’autres changements de société.”
Hélène MANDROUX,
Maire de la Ville de Montpellier
Mairie de Montpellier
1, place Georges Frêche 34267 Montpellier Cedex 2

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